De l'Ukraine à la Centrafrique, les conflits en cours en cet automne 2014 sont tous très différents par leur localisation géographique, les acteurs impliqués. Pour autant, ils inspirent quelques réflexions générales.
En dehors de l'affrontement israélo-palestinien à Gaza généralement classé à part, les autres conflits sont souvent rangés dans la catégorie "guerre civile" : guerre civile ukrainienne, guerre civile syrienne, guerre civile libyenne, etc..
Mais quand on constate l'implication des USA, de la Russie, de la France, voire de l'OTAN dans ces crises, l'appellation "guerre civile" montre son insuffisance.
Quelles caractéristiques communes à ces crises peut-on dégager ?
1/ Les conflits actuels impliquent une différenciation de moins en moins nette entre combattants (soldats ou milices) et population civile. Les combattants agissent souvent parmi la population en s'en servant de fait comme d'un bouclier, les attaques des adversaires distinguent de moins en moins civils et combattants et deviennent le plus souvent des crimes de guerre.
a/ Les conséquences sont dramatiques sur les populations : nombre de morts, de déplacements de population et de réfugiés.
Libye : Selon le CNT (Conseil National de Transition, organe de la rébellion libyenne), cette guerre aura fait 30 000 morts (17 février-26 octobre 2011) et plus de 50 000 blessés.
Syrie : 150 344 morts, dont 51 212 civils, parmi lesquels 7 985 enfants en trois ans (de mars 2011 à avril 2014) selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, plus d'un demi-million de blessés, selon le CICR, ainsi que 2,5 millions de réfugiés et 9 millions de personnes déplacées à l'intérieur,
Gaza : 2 143 morts ont été décomptés dont près de 1500 civils, 11 000 blessés, 475 000 déplacés en 50 jours de combat en juillet-août 2014, selon l'ONU.
Ukraine : près de 2 600 morts depuis avril 2014.
Mali (2012 - 2013) : 1 000 morts
Côte d'Ivoire (2000 - 2007) : 3 000 morts
Darfour : En 2008, l'ONU a estimé que quelque 300 000 personnes sont mortes lors des combats, mais aussi en raison des attaques contre des villages et des politiques de terre brûlée. Les déplacements forcés ont touché 2,7 millions d'habitants du Darfour.
b/ Les destructions sont souvent considérables avec des coûts faramineux.
En Syrie, 40 % des hôpitaux ont été détruits, le PIB a chuté de 45 % et la monnaie a perdu 80 % de sa valeur ; la production pétrolière s'est effondrée de 96 % depuis le début du conflit, les destructions se montent à 31 milliards de dollars
À Gaza, 17 200 maisons ont détruites. La guerre a causé plus de 5 milliards d’euros de dégâts.
Au Mali, les besoins pour la reconstruction ont recueilli des promesses d’aide d’un montant de 3,2 milliards d’euros par les pays participants à une Conférence des donateurs en 2013.
La Libye, sans avoir été dévastée, a naturellement souffert du récent conflit. Les destructions ont touché les bâtiments, les infrastructures de transport et de communication. Le PIB réel a chuté de 62% en 2011 avant de bondir de 105% en 2012, puis de reculer légèrement en 2013 (-5,1%). La Libye dispose cependant des moyens de sa reconstruction. C’est sa chance. En considérant la richesse annuelle par habitant qui s’élevait à 14000 dollars par tête, ce pays était l’un des plus riches d’Afrique !
2/ Ces conflits deviennent, comme au temps de la Guerre froide, des conflits "par procuration" que se livrent les grandes puissances : un "camp occidental" qui se reconstitue contre une "menace russe" et une "menace iranienne", avec en arrière-plan non-avoué la "menace chinoise". Ces affrontements conduisent au refus persistant d'associer tous les acteurs régionaux (Russie, Iran) à la solution des crises et risquent d'exacerber les enjeux et rivalités de puissance.
La Libye a constitué un révélateur des nouvelles situations de conflit en 2008 : des révoltes populaires, importantes sans être majoritaires (significatives cependant des évolutions d'opinion, des aspirations démocratiques) éclatent avec des répressions violentes d'un pouvoir aux abois.
La télévision du Qatar, Al Jazeera, lance une rumeur, reprise en boucle par les médias du monde entier selon laquelle Kadhafi aurait décidé de réprimer des manifestations pacifiques en les bombardant (10 000 morts auraient eu lieu, dont 3 000 à Tripoli), et qu’il aurait eu recours, pour ce faire, à des mercenaires. Le soutien aux révoltés devient ainsi centrale : les gouvernements "occidentaux" reprennent ces informations, une résolution est adoptée au Conseil de sécurité grâce aux abstentions russe et chinoise. Mais très vite, les opérations menées par le Royaume-Uni et la France avec l'appui des USA ont révélé un autre objectif que celui de la résolution (la protection des populations civiles). L'objectif prioritaire est devenu le renversement du colonel Khadafi (dès le 25 février 2011, Nicolas Sarkozy déclarait : "Kadhafi doit partir."), une guerre civile se développe avec l'armement du camp des insurgés par les puissances de l'OTAN.
Un scénario très proche se déroule en Syrie : un mouvement de contestation du gouvernement syrien débute par des manifestations anti-régime et pro-régime en mars 2011. Le mouvement se transforme rapidement en conflit opposant deux camps armés au milieu des populations civiles à la suite des répressions sanglantes des services de sécurité syriens. Les gouvernements occidentaux prennent le parti des opposants, appellent à leur livrer des armes, et à des frappes contre le pouvoir. En juillet 2012, François Hollande déclare comme N. Sarkozy l'avait fait pour Khadafi : "Bachar Al-Assad doit partir. Un gouvernement de transition doit être constitué. C'est l'intérêt de tous".
En Ukraine, le scénario présente également des similitudes : en novembre 2013, la décision du gouvernement ukrainien de ne pas signer un accord d'association avec l'Union européenne provoque des manifestations de grande ampleur à Kiev. Les opposants sont soutenus par les dirigeants de l'Union européenne dont la France et l'Allemagne alors que la Russie soutient le gouvernement élu pro-russe de Viktor Ianoukovytch. Tirant sans doute la leçon de la crise syrienne, la Russie adopte une attitude offensive et, après la chute du gouvernement Ianoukovytch et son remplacement par un pouvoir pro-Union européenne, soutient des mouvements séparistes pro-russes en Crimée et dans le bassin du Donbass.
On peut tirer une constatation de ces trois exemples : à partir de la volonté affichée de défendre les populations civiles au nom de la notion de "responsabilité de protéger" ou de défendre les droits démocratiques de la population, on assiste à un glissement et une intervention de puissances visant à renverser un pouvoir en place, certes souvent autocratique, mais au détriment des notions de souveraineté nationale ou à conserver ou gagner des positions stratégiques régionales.
3/ Une instabilité permanente ou de longue durée s'instaure dans toutes les régions de conflits. Le chaos favorise l'apparition et le développement de nouvelles forces d'inspiration religieuse extrémiste (mouvements islamistes radicaux) qui ont partie liée avec des réseaux terroristes, le développement de mafias diverses liées aux trafics d'armes, de drogues, de matières précieuses (diamants).
La version la plus caricaturale de l'instabilité prolongée a été bien sûr provoquée par l'intervention étatsunienne en 2003 en Irak. Illégitime, montée sur des arguments truqués, elle a plongé le pays dans un chaos persistant, exacerbé les rivalités entre communautés religieuses ou ethniques, sunnites contre chiites musulmans, kurdes.
De même, la Lybie s’est enlisée depuis 2011 dans la violence; le pays est aujourd’hui coupé en cinq zones contrôlées par des milices constituées d’éléments tribaux, tandis que les autorités centrales tentent encore de rédiger une constitution nationale et d’imposer une seule autorité militaire.
Une conséquence de l'intervention militaire en Libye en a été que des hommes, des armes ont franchi les frontières du sud vers le Mali et ont grossi la rebellion contre le gouvernement central de Bamako, pris le pouvoir dans plusieurs villes, réprimé les populations, détruits des monuments ancestraux. La situation a nécessité une autre intervention militaire, celle de la France seule, intervention approuvée certes a posteriori par le Conseil de sécurité et élargie ensuite à des états africains. Un an après, la situation est loin d'être stabilisée.
Au delà de ces premières constatations rapides, quelles autres conclusions de fond sur les politiques menées peut-on tirer ? Quelles sont les lignes de force, les raisons qui peuvent expliquer cette évolution des conflits dans cette dernière décennie ? Pourquoi choisir de développer une véritable politique de "containment" contre la Russie très proche de celle menée dans les années 50, en pleine Guerre froide, contre les Soviétiques ? Quelles leçons en tirer sur les alternatives possibles ? Ce sera le thème d'un prochain article sur "l'impuissance de la puissance".
Ce blog est dédié aux problématiques de la paix et du désarmement, des institutions internationales (ONU, OTAN), à la promotion d'une culture de la paix. Textes sous license Creative Commons by-nc-sa
lundi 15 septembre 2014
Réflexions sur quelques conflits actuels..
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L'AGENDA DE LA QUINZAINE
LES ÉVÉNEMENTS DE LA SEMAINE ÉCOULÉE...
Mercredi 10 septembre
Le président des États-Unis a annoncé que des frappes aériennes contre l'’État islamique (EI) seraient élargies à la Syrie. "L'objectif est clair: nous affaiblirons, et, à terme, détruirons l'EI, (...) une organisation terroriste qui n'a d'autre vision que le massacre de tous ceux qui s'opposent à elle", a affirmé Barack Obama. Ce dernier devrait compter sur des pays européens comme la France. François Hollande, n'a pas exclu de participer "si nécessaire" à des frappes en Syrie. L'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Oman, l'Égypte, l'Irak, la Jordanie et le Liban ont accepté de s'engager contre l'État islamique.
L’État islamique est une organisation armée djihadiste qui a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle. Jusqu'en 2013, lors de la guerre civile syrienne, l'EI a bénéficié du soutien financier de l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe, mais ce soutien a cessé en janvier 2014 lorsque l'EI est entré en guerre contre les autres groupes rebelles syriens du Front islamique, du Front al-Nosra et de l'Armée syrienne libre, qui sont également financés par les pays du Golfe.
Mercredi 10 septembre 2014
La Conférence du désarmement de Genève, unique instance multilatérale pour les négociations sur le désarmement, a clos cette semaine les travaux de sa session de 2014.
Comme l'indique le rapport annuel de la Conférence à l'Assemblée générale, la Conférence n'est toujours pas parvenue à un consensus sur un programme de travail. Le manque de résultats concrets depuis plus de quinze ans dans cette instance mine son existence même et déçoivent fortement de très nombreux pays dans le monde et la communauté des ONG. Celle-ci de plus se plaint que, pendant cette session, les ONGs n'ont pas eu accès à plusieurs sessions et que les États n'aient pas renouvelé leur déclaration annuelle de soutien à la collaboration avec la société civile. Mauvaise année pour le désarmement...
*********
CEUX DE LA SEMAINE À VENIR...
Lundi 15 septembre :
La conférence pour la paix et la sécurité en Irak qui se tiendra lundi 15 septembre à Paris a pour ambition de définir une stratégie globale de lutte contre l'Etat islamique (EI). Elle sera présidée par le président français et le président irakien. Bien que son titre évoque une stratégie "globale", il s'agira essentiellement de discuter de choix militaires et notamment des bombardements qui seront menés par les USA. Si les bombardements sur les positions de l'EI en Irak, effectués à la demande du président de l'Irak, peuvent être conformes au droit international, des bombardements effectués sur le sol syrien auraient un statut juridique très différents. Les dirigeants occidentaux se retrouvent piégés par leur position de départ anti-Assad : aujourd'hui, ils sont contraints de ne pas le reconnaître comme allié dans la lutte anti-terroriste, affaiblissent de ce fait l'efficacité de celle-ci sur le terrain et permettent à l'Iran ou la Russie de déclarer tout bombardement de l'EI sur le sol syrien comme contraire au droit international..
Mardi 16 septembre :
Le 16 septembre s'ouvrira la 69e session annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies. (Voir notre précédent agenda)
Dimanche 21 septembre :
Pour marquer le 30e anniversaire de la Déclaration de l'Assemblée générale sur le droit des peuples à la paix, le thème de la Journée internationale de la paix de cette année est « le droit des peuples à la paix ». La Déclaration sur le droit des peuples à la paix adoptée en 1984 reconnaît que la promotion de la paix est indispensable à la pleine jouissance de tous les droits de l'homme.
En 2001, l’Assemblée générale des Nations unies a unanimement établi le 21 septembre comme journée annuelle de non-violence et de cessez-le-feu.
Pour connaître les initiatives prises en France, y participer, vous pouvez consulter le site http://www.21septembre.org/
Mercredi 10 septembre
Le président des États-Unis a annoncé que des frappes aériennes contre l'’État islamique (EI) seraient élargies à la Syrie. "L'objectif est clair: nous affaiblirons, et, à terme, détruirons l'EI, (...) une organisation terroriste qui n'a d'autre vision que le massacre de tous ceux qui s'opposent à elle", a affirmé Barack Obama. Ce dernier devrait compter sur des pays européens comme la France. François Hollande, n'a pas exclu de participer "si nécessaire" à des frappes en Syrie. L'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Oman, l'Égypte, l'Irak, la Jordanie et le Liban ont accepté de s'engager contre l'État islamique.
L’État islamique est une organisation armée djihadiste qui a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle. Jusqu'en 2013, lors de la guerre civile syrienne, l'EI a bénéficié du soutien financier de l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe, mais ce soutien a cessé en janvier 2014 lorsque l'EI est entré en guerre contre les autres groupes rebelles syriens du Front islamique, du Front al-Nosra et de l'Armée syrienne libre, qui sont également financés par les pays du Golfe.
Mercredi 10 septembre 2014
La Conférence du désarmement de Genève, unique instance multilatérale pour les négociations sur le désarmement, a clos cette semaine les travaux de sa session de 2014.
Comme l'indique le rapport annuel de la Conférence à l'Assemblée générale, la Conférence n'est toujours pas parvenue à un consensus sur un programme de travail. Le manque de résultats concrets depuis plus de quinze ans dans cette instance mine son existence même et déçoivent fortement de très nombreux pays dans le monde et la communauté des ONG. Celle-ci de plus se plaint que, pendant cette session, les ONGs n'ont pas eu accès à plusieurs sessions et que les États n'aient pas renouvelé leur déclaration annuelle de soutien à la collaboration avec la société civile. Mauvaise année pour le désarmement...
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CEUX DE LA SEMAINE À VENIR...
Lundi 15 septembre :
La conférence pour la paix et la sécurité en Irak qui se tiendra lundi 15 septembre à Paris a pour ambition de définir une stratégie globale de lutte contre l'Etat islamique (EI). Elle sera présidée par le président français et le président irakien. Bien que son titre évoque une stratégie "globale", il s'agira essentiellement de discuter de choix militaires et notamment des bombardements qui seront menés par les USA. Si les bombardements sur les positions de l'EI en Irak, effectués à la demande du président de l'Irak, peuvent être conformes au droit international, des bombardements effectués sur le sol syrien auraient un statut juridique très différents. Les dirigeants occidentaux se retrouvent piégés par leur position de départ anti-Assad : aujourd'hui, ils sont contraints de ne pas le reconnaître comme allié dans la lutte anti-terroriste, affaiblissent de ce fait l'efficacité de celle-ci sur le terrain et permettent à l'Iran ou la Russie de déclarer tout bombardement de l'EI sur le sol syrien comme contraire au droit international..
Mardi 16 septembre :
Le 16 septembre s'ouvrira la 69e session annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies. (Voir notre précédent agenda)
Dimanche 21 septembre :
Pour marquer le 30e anniversaire de la Déclaration de l'Assemblée générale sur le droit des peuples à la paix, le thème de la Journée internationale de la paix de cette année est « le droit des peuples à la paix ». La Déclaration sur le droit des peuples à la paix adoptée en 1984 reconnaît que la promotion de la paix est indispensable à la pleine jouissance de tous les droits de l'homme.
En 2001, l’Assemblée générale des Nations unies a unanimement établi le 21 septembre comme journée annuelle de non-violence et de cessez-le-feu.
Pour connaître les initiatives prises en France, y participer, vous pouvez consulter le site http://www.21septembre.org/
lundi 8 septembre 2014
1 - Nouvelle "montée des périls" ?
Un cessez-le-feu fragile a été établi depuis vendredi dernier en Ukraine, un cessez-le-feu guère moins fragile existe à Gaza depuis quinze jours : le temps de la guerre a été suspendu mais rien n'est réglé et les combats peuvent redémarrer d'un jour à l'autre. Les populations concernées ont au moins obtenu un temps de sursis pour parer à l'urgent, mais ce répit n'existe pas en Syrie et en Irak. Là, les civils sont pris dans des tenailles mortelles : milices djihadistes de "l'état" islamique en Irak et troupes gouvernementales ou milices kurdes qui les combattent, troupes de Bachar el Assad en Syrie et opposants militaires de l'ASL ("armée syrienne libre") et du "Front islamique".
Dans d'autres régions (Afghanistan, au Mali, en Centrafrique, en Libye mais aussi au Soudan), la violence est tout autant présente alternant les phases de crises armées et celles de calme apparent.
L'existence de ces conflits simultanés alimente les déclarations sur "un monde dangereux" : "rarement avons-nous connu une telle accumulation de dangers" (Fabius - 29/08/2014), "Face à la montée des périls" (L'Humanité - 5/05/2014), etc..
Le monde est-il devenu plus dangereux, plus violent que dans les décennies précédentes ? Assistons-nous à une nouvelle montée des périls avant la catastrophe, comme avant la guerre de 1914 ou dans les années 30 avant la seconde Guerre mondiale ?
Cette inquiétude est largement partagée dans les discussions de nos concitoyens aujourd'hui. Pour apporter un éclairage à ces interrogations, nous examinerons dans plusieurs articles à venir sur ce blog, la caractéristique des conflits d'aujourd'hui, marqués souvent par l'échec des solutions anciennes ("l'impuissance de la puissance"), la différence de situation avec les années 1900 ou les années 1930 ("le monde a changé"), les enjeux posés aujourd'hui dans ce contexte et les réponses neuves à trouver et construire ("Nouvelle actualité de la lutte pour la paix et le multilatéralisme").
À la semaine prochaine.
Dans d'autres régions (Afghanistan, au Mali, en Centrafrique, en Libye mais aussi au Soudan), la violence est tout autant présente alternant les phases de crises armées et celles de calme apparent.
L'existence de ces conflits simultanés alimente les déclarations sur "un monde dangereux" : "rarement avons-nous connu une telle accumulation de dangers" (Fabius - 29/08/2014), "Face à la montée des périls" (L'Humanité - 5/05/2014), etc..
Le monde est-il devenu plus dangereux, plus violent que dans les décennies précédentes ? Assistons-nous à une nouvelle montée des périls avant la catastrophe, comme avant la guerre de 1914 ou dans les années 30 avant la seconde Guerre mondiale ?
Cette inquiétude est largement partagée dans les discussions de nos concitoyens aujourd'hui. Pour apporter un éclairage à ces interrogations, nous examinerons dans plusieurs articles à venir sur ce blog, la caractéristique des conflits d'aujourd'hui, marqués souvent par l'échec des solutions anciennes ("l'impuissance de la puissance"), la différence de situation avec les années 1900 ou les années 1930 ("le monde a changé"), les enjeux posés aujourd'hui dans ce contexte et les réponses neuves à trouver et construire ("Nouvelle actualité de la lutte pour la paix et le multilatéralisme").
À la semaine prochaine.
dimanche 7 septembre 2014
L'AGENDA DE LA QUINZAINE
Lundi 1er septembre :
Un match de football interreligieux pour la paix a eu lieu le 1er septembre au Vatican. Au total, une cinquantaine de joueurs de différentes religions étaient présents dans le stade, dont une dizaine d’anciens joueurs comme Maradona.
Dans l’après-midi, le pape avait exalté devant eux au Vatican «une culture de la rencontre» et des «valeurs universelles», transcendant religions et différences et qui se retrouvent dans le foot. La soirée était retransmise en mondiovision par la chaîne publique de télévision italienne RAI. Le trophée, un olivier en métal argenté, a été remis aux gagnants. Pour clore la soirée, des joueurs ont lu dans huit langues un court manifeste pour la paix.
Le match s’est achevé sur le score de 6-3, l’équipe de Maradona, Roberto Baggio, Gianluigi Buffon ayant été battue par celle d’Alessandro Del Piero, David Trézéguet et Javier Zanetti. La chanteuse argentine Tini Stoessel, surnommée «Violetta», avait interprété «Imagine» de John Lennon. Puis, des représentants de toutes les religions avaient planté dans un grand pot blanc un olivier, symbole de la paix, comme l’avait recommandé le pape François.
Jeudi 4 et vendredi 5 septembre :
Les 28 chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Otan se sont réunis à Newport (Pays de Galles) les 4 et 5 septembre.
Ils ont décidé de créer une force "très réactive", mobilisable quasiment immédiatement, qui s'ajoutera à la force de réaction rapide (NRF, Nato Response Force) existante déjà, susceptible d'être montée dans un délai faible. Elle devra pouvoir engager un bataillon dans les 2 jours, une brigade (5.000 à 7.000 hommes) dans les 5 à 7 ats baltes, en Pologne et en Roumanie. L’Otan a apparemment reculé sur la possibilité de disposer de bases militaires permanentes officielles dans ces pays.
Cette création s'inscrit dans un "Plan de réactivité" (Readiness action plan, RAP) visant à renforcer la visibilité de l’Otan dans les pays d’Europe de l’Est.
L’Otan veut répondre « efficacement aux défis spécifiques posés par les menaces que représente la guerre hybride, dans le cadre de laquelle un large éventail de mesures militaires, paramilitaires ou civiles, dissimulées ou non, sont mises en œuvre de façon très intégrée ».
L'OTAN a décidé d'aider le gouvernement ukrainien dans quatre domaines : réadaptation des soldats blessés, la cyberdéfense, la logistique, et le commandement, le contrôle et les communications. Le montant de cette aide s’élèvera à une quinzaine de millions d’euros. Le projet d'adhésion future de l'Ukraine n'est pas abandonné mais reste soumis prudemment aux démarches longues prévues dans les procédures de l'OTAN.
Concernant l'Afghanistan, le mandat de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) se termine à la fin de cette année. Une nouvelle mission de l’Otan, Resolute Supporte, devrait prendre le relais afin de continuer à soutenir, avec des effectifs limités, les forces de sécurité afghane. Mais cela suppose que les successeurs du président afghan négocient les conditions de ce maintien.
L'OTAN a réinsisté pour que les États membres dont le budget militaire est inférieur à 2% de leur PIB (ce qui est le cas de la France) cessent « toute diminution des dépenses de défense » et cherchent à les augmenter « en termes réels à mesure que croîtra leur PIB ».
Enfin, les États membres ont décidé de lancer « une initiative de renforcement des capacités de défense et des capacités de sécurité » afin « d’accroître » les engagements de l’Otan « à l’égard des pays partenaires » et « d’aider l’Alliance à projeter la stabilité sans déployer des forces de combat importantes », c'est-à-dire en clair à accroître les possibilités "d'aide", donc d'interventions hors-zone auprès de nouveaux pays, parmi ceux-ci, ont été cités la Géorgie, la Jordanie et la Moldavie.
Nous reviendrons dans un prochain article sur le sens de ces décisions du sommet de l'OTAN qui reflète les contradictions existantes : à la fois, la volonté de continuer à accroître le rôle interventionniste de l'organisation et, en même temps, des réticences certaines et des doutes sur l'efficacité des interventions militaires provenant de plusieurs pays membres.
(les informations ci-dessus doivent beaucoup à l'article pertinent de Laurent Lagneau sur http://www.opex360.com/2014/09/06/otan-que-retenir-du-sommet-de-newport/)
Vendredi 5 septembre :
Un cessez-le-feu a été proclamé vendredi 5 septembre, en fin d'après-midi entre les forces gouvernementales à Kiev et les rebelles de l'est de l'Ukraine.
Ce cessez-le-feu est intervenu après de rudes combats ayant fait près de 2.600 morts depuis avril. Le « groupe de contact » comprenant la Russie, l’Ukraine, les séparatistes et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui s’est réuni à Minsk, est parvenu à un accord sur « le retrait des troupes, l’accès de convois humanitaires et un échange de prisonniers sur le principe ’tous contre tous’ », a expliqué la représentante de l’OSCE, Heidi Tagliavini.
CEUX DE LA SEMAINE À VENIR...
Mardi 16 septembre 2014 :
Le 16 septembre s'ouvrira la 69e session annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies. Elle sera présidée par le Ministre des affaires étrangères de l’Ouganda, M. Sam Kahamba Kutesa. L’activité de l’Assemblée générale devrait notamment être orientée vers le futur programme de développement pour l’après-2015 ayant pour but de relancer et prolonger les Objectifs du Millénaire pour le développement visant à l'éradication de la pauvreté. Ceux-ci, malgré des progrès certains sur certains domaines, seront loin d'être complètement atteints. Elle devra aider à assurer le succès du sommet sur le climat en 2015.
Un autre événement de cette session sera le 26 juin 2015, le 70e anniversaire de la proclamation de la Charte des Nations unies, colonne vertébrale de l'institution. Nul doute qu'à cette occasion, le débat sur le renforcement, la place et l'efficacité des Nations unies dans la gouvernance mondiale, voire sa réforme, ne rebondisse. À suivre...
dimanche 31 août 2014
Diplomatie française : devoirs de rentrée...
La réunion de rentrée des ambassadeurs français qui avait lieu cette année les 28 et 29 août est traditionnellement un moment d'explication pédagogique de la diplomatie française. Le président Hollande a prononcé le discours d'ouverture le 28 août et Laurent Fabius celui de clôture le 29.
Qu'en retenir ? Les deux hommes ont largement insisté sur les dangers de notre époque : "un contexte particulièrement lourd" pour François Hollande pour qui, "rien ne serait pire que de faire croire que le monde n'est pas dangereux. Il l'est". Fabius va même plus loin en déclarant : "rarement avons-nous connu une telle accumulation de dangers, face auxquels la France doit être et est une puissance de paix".
Cette thématique du "monde dangereux" sert à démontrer plusieurs choses : la France (et ses dirigeants) agit avec fermeté, elle doit maintenir ses moyens militaires, elle doit assumer un rôle de puissance mondiale.
Cela permet à François Hollande de faire un "package" de toutes les positions françaises dans les différents conflits en esquivant les difficultés rencontrées dans plusieurs situations (Centrafrique, Syrie, par ex). À ceux qui soulignent que la France a eu parfois du mal à trouver des soutiens internationaux, il répond "que nous ne sommes pas seuls, nous sommes les premiers".
Mais dans son souci de montrer que la France est partout à l'initiative ("Nous sommes parfois même des pionniers dans la solidarité internationale."), le président Hollande en arrive à ne pas mentionner une seule fois (sinon pour le sommet sur le climat en 2015) le rôle et le soutien à apporter à l'organisation des Nations unies, pourtant la garante de la légitimité internationale ! À trop vouloir prouver, le discours présidentiel laisse sur sa faim : quelle responsabilité de la France dans l'aggravation et l'enlisement de la guerre civile en Syrie, pourquoi un soutien si fort dès le début aux opposants de la place Maïdan de Kiev en sachant que l'Ukraine était une nation fragile, pourquoi un soutien sans nuance au gouvernement israélien au début du conflit à Gaza sans pressentir qu'un bain de sang risquait de se produire ?
Il faut guetter quelques détours de phrases pour entendre des amorces de réflexion. François Hollande aborde rapidement la nécessité de ne pas continuer à mettre l'Iran à l'écart de la résolution des conflits dans la région ("C'est vrai que la crise irakienne démontre que nos préoccupations ne divergent pas toujours avec l'Iran et que ce pays peut être un interlocuteur (...) La France est prête à considérer l'Iran comme tel."). Par contre, le président ne reconnaît que du bout des lèvres que la Russie est un interlocuteur essentiel ("J'ai dit plusieurs fois à Vladimir POUTINE que la France et l'Union européenne souhaitaient poursuivre l'approfondissement de nos relations avec la Russie. Parce que la Russie est un grand pays, parce que la Russie a également son destin sur le continent européen et qu'il y a un lien historique, culturel, économique entre la Russie et la France. Mais, aujourd'hui, la crise ukrainienne est un blocage.").
Par contre, concernant le conflit israélo-palestinien, François Hollande essaie de revenir sur son attitude jugée par beaucoup trop tiède. Il affirme que "C'est le chemin de la paix qu'il convient de retrouver. Au plus vite. Chacun en connaît les conditions et les paramètres. Je vais les répéter : un État palestinien démocratique et viable, vivant aux côtés de l'État d'Israël en sécurité". Il propose que l'Europe s'engage plus fortement : "elle doit agir et utiliser tout le potentiel, par exemple, de l'initiative arabe de paix. Elle n'a pas été suffisamment prise en compte depuis 2002. C'est l'Europe qui fait beaucoup pour reconstruire, développer la Palestine. C'est l'Europe qui doit aussi faire pression, sur les uns et sur les autres, et ne pas être simplement un guichet vers lequel on s'adresse pour effacer les plaies de conflits récurrents". Mais pour que cet appel soit entendu dans une Europe aux positions si diverses, il faudra plus qu'un discours : il faudra des initiatives politiques fortes. François Hollande le voudra-t-il ?
Il revenait à Laurent Fabius lors de la clôture, d'essayer de montrer quelles cohérences et analyses de la situation internationales sous-tendaient le long égrenage des positions présidentielles. Il l'a fait en s'efforçant de re-"gauchir" le discours présidentiel, en justifiant par exemple "le choix par le président de la République de l’action, parfois de l’intervention, dès lors que celles-ci sont nécessaires et conformes au droit international, par exemple au Mali ou en Centrafrique. (...)D’où aussi notre action constante pour rechercher une paix durable entre Israël et les Palestiniens"...
De la même manière, il corrigea certains "oublis" du président comme, par exemple, sur le rôle des Nations unies : "nous plaiderons plus que jamais pour une société internationalement mieux régulée, sur les plans politique, économique, social et environnemental. De là notre appui constant à l’ONU, qui doit être réformée afin d’être plus représentative et efficace".
Enfin, il reconnut que " Les grands exercices de remodelage menés de l’extérieur après les deux guerres mondiales ou la décolonisation ne sont plus possibles : Libye, Syrie, Irak, Ukraine, Bosnie, Centrafrique, les progrès se feront à la fois par une approche internationale et, au cas par cas, avec les parties prenantes de l’intérieur".
Pour autant, le ministre a consacré la plus grande part de son discours à un essai de définition de ce qu'il appelle la "diplomatie globale" au coeur de laquelle, crise aidant, il place la "diplomatie économique" même s'il prend la précaution de dire que "la diplomatie économique ne doit en aucun cas nous conduire, vous conduire à négliger les autres aspects, tout aussi nécessaires à notre diplomatie globale. (...) La diplomatie stratégique est essentielle (les alliances, la sécurité, les partenariats politiques...), mais le sont aussi la diplomatie culturelle et éducative (les échanges d’étudiants, le développement de la francophonie, les années croisées,notre audiovisuel extérieur...), la diplomatie scientifique, la diplomatie sportive et la diplomatie économique."
C'est au nom de cette "diplomatie globale" que Laurent Fabius a obtenu que son ministère s'appelle désormais : "Ministère des Affaires étrangères et du Développement international" et devienne le Ministère de "l'action extérieure de la France" : vision stratégique ou pré carré pour une ambition personnelle ? L'avenir le dira.
Cette journée des ambassadeurs a permis de préciser dans les discours un certain nombre des orientations de la politique extérieure française. En même temps, les esprits critiques rétorqueront que l'écart est souvent grand entre les intentions affichées et les actions concrètes sur le terrain.
Nous aurons l'occasion d'y revenir...
Daniel Durand (31 août 2014)
Qu'en retenir ? Les deux hommes ont largement insisté sur les dangers de notre époque : "un contexte particulièrement lourd" pour François Hollande pour qui, "rien ne serait pire que de faire croire que le monde n'est pas dangereux. Il l'est". Fabius va même plus loin en déclarant : "rarement avons-nous connu une telle accumulation de dangers, face auxquels la France doit être et est une puissance de paix".
Cette thématique du "monde dangereux" sert à démontrer plusieurs choses : la France (et ses dirigeants) agit avec fermeté, elle doit maintenir ses moyens militaires, elle doit assumer un rôle de puissance mondiale.
Cela permet à François Hollande de faire un "package" de toutes les positions françaises dans les différents conflits en esquivant les difficultés rencontrées dans plusieurs situations (Centrafrique, Syrie, par ex). À ceux qui soulignent que la France a eu parfois du mal à trouver des soutiens internationaux, il répond "que nous ne sommes pas seuls, nous sommes les premiers".
Mais dans son souci de montrer que la France est partout à l'initiative ("Nous sommes parfois même des pionniers dans la solidarité internationale."), le président Hollande en arrive à ne pas mentionner une seule fois (sinon pour le sommet sur le climat en 2015) le rôle et le soutien à apporter à l'organisation des Nations unies, pourtant la garante de la légitimité internationale ! À trop vouloir prouver, le discours présidentiel laisse sur sa faim : quelle responsabilité de la France dans l'aggravation et l'enlisement de la guerre civile en Syrie, pourquoi un soutien si fort dès le début aux opposants de la place Maïdan de Kiev en sachant que l'Ukraine était une nation fragile, pourquoi un soutien sans nuance au gouvernement israélien au début du conflit à Gaza sans pressentir qu'un bain de sang risquait de se produire ?
Il faut guetter quelques détours de phrases pour entendre des amorces de réflexion. François Hollande aborde rapidement la nécessité de ne pas continuer à mettre l'Iran à l'écart de la résolution des conflits dans la région ("C'est vrai que la crise irakienne démontre que nos préoccupations ne divergent pas toujours avec l'Iran et que ce pays peut être un interlocuteur (...) La France est prête à considérer l'Iran comme tel."). Par contre, le président ne reconnaît que du bout des lèvres que la Russie est un interlocuteur essentiel ("J'ai dit plusieurs fois à Vladimir POUTINE que la France et l'Union européenne souhaitaient poursuivre l'approfondissement de nos relations avec la Russie. Parce que la Russie est un grand pays, parce que la Russie a également son destin sur le continent européen et qu'il y a un lien historique, culturel, économique entre la Russie et la France. Mais, aujourd'hui, la crise ukrainienne est un blocage.").
Par contre, concernant le conflit israélo-palestinien, François Hollande essaie de revenir sur son attitude jugée par beaucoup trop tiède. Il affirme que "C'est le chemin de la paix qu'il convient de retrouver. Au plus vite. Chacun en connaît les conditions et les paramètres. Je vais les répéter : un État palestinien démocratique et viable, vivant aux côtés de l'État d'Israël en sécurité". Il propose que l'Europe s'engage plus fortement : "elle doit agir et utiliser tout le potentiel, par exemple, de l'initiative arabe de paix. Elle n'a pas été suffisamment prise en compte depuis 2002. C'est l'Europe qui fait beaucoup pour reconstruire, développer la Palestine. C'est l'Europe qui doit aussi faire pression, sur les uns et sur les autres, et ne pas être simplement un guichet vers lequel on s'adresse pour effacer les plaies de conflits récurrents". Mais pour que cet appel soit entendu dans une Europe aux positions si diverses, il faudra plus qu'un discours : il faudra des initiatives politiques fortes. François Hollande le voudra-t-il ?
Il revenait à Laurent Fabius lors de la clôture, d'essayer de montrer quelles cohérences et analyses de la situation internationales sous-tendaient le long égrenage des positions présidentielles. Il l'a fait en s'efforçant de re-"gauchir" le discours présidentiel, en justifiant par exemple "le choix par le président de la République de l’action, parfois de l’intervention, dès lors que celles-ci sont nécessaires et conformes au droit international, par exemple au Mali ou en Centrafrique. (...)D’où aussi notre action constante pour rechercher une paix durable entre Israël et les Palestiniens"...
De la même manière, il corrigea certains "oublis" du président comme, par exemple, sur le rôle des Nations unies : "nous plaiderons plus que jamais pour une société internationalement mieux régulée, sur les plans politique, économique, social et environnemental. De là notre appui constant à l’ONU, qui doit être réformée afin d’être plus représentative et efficace".
Enfin, il reconnut que " Les grands exercices de remodelage menés de l’extérieur après les deux guerres mondiales ou la décolonisation ne sont plus possibles : Libye, Syrie, Irak, Ukraine, Bosnie, Centrafrique, les progrès se feront à la fois par une approche internationale et, au cas par cas, avec les parties prenantes de l’intérieur".
Pour autant, le ministre a consacré la plus grande part de son discours à un essai de définition de ce qu'il appelle la "diplomatie globale" au coeur de laquelle, crise aidant, il place la "diplomatie économique" même s'il prend la précaution de dire que "la diplomatie économique ne doit en aucun cas nous conduire, vous conduire à négliger les autres aspects, tout aussi nécessaires à notre diplomatie globale. (...) La diplomatie stratégique est essentielle (les alliances, la sécurité, les partenariats politiques...), mais le sont aussi la diplomatie culturelle et éducative (les échanges d’étudiants, le développement de la francophonie, les années croisées,notre audiovisuel extérieur...), la diplomatie scientifique, la diplomatie sportive et la diplomatie économique."
C'est au nom de cette "diplomatie globale" que Laurent Fabius a obtenu que son ministère s'appelle désormais : "Ministère des Affaires étrangères et du Développement international" et devienne le Ministère de "l'action extérieure de la France" : vision stratégique ou pré carré pour une ambition personnelle ? L'avenir le dira.
Cette journée des ambassadeurs a permis de préciser dans les discours un certain nombre des orientations de la politique extérieure française. En même temps, les esprits critiques rétorqueront que l'écart est souvent grand entre les intentions affichées et les actions concrètes sur le terrain.
Nous aurons l'occasion d'y revenir...
Daniel Durand (31 août 2014)
L'AGENDA DE LA QUINZAINE
LES ÉVÉNEMENTS DE LA SEMAINE ÉCOULÉE...
Mardi 26 août 2014 :
Israël et les Palestiniens ont annoncé mardi un accord pour un cessez-le-feu permanent au cinquantième jour d'une guerre la plus meurtrière de la décennie et qui a dévasté la bande de Gaza.
2 143 morts ont été décomptés (plus de deux mille morts palestiniens, près de soixante-dix côté israélien) et 11 000 blessés. 1,8 million de personnes ont été "affectées" dans la bande de Gaza par la guerre, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Quatre cent soixante-quinze mille personnes ont notamment été déplacées, trouvant refuge dans les abris de l'ONU, du gouvernement palestinien ou chez des proches, toujours selon l'OCHA. Par ailleurs, de même source, près de 55 000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, dont au moins 17 200 totalement ou quasi totalement détruites.
Vendredi 29 août 2014
Journée Internationale contre les essais nucléaires.
le 29 août marque la date à laquelle, en 1991, le Kazakhstan a fermé le site d'essais nucléaires près de Semipalatinsk où, ce même jour en 1949, l'Union soviétique avait effectué son premier essai nucléaire.
C'est en 2009 que les Nations Unies ont proclamé la création de la Journée internationale contre les essais nucléaires et choisi pour la célébrer la date du 29 août. Cette résolution (la 64/35) a été adoptée à l’unanimité.
Depuis juillet 1945, plus de 2000 essais nucléaires ont été réalisés, d'abord dans l'atmosphère, puis de façon sous-terraine ou sous-marine.
Un traité sur l'interdiction totale des essais nucléaires a été ouvert à la signature en 1996... mais jamais mis en application car la signatures de huit états dotés de capacités nucléaires manque : il s'agit de Chine, Égypte, États-Unis, Inde, Iran, Israël, Pakistan et République populaire démocratique de Corée.
Le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban, a appelé les États qui n'ont pas encore ratifié le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires à le faire au plus vite, en particulier ceux des huit derniers États cités à l'annexe 2 du Traité sans la ratification desquels le texte ne peut entrer en vigueur. « Ensemble, exigeons qu'il soit définitivement mis fin aux essais nucléaires, terminons de libérer le monde des armes nucléaires et ouvrons la voie à un futur plus sûr et plus prospère », a-t-il déclaré.
Samedi 30 août 2014 :
Les dirigeants de l'Union européenne, réunis samedi 30 août à Bruxelles, ont nommé deux nouveaux responsables européens. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a été désigné comme futur président du Conseil européen, et la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, comme chef de la diplomatie de l'UE, "haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité". Elle succède à la Britannique Catherine Ashton et est issue du Parti démocrate italien.
CEUX DE LA SEMAINE À VENIR...
4-5 septembre 2014 :
Le sommet annuel de l'OTAN se tiendra les jeudi 4 et vendredi 5 septembre, à Cardiff (Royaume-Uni)
Au premier plan de l’ordre du jour du sommet figure la clôture de la mission de l’OTAN en Afghanistan. Le sommet au pays de Galles marquera également le 65ème anniversaire de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.
L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) se prépare à déployer de nouvelles bases militaires pour la première fois de l’histoire en Europe de l’Est, a annoncé le Danois Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’organisation. Cette décision a été prise officiellement, suite à la crise ukrainienne, dans le but de dissuader le président russe, Vladimir Poutine, de ce réer des problèmes dans les anciens pays baltes.
Il semble que des divergences existent entre les pays membres : si, pour le moment, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Pologne et les pays Baltes se prononcent pour l’aménagement de nouvelles bases militaires permanentes en Europe de l’Est, l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce s’y opposent.
Le président Hollande a annoncé qu'il proposerait "de doter l'Alliance d'une capacité de réaction rapide, pour faire face aux crises, et dans laquelle chaque pays membre doit prendre sa part".
Mardi 26 août 2014 :
Israël et les Palestiniens ont annoncé mardi un accord pour un cessez-le-feu permanent au cinquantième jour d'une guerre la plus meurtrière de la décennie et qui a dévasté la bande de Gaza.
2 143 morts ont été décomptés (plus de deux mille morts palestiniens, près de soixante-dix côté israélien) et 11 000 blessés. 1,8 million de personnes ont été "affectées" dans la bande de Gaza par la guerre, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Quatre cent soixante-quinze mille personnes ont notamment été déplacées, trouvant refuge dans les abris de l'ONU, du gouvernement palestinien ou chez des proches, toujours selon l'OCHA. Par ailleurs, de même source, près de 55 000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, dont au moins 17 200 totalement ou quasi totalement détruites.
Vendredi 29 août 2014
Journée Internationale contre les essais nucléaires.
le 29 août marque la date à laquelle, en 1991, le Kazakhstan a fermé le site d'essais nucléaires près de Semipalatinsk où, ce même jour en 1949, l'Union soviétique avait effectué son premier essai nucléaire.
C'est en 2009 que les Nations Unies ont proclamé la création de la Journée internationale contre les essais nucléaires et choisi pour la célébrer la date du 29 août. Cette résolution (la 64/35) a été adoptée à l’unanimité.
Depuis juillet 1945, plus de 2000 essais nucléaires ont été réalisés, d'abord dans l'atmosphère, puis de façon sous-terraine ou sous-marine.
Un traité sur l'interdiction totale des essais nucléaires a été ouvert à la signature en 1996... mais jamais mis en application car la signatures de huit états dotés de capacités nucléaires manque : il s'agit de Chine, Égypte, États-Unis, Inde, Iran, Israël, Pakistan et République populaire démocratique de Corée.
Le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban, a appelé les États qui n'ont pas encore ratifié le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires à le faire au plus vite, en particulier ceux des huit derniers États cités à l'annexe 2 du Traité sans la ratification desquels le texte ne peut entrer en vigueur. « Ensemble, exigeons qu'il soit définitivement mis fin aux essais nucléaires, terminons de libérer le monde des armes nucléaires et ouvrons la voie à un futur plus sûr et plus prospère », a-t-il déclaré.
Samedi 30 août 2014 :
Les dirigeants de l'Union européenne, réunis samedi 30 août à Bruxelles, ont nommé deux nouveaux responsables européens. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a été désigné comme futur président du Conseil européen, et la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, comme chef de la diplomatie de l'UE, "haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité". Elle succède à la Britannique Catherine Ashton et est issue du Parti démocrate italien.
CEUX DE LA SEMAINE À VENIR...
4-5 septembre 2014 :
Le sommet annuel de l'OTAN se tiendra les jeudi 4 et vendredi 5 septembre, à Cardiff (Royaume-Uni)
Au premier plan de l’ordre du jour du sommet figure la clôture de la mission de l’OTAN en Afghanistan. Le sommet au pays de Galles marquera également le 65ème anniversaire de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.
L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) se prépare à déployer de nouvelles bases militaires pour la première fois de l’histoire en Europe de l’Est, a annoncé le Danois Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’organisation. Cette décision a été prise officiellement, suite à la crise ukrainienne, dans le but de dissuader le président russe, Vladimir Poutine, de ce réer des problèmes dans les anciens pays baltes.
Il semble que des divergences existent entre les pays membres : si, pour le moment, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Pologne et les pays Baltes se prononcent pour l’aménagement de nouvelles bases militaires permanentes en Europe de l’Est, l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce s’y opposent.
Le président Hollande a annoncé qu'il proposerait "de doter l'Alliance d'une capacité de réaction rapide, pour faire face aux crises, et dans laquelle chaque pays membre doit prendre sa part".
Relations internationales est de retour...
Bonjour,
après un "congé sabbatique" d'une année, le temps d'une pause personnelle, le blog "Relations internationales" reprend ses publications, avec un rythme, si possible hebdomadaire. J'espère que les lecteurs qui suivaient fidèlement ces articles retrouveront leurs habitudes...
Daniel Durand
après un "congé sabbatique" d'une année, le temps d'une pause personnelle, le blog "Relations internationales" reprend ses publications, avec un rythme, si possible hebdomadaire. J'espère que les lecteurs qui suivaient fidèlement ces articles retrouveront leurs habitudes...
Daniel Durand
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