lundi 1 avril 2019

Europe III - L'OTAN a 70 ans : faut-il euthanasier la "vieille dame" ?

Jeudi 4 avril, l'OTAN fête son 70e anniversaire. Le 4 avril 1949, fut signé à Washington, le Traité de l'Atlantique nord qui a créé l'organisation du même nom. Les pays occidentaux regroupés autour des États-Unis estimaient devoir s'allier pour faire face à une supposée menace soviétique. En riposte, six ans plus tard, l'URSS et les pays du bloc de l'Est signeront un traité d'alliance comparable : le Pacte de Varsovie.
Le Traité de l'Atlantique nord était très encadré juridiquement. Dans son article 1, il affirmait respecter la Charte des Nations unies : "Les parties s’engagent, ainsi qu’il est stipulé dans la Charte des Nations Unies, à régler par des moyens pacifiques tous différends internationaux dans lesquels elles pourraient être impliquées, de telle manière que la paix et la sécurité internationales, ainsi que la justice, ne soient pas mises en danger, et à s’abstenir dans leurs relations internationales de recourir à la menace ou à l’emploi de la force de toute manière incompatible avec les buts des Nations Unies". Il s'engageait également à n'utiliser la force qu'en cas de légitime défense et ce, seulement, jusqu'à la saisine du Conseil de sécurité (article 51 de la Charte) : "Ces mesures [emploi de la force] prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales".
Ce prétexte de la "légitime défense" et cette stricte soumission théorique de départ de l'OTAN au droit international et à l'ONU explique qu'à la fin de la guerre froide et après la dissolution du Pacte de Varsovie et la disparition de la "menace" soviétique, le maintien de l'OTAN a perdu l'essentiel de sa légitimité.  Mais, depuis, les déclarations de ses dirigeants à plusieurs sommets de l'organisation, visant à élargir sa mission hors de sa zone géographique d'origine, à y inclure la défense d'intérêts dits vitaux comme les sources d'énergies, à y faire rentrer comme le propose Donald Trump des pays comme le Brésil de Bolsonaro ou les Philipines de Duarte, ouvrent une crise, non seulement de légitimité mais même de confiance parmi les États membres. Cette crise est aggravée par la position des États-Unis qui oscillent entre faire de l'OTAN un gendarme mondial, ou mener leur propre jeu militaire international sans leurs alliés, notamment dans les relations avec la Russie.
Les déclarations alarmistes des partisans otaniens se multiplient : «Ce qui préoccupe les Européens est de savoir si l'engagement des États-Unis est pérenne», a souligné la ministre de la Défense, Mme Parly, lors d'une visite à Washington ; «L'alliance ne devrait pas être soumise à des conditions, sinon ce n'est pas une alliance».
«Feu l’Otan ?», écrit le journaliste Frédéric Charillon dans l'Opinion. C'est "Une remise en question des alliances comme l’OTAN" écrit le spécialiste canadien, Gilles Vandal.
Alors, que faire de la "vieille dame" ? Faut-il sauver le "soldat OTAN" ? Faut-il directement "l'euthanasier" ou faut-il accompagner sa "fin de vie" qui semble inéluctable ?
Ne faut-il pas profiter de cette période pour approfondir le débat ?
En France, depuis trente ans, deux niveaux d'options sont posées : la première, pour certains militants de gauche, dans laquelle le but essentiel serait de sortir unilatéralement de l'OTAN. Pourquoi pas ? Mais si l'organisation continue de jouer le même rôle, qu'aura-t-on gagné pour la paix mondiale ? Le rappel à De Gaulle ne tient pas : celui-ci avait sorti la France, non de l'OTAN mais de son commandement intégré, non pas pour mener une politique de paix mais pour pouvoir développer tranquillement les forces nucléaires nucléaires ! Si l'on pense que les armes nucléaires doivent être interdites, ce n'est pas une référence donc.
Deuxième option en débat dans la gauche française : obtenir la dissolution de l'OTAN. C'est l'option défendue chez les communistes et les écologistes, ainsi que chez quelques socialistes. Mais la réalité des trois dernières décennies montre qu'il ne suffit pas de proclamer cet objectif dans une grande déclaration rituelle de fin de Congrès ou une manifestation annuelle pour faire avancer l'idée.
Malgré la crise évidente de cette alliance, le consensus ou le rapport de forces n'existe pas pour "débrancher le tuyau" d'un coup. L'impératif est de modifier le contexte de sécurité de la planète et de notre continent européen. Le premier enjeu est d'ôter le maximum "d'allumettes et d'engins incendiaires" hors de la portée de main de notre "malade". C'est pourquoi la lutte pour obtenir l'interdiction et l'élimination des armes nucléaires est primordiale. Comme le fait remarquer un des responsables de l'association IDN, Marc Finaud, mettre "l’accent sur l’urgence de réduire le risque de guerre nucléaire en vue d’un « désarmement multilatéral, progressif et contrôlé » aura forcément une incidence sur l’OTAN".
L'Union européenne, les futurs élus européens, les organisations luttant pour la paix, peuvent peser en obtenant l'annulation de la mise en cause du Traité INF, en défendant l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), en proposant des initiatives de relance du dialogue indispensable avec la Russie avec la tenue par exemple d'une nouvelle conférence européenne, type Helsinki II. De même l'Union européenne doit parler fortement pour relancer les discussions pour renouer le dialogue israélo-palestinien, en s'opposant à la reconnaissance illégale par les USA d'une quelconque souveraineté israélienne sur le plateau du Golan et en reconnaissant l'État de Palestine.
Plus que jamais est posé cet enjeu, comme l'écrit le spécialiste  Hans Christof Von Sponeck dans "Horizons et débats" du 5 février 2009 : "Celui qui veut servir la paix et la réduction des conflits doit suivre le chemin multilatéral rocailleux de l’ONU et éviter le chemin aplani de l’OTAN".
Comme je l'ai écrit dans le dernier billet de mon blog (https://culturedepaix.blogspot.com/2019/03/europe-ouvrir-les-fenetres.html), "c'est sur le terrain de la coopération renforcée avec l'ONU que devrait exister un grand projet européen de consolidation de la paix mondiale par la participation plus active de l'Union européenne à la prévention des conflits, à la limitation du commerce des armes, à la diffusion à grande échelle d'une éducation et d'une culture de la paix". C'est cet objectif qui doit être la priorité européenne de la prochaine décennie et non l'illusoire projet d'une défense européenne. Celle-ci voudrait essayer de faire jouer à l'Europe le rôle de l'OTAN dans une vision dépassée du monde : un monde des puissances rivales et de la guerre finale assurée et non un monde de coopération complexe, difficile à construire mais qui reste la seule issue viable pour l'humanité.
Il est évident que c'est donc en modifiant ainsi profondément le contexte de sécurité mondial que l'OTAN perdra définitivement sa raison d'être et que "la machine" pourra "être débranchée".  Saut dans l'inconnu, report aux calendes grecques ? Pas sûr ! Le monde actuel est plein de contradictions : en Europe, n'assiste-t-on pas à ce paradoxe ? L'Allemagne, la fidèle alliée de Washington, refuse d'augmenter ses dépenses militaires car elle préfère garder ces crédits pour l'aide au développement ! Et elle bloque pour six mois toute vente d'armes à l'Arabie saoudite, provoquant ainsi la colère française ! Si les opinions publiques augmentaient leur pression sur le terrain de la paix comme elles le font actuellement sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, quelles nouvelles perspectives s'ouvriraient ! Il ne s'agit pas là d'un voeu pieux mais d'un appel à une prise de conscience lucide à tous ceux, capables d'avoir le courage d'assumer les choix nécessaires pour la paix de notre planète.

lundi 11 mars 2019

Europe II : ouvrir les fenêtres !

Le président de la République Emmanuel Macron a publié une tribune dans la presse européenne et régionale française dans laquelle il plaide pour "une Renaissance de l'Europe".
Nous ne sommes pas naïfs : nous savons bien entendu que dans cette initiative, il y a un aspect tacticien évident, lié à la volonté affirmée d'Emmanuel Macron de prétendre à une forme de leadership européen et sur le plan extérieur de "prendre un peu d'air", face à la situation sociale, minée pour lui, par les protestations notamment des Gilets jaunes.
En même temps, le fait que le Président de la République française soit à l'initiative pour appeler au renforcement de l'Union européenne en faveur de la liberté et du progrès, voire même à sa "renaissance" (certains disent "refondation", re-création", "rénovation", pourquoi pas ?), ne peut nous laisser indifférent, à l'heure où l'obscurantisme, la démagogie populiste reprennent du "poil de la bête" en s'appuyant sur toutes les insatisfactions, les peurs, les fantasmes les plus primitifs.
100 ans après la fin de la guerre 1914-1918, ne "mégotons" pas non plus sur l'apport de la construction européenne à ces 73 années sans guerre mondiale, à "la réconciliation d’un continent dévasté", même si nous avons parfois frôlé le bord du gouffre dans les années 90 dans les Balkans. Mais, pourquoi après avoir parlé pour hier, du succès d'un "projet inédit de paix, de prospérité et de liberté", le président Macron nous propose-t-il  un projet basé selon lui sur "Liberté, protection, progrès" et où la place principale est tenue par la "protection" ?
On nous propose une Europe dont la priorité concrète est de nous protéger d'abord des peurs : on protège la démocratie, on protège les frontières, on se protège des migrants et on se protège militairement. Certes, Emmanuel Macron parle plus positivement de protection sociale ou de "bouclier social", ainsi que de protection du climat et de la planète, mais c'est sur ces terrains qu'il est le plus imprécis. Quel financement avec la Banque centrale européenne, avec quels objectifs chiffrés, pour les PME, pour la transition écologique ? Sans des engagements chiffrés, nous savons bien que les choses ne bougeront pas, comme le rappellent de nombreux lycéens tous les vendredis, à propos du réchauffement climatique. On ne peut en rester à la promesse de créer des "agences" pour tout : "Agence européenne de protection des démocraties", "Office européen de l'asile", "Conseil européen de sécurité intérieure", "Conseil de sécurité européen", "Banque européenne du climat", conseil de "supervision européenne des grandes plateformes", "Conférence pour l’Europe". Les vieux politiques disaient autrefois autrefois : "pour noyer un problème, il suffit de créer une commission", attention à ne pas verser dans les mêmes artifices et ne pas créer des coquilles vides !
Le grand paradoxe de la tribune du Président de la République est que, alors que l'ADN de l'Europe est d'avoir contribué à la paix du continent et de la planète, cette question n'est pas traitée spécifiquement ! La sécurité du continent est toujours traitée, de manière ringarde, sous le seul angle de la réponse aux "menaces" comme "les stratégies agressives de grandes puissances" et pas de la réponse aux "défis" qui nous sont posés... Comment travailler à la résolution des conflits qui bordent notre voisinage : Ukraine, Syrie, Israël/Palestine ? Comment faire progresser la démilitarisation des relations internationales, en progressant dans l'élimination des armes nucléaires ? Comment relancer le multilatéralisme, revivifier les approches politiques et négociées de certains problèmes, en termes diplomatiques (gestion des flux migratoires,nucléaire iranien, Inde/Pakistan) et même commerciaux ?
L'urgence pour l'Europe de prendre des initiatives politiques sur ces terrains, rend incompréhensible de la part du président Macron, l'absence de référence et d'articulation avec l'action des Nations unies, qui sont justement au coeur du multilatéralisme. Le mot ne figure pas une fois dans le texte ! C'est sur le terrain de la coopération renforcée avec l'ONU que devrait exister un grand projet européen de consolidation de la paix mondiale par la participation plus active de l'Union européenne à la prévention des conflits, à la limitation du commerce des armes, à la diffusion à grande échelle d'une éducation et d'une culture de la paix. L'Europe se grandirait si elle devenait la "fille aînée" de l'ONU !
En fait, à la lecture de la lettre d'Emmanuel Macron, on retire le sentiment d'une occasion ratée. Oui, il faut une "renaissance de l'Europe", une "refondation de l'Europe", sans rien écarter comme le reconnaît M. Macron qui veut promouvoir "tous les changements nécessaires à notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités" (Chiche !).
Mais pour cela, il faut avoir une vision d'une Europe pour la paix, d'une Europe qui avance, ouverte, démocratique et fraternelle, et non pas celle d'une Europe qui regrouperait, comme dans les westerns, les chariots de la caravane en rond pour se protéger de l'attaque des méchants indiens....


samedi 2 mars 2019

publication des Cahiers de l'IDRP février - mars 2019


J'ai le plaisir de vous signaler la parution du n° de février - mars 2019 des "cahiers de l'IDRP", auxquels je collabore.
Très centré sur les problématiques européennes traitées sous des angles divers, vous y trouverez un article stimulant sur l'avenir de l'OTAN par un spécialiste, Olvier Kempf, une réflexion sur la sécurité en Europe,le rapport à l'arme nucléaire par Paul Quilès, président d'IDN, ancien ministre, un article conjoint qui fait le point sur le mouvement de paix allemand par Rainer Braun,une des figures principales de celui-ci et Alain Rouy, dirigeant pacifiste français et germaniste, enfin une réflexion sur les évolutions dans la luttes pour la paix aujourd'hui de Daniel Durand.
Vous en souhaitant bonne lecture,


dimanche 17 février 2019

Europe - I - rétablir la confiance

Beaucoup de spécialistes, de responsables politiques sont préoccupés et même inquiets par la remise en cause du Traité FNI par l'administration Trump, un accord historique conclu en 1987 entre les États-Unis et l’Union soviétique. Cet accord visait l’élimination de tous leurs missiles balistiques et de croisière, tant nucléaires que conventionnels, ayant une portée de 500 à 5500 kilomètres, un accord qui prévoit aussi un vaste régime d’inspection sur place pour vérifier sa mise en œuvre.
Ce traité INF a été signé en 1987 par Reagan et Gorbatchev en pleine guerre froide. Il a permis de surmonter la "crise des euromissiles", ces armes nucléaires qui menaçaient tous les pays européens, de gérer les évolutions de 1989 en Allemagne, la chute du mur de Berlin, les changements de régime dans l'ex-Union soviétique sans effusion de sang.
Le démantèlement du traité INF aujourd'hui remet en cause une partie de la stabilité en Europe et à ce titre, il est lourd de futures menaces pour la paix sur le continent.
Mais, si l'on essaie d'avoir un certain recul sur ces trente dernières années, on peut estimer aussi qu'il est la fin logique d'un processus où les USA mais aussi l'Union européenne ont été particulièrement irresponsables.
Après 1989, il existait une opportunité formidable de prolonger et consolider le nouveau climat de détente et de confiance en Europe, de construire une nouvelle architecture de sécurité entre tous les pays européens, au delà de l'OTAN et du Pacte de Varsovie.
Mais tandis que le Pacte de Varsovie, ex-alliance militaire entre les pays de l'orbite soviétique, se dissolvait, les dirigeants de l'UE et des UA ont préféré mener une politique de revanche sur l'URSS puis sur la Russie en élargissant non seulement l'Union européenne vers l'Est, mais surtout en l'accompagnant de l'adhésion quasi systématique des pays nouveaux entrants à l'OTAN, donc en construisant un déséquilibre stratégique et militaire contre la Russie.
Cette expansion de l'OTAN, alliance militaire créée en 1949, donc dernier vestige de la guerre froide, s'est accompagnée de l'affaiblissement ou de la marginalisation de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la paix en Europe), organisation qui incluait tous les pays d'Europe y compris la Russie, qui avait été très utile dans la reconstruction de la paix post-conflit en Bosnie et dans les pays du Caucase,  et qui aurait pu être la matrice d'une nouvelle architecture de sécurité, axée sur la gestion des conflits.
Ces évolutions historiques de ces trois décennies permettent d'affirmer qu'aujourd'hui, avec le démantèlement du traité INF, suivant la crise ukrainienne, c'est la suite et la fin du détricotage d'une coopération équilibrée, créatrice de confiance en Europe, à laquelle nous assistons.
Si nous voulons reconstruire une paix solide en Europe, il faut donc remettre sur pied tout l'ouvrage, reprendre le dialogue inter-européen sur des bases nouvelles, incluant tous les problèmes.
La politique de Donald Trump n'a fait qu'aggraver une situation bien dégradée. Multilatéralisme ou unilatéralisme de Trump ou de Poutine, basé sur les rapports de force brutaux, l'alternative est claire et demande des réactions énergiques. Le président Macron a affirmé à plusieurs reprises son engagement pour le multilatéralisme, y compris à la tribune de l'ONU en septembre, Mme Merkel vient également de l'exprimer clairement la semaine dernière, à la Conférence sur la sécurité en Europe à Munich. Alors, le temps semble venu d'initiatives politiques fortes et pas seulement de déclarations.
On ne peut d'ailleurs que regretter et condamner vigoureusement l'énorme faute politique commis par les principaux pays européens, la France en tête, en soutenant une politique de force au Venezuela, donc en suivant la politique agressive états-unième au lieu de jouer un rôle de facilitateur politique pour trouver et permettre une issue politique, pacifique à la grave crise qui secoue ce pays et pèse sur sa population.
Par leur position interventioniste, ces mêmes dirigeants européens minent leurs déclarations sur la priorité au multilatéralisme dans le monde et s'affaiblissent par rapport aux Trump et Poutine.
En Europe, il est donc temps de renouer le dialogue au niveau nécessaire. L'idée a été émise par plusieurs personnalités ou organisations de travailler à la tenue d'une grande conférence européenne, abordant tous les problèmes de sécurité et de démilitarisation du continent, comme l'avait permis la Conférence d'Helsinki en 1975, qui renforce les coopérations entre tous les pays européens, qui limite les présences militaires (tant OTAN que russe) en Europe, qui revitalise l'OSCE comme organe de coopération civilo-militaire.
Le président Macron doit prendre une initiative de ce type : l'urgence est au dialogue et non à pousser les feux pour créer un nouveau bloc militaire basé sur une défense, voire une armée européenne dont les bases, les justifications sont opaques et n'ont pas été débattues dans les opinions publiques. Aujourd'hui, dans l'état actuel des affirmations dans les états-majors militaires, l'idée de défense européenne repose uniquement sur l'illusion de la "multipolarité", c'est-à-dire la constitution de "pôles de puissance" ou de puissances rivales dans le monde. Au contraire de ces dangereuses illusions, 100 ans après la fin de la première guerre mondiale, il faut en tirer une fois pour toutes les leçons, et au premier plan d'entre elles, la faillite du jeu des puissances, des alliances et des rivalités.
Dans un prochain article, j'aborderai les questions que pose l'avenir de la sécurité et de la paix en Europe.

lundi 4 février 2019

Appel de Bâle pour l’abandon de la dissuasion nucléaire


Je publie très volontiers cet appel que vous trouverez ci-dessous.
De nombreux responsables politiques et d’animateurs d’ONG ou de think-tanks du monde entier, à l’initiative du think-tank suisse « Basel Peace Office », lancent un appel aux dirigeants américains, russes et européens pour exprimer leur inquiétude devant la détérioration de la situation internationale en 2018. Ils déplorent la mise en cause du Traité FNI et l’affaiblissement du Traité START.
Les signataires demandent aux membres européens de l’OTAN de réaffirmer leur position face à tout déploiement de missiles nucléaires en Europe, et proposent un plan d’action pour abandonner progressivement la politique de dissuasion nucléaire et le remplacement de celle-ci par celle de la sécurité collective.
L’IDRP s’associe pleinement à cet Appel.



L’appel de Bâle au désarmement et à la sécurité durable

Lettre ouverte sur les traités FNI & START, mesures de désarmement et de réduction des risques pour préserver la paix et atteindre une sécurité durable

À:         Donald Trump, Président des États-Unis
Vladimir Putin, Président de la Fédération de Russie
Jens Stoltenberg, Secrétaire Général de l’OTAN
Miroslav Lajčák, président de l’OSCE

Federica Mogherini, Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

Eliot Engel, président de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des USA

Adam Smith, président de la Commission des Forces Armées de la Chambre des représentants des USA

James Inhofe, président de la Commission des Forces Armées du Sénat américain

James Risch, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat américain
Leonid Slutsky, président de la Commission des affaires étrangères de la Douma russe
Vladimir Shamanov, président de la Commission de défense de la Douma russe
Konstantin Kosachev, président du Comité des affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie

Viktor Bondarev, président du Comité de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération de Russie


CPC:
Xi Jinping, Président de la République populaire de Chine
Theresa May, Premier ministre du Royaume-Uni
Emmanuel Macron, Président de la République française

Cher Président Trump, Président Putin, Secrétaire Général Stolenberg, président Lajčák, Haute représentante Mogherini, Monsieur Engel, Monsieur Smith, Sénateur Inhofe, Sénateur Risch,
L’année dernière le Bulletin des scientifiques de l’atome déplaça l’aiguille de “l’horloge de l’Apocalypse” à minuit moins deux minutes en raison de “l’incapacité des dirigeants mondiaux de faire face aux menaces imminentes d’une guerre nucléaire et du changement climatique”. Ils soulignaient au même temps les très grands risques, de plus en plus élevés, d’une utilisation de l’arme nucléaire, que ce soit par accident, erreur de calcul, escalade des conflits ou de façon intentionnelle.
Nous nous réjouissons de l’adoption des accords Coréens de paix ainsi que du processus de dénucléarisation qui a commencé dès ce moment et nous appuyons pleinement la continuation de la voie diplomatique afin d’en assurer le succès. Pareillement nous saluons favorablement l’adoption par les Nations-Unies du Traité d’interdiction des armes nucléaires.
Pourtant, nous restons extrêmement inquiets quant à la détérioration, qui a eu lieu durant l’année 2018, du climat européen et international en matière de sécurité, résultant de l’érosion du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire; quant au retrait des États-Unis du Plan global d’action conjoint (accord de non-prolifération nucléaire avec l’Iran) ; quant aux conflits non résolus opposant la Russie et l’Ouest, par rapport à la Crimée et la Syrie et ceux entre les États dotés d’armes nucléaires relativement à d’autres régions, y compris L’Asie du sud et la mer de Chine méridionale ; quant au développement continu et à la modernisation des armes nucléaires et des équipements militaires connexes ; quant aux jeux de guerre provocateurs ainsi qu’aux différentes stratégies de menace nucléaire.
  • Traité FNI
Nous sommes particulièrement préoccupés par le déclin du Traité FNI, un accord historique conclu en 1987 entre les États-Unis et l’Union soviétique pour l’élimination de tous leurs missiles balistiques et de croisière, tant nucléaires que conventionnels, ayant une portée de 500 à 5500 kilomètres, un accord qui prévoit aussi un vaste régime d’inspection sur place pour vérifier sa mise en œuvre.
Nous demandons aux États-Unis et à la Russie de s’abstenir de mettre au point et de déployer des systèmes d’armements pouvant violer ledit Traité, ainsi que de résoudre les questions relatives au respect de l’accord avec le dialogue et par le biais d’un travail renforcé de la Commission de vérification spéciale établie par le Traité.
Nous demandons à la Douma russe et aux Congrès des États-Unis de refuser l’autorisation ou l’allocation de fonds pour le développement de systèmes d’armements qui pourraient violer le Traité, tels que le missile russe 9M729 ou qui pourraient offrir une capacité similaire à celle d’armes interdites par le Traité INF, telles que les missiles de croisière à lancement nucléaire, lancés par l’air ou par la mer.
Nous demandons aux membres européens de l’OTAN de réaffirmer leur position face à tout déploiement de missiles nucléaires en Europe.
  • Nouveau Traité sur la réduction des armes stratégiques (START)
Nous sommes inquiets face à l’affaiblissement du nouveau Traité START par les conflits actuels. Ce Traité prévoit des limites raisonnables et la vérification du nombre d’armes et de vecteurs nucléaires stratégiques déployés, mais arrive à échéance en février 2021. Nous appelons donc les États-Unis et la Russie à vouloir prolonger le Traité jusqu’en 2026, ainsi qu’à vouloir réduire leurs arsenaux nucléaires, soit unilatéralement, soit par le biais de négociations. 
  • Réduction du risque nucléaire y compris le principe de « non-recours en premier »
Pour pouvoir réduire le risque d’utilisation de l’arme nucléaire par accident, erreur de calcul ou escalade des conflits, nous demandons à la Russie, les États-Unis et l’OTAN de vouloir réaffirmer qu’une guerre dans ce contexte ne peut être vaincue et ne devra jamais être entamée, ainsi que de vouloir adopter des politiques de lutte contre l’utilisation des armes nucléaires (des politiques de « non recours en premier »). Nous demandons pareillement à la Russie et aux États-Unis de vouloir abandonner leurs politiques en matière d’armes nucléaires de
« lancement sur alerte », ainsi que leur haut niveau d’état de préparation opérationnelle des systèmes d’utilisation des armes nucléaires.
  • L’objectif d’un monde sans armes nucléaires
Nous soulignons l’obligation universelle de parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires et nous saluons favorablement l’engagement pris par l’OTAN et les États-Unis de « créer les conditions » pour que ce but se réalise. Nous leur demandons ainsi de mettre en œuvre leur engagement à travers :
  1. le renforcement du dialogue et de la coopération avec les autres États dotés d’armes nucléaires ;
  2. le développement d’un plan d’action pour abandonner progressivement la politique de dissuasion nucléaire et le remplacement de celle-ci par celle de la sécurité collective ;
  3. la réalisation de mesures initiales telles que la réduction des stocks nucléaires, l’annulation des programmes de modernisation des armes nucléaires, la réduction du budget destiné aux armes nucléaires avec une réaffectation des fonds en faveur du développement durable ; et
  4. la participation, avec d’autres États dotés de l’arme nucléaire ainsi qu’avec ceux qui en dépendent, aux négociations pour l’adoption d’une convention globale sur les armes nucléaires (pour éliminer toutes les armes nucléaires), que la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et la plus part des États non dotés d’armes nucléaires ont déjà encouragé.
Nous réaffirmons que le désarmement contribue à la création de la sécurité et nous nous engageons avec détermination pour parvenir à un monde moins militarisé et exempt de l’arme nucléaire. Nous demandons aux villes, gouvernements et sociétés civiles de partout dans le monde de se joindre à nous dans cette démarche.
Adopté à Bâle, le 15 janvier 2019,
Signataires de l’Appel de Bâle
au désarmement et à la sécurité durable

Cet appel est signé par les suivants législateurs locaux, nationaux, et régionaux (maires et parlementaires) et les organisations représentant la société civile qui travaillent avec ceux-ci : (liste en cours de formation)

1.   Mayors and city councillors/officials

Jon Askeland (Norway) Mayor of Radøy
Cllr David Blackburn (United Kingdom) Chair of UK and Ireland Nuclear Free Local Authorities
Mathias De Clercq (Belgium) Mayor of Ghent, Member Mayors for peace
Bálint Csontos (Switzerland) President Grüne Baselland, Municipal Council Ramlinsburg.
Cllr. Audrey Doig (Scotland) Member of the Renfrewshire City Council Vice Convener of NFLA Scotland
Thor Edquist (Norway) Mayor of Halden
Stepanie Esswein (Germany) Mayor of Mutlangen
Cllr John Feely (Ireland) Vice Chair of Fermanagh and Omagh District Council
Cllr. Ernie Galsworthy (United Kingdom) Member, Merthyr Tydfil Local Council Chair, Nuclear Free Local Authorities Welsh Forum
Philippe HIVERT (France) Mayor of Grigny, Chef de projet chargé de la promotion de la Culture de Paix,de l’Histoire et des Relations Internationales
Thorvald Hillestad (Norway) Mayor of Re
Cllr. June Hitchen (United Kingdom) Lord Mayor of Mancheste, Vice-President of Mayors for Peace
Ivan Knez (Croatia), Mayor of Biograd na Moru, Vice-President of Mayors for Peace

  1. Parliamentarians (current and former)
Stephan Ackermann MP (Switzerland), Member, Baselland Landrat Canton parliament
Senator Byrganym Aitimova (Kazakhstan), Chair, Committee on Socio-Cultural Development and Science Council Member, Parliamentarians for Nuclear Non-proliferation and Disarmament (PNND), Former Kazakhstan Ambassador to the United Nations in New York
Alain Mathieu (France) Mayor of Lancy
Josep Mayoral (Spain), Mayor of Granollers, Vice-President of Mayors for Peace
Cllr. Eddy Newman (United Kingdom), Manchester City Council representative
Lukas Ott (Switzerland), Head of Cantonal and City Development Unit, President’s Department Canton Basel-Stadt, Switzerland
Paul Quilès (France), Mayor of Cordes sur Ciel, Président d’IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), Former Defence Minister of France
Daniel Rossellat (Switzerland), Mayor of Nyon
Stefan Schostok (Germany) Lord Mayor and CEO of Hannover Vice-President of Mayors for Peace
Asle Schrøder (Norway), Mayor of Steigen
Odd Haktor Slåke (Norway), Mayor of Frogn
Antonio Trebeschi (Italy)

Sindaco di Collebeato (Mayor of Collebeato

Thore Vestby (Norway), Vice-President of Mayors for Peace
Mani Shankar Aiyar (India), PNND Co-president, Chair, Rajiv Gandhi Action Group for a Nuclear-Weapon-Free World
Aytuğ Atıcı MP (Turkey), PNND Council Member
Lisa Badum MdB (Germany), Spokesperson for Climate Policy, Fraktion Bündnis 90/Die Grünen (German Green Party)
Petra Bayr MP (Austria), Chairwoman of the Development Policy Subcommittee. Executive Member of Parliamentarians for Global Action.
Claudia Beamish MSP (Scotland), Shadow Cabinet Secretary for Climate Change, Environment and Land
Iro Belluzzi MP (San Marino), Member, San Marino delegation to the Inter-Parliamentary Union
Dr Isabelle Chevalley MP (Switzerland), Member, Swiss Parliament Commission on Education and Culture
Saber Chowdhury MP (Bangladesh) Honorary President of the Inter-Parliamentary Union PNND Co-President
Tamati Coffey MP (New Zealand), Member, Committee on Economic Development, Science & Innovation, Former TV Host, New Zealand’s Got Talent
Seán Crowe TD (Ireland), Sinn Féin Spokesperson on Foreign Affairs & Trade with special responsibility for International Affairs & Outreach
Don Davies, MP (Canada), Vice-Chair, House of Commons Standing Committee on Health Vice-Chair, Canada-China Legislative Association
Diether Dehm MdB (Germany), Chairperson, Subcommittee on Foreign Culture and Education Affairs
Paul Dewar (Canada), PNND Co-president, Former Foreign Affairs Critic for the New Democratic Party
Linda Duncan MP (Canada), NDP International Development Critic
Pascal Durand, MEP (France), Member, European Parliament Committee on Constitutional Affairs
Jill Evans MEP (United Kingdom) Former Vice-President of the Greens/European Free Alliance
Edine von Herold (Costa Rica), PNND Alumni Council Member, Former Member of the Costa Rica Parliament
Ute Finckh-Krämer (Germany), PNND Council Member, Former Deputy Chair of the German Parliament Subcommittee on Disarmament, Arms Control and Non-Proliferation
Davide Forcellini MP (San Marino), Member, San Marino delegation to the Inter-Parliamentary Union
Raphael Fuhrer (Switzerland), Member of parliament of the Canton of Basel-Stadt
Ana Gomes MEP (Portugal), Member of the European Parliament Committee on Foreign Affairs and the Subcommittee on Security and Defense.
Barbara Gysi MP (Switzerland), Vice-President of the Social Democratic Party
Jens Holm MP (Sweden), Member, Permanent Committee on European Union Affairs
Ottmar von Holtz MdB (Germany), Spokesperson of Bündnis 90/Die Grünen on Civil Conflict Prevention
Sadet Karabulut MP (Netherlands), Dutch Socialist Party Spokesperson on Foreign Affairs, Defense & Development
Katja Keul MdB (Germany), Spokesperson of Bündnis 90/Die Grünen on Disarmament Affairs
Bill Kidd MSP (Scotland), PNND Co-president, Convenor, All-Party Group on Nuclear Disarmament
Hélène Laverdière MP (Canada), NDP Foreign Affairs Critic
Maria Lazzarini MP (San Marino), Member, San Marino delegation to the Inter-Parliamentary Union
Senator Sue Lines (Australia), Deputy President of the Senate
Jan Logie MP (New Zealand), Parliamentary Under-Secretary for Justice (Sexual and Domestic Violence Issues).
Mogens Lykketoft MP (Denmark), Former Foreign Minister,President of the 70th Session of the United Nations General Assembly
Jacques-André Maire MP (Switzerland)
John Mason MSP (Scotland), Member of the Scottish Parliament for Glasgow Shettleston
Lisa Mazzone MP (Switzerland), Member, Swiss Parliament Commission on Legal Affairs and Security
Baroness Sue Miller (United Kingdom), Member of the UK House of Lords PNND Co-president
Fabian Molina MP (Switzerland), Member of the Foreign Affairs Committee
Marica Montemaggi (San Marino), Member, San Marino delegation to the Inter-Parliamentary Union
Christine Muttonen (Austria), PNND Co-president, Former President of the OSCE Parliamentary Assembly
Margareta Kiener Nellen MP (Switzerland), Head, Swiss parliament delegation to the OSCE Parliamentary Assembly Chair, OSCEPA Committee for democracy, human rights and humanitarian questions
Senator David Norris (Ireland), Former Leader of the Seanad Independent Group
Marit Nybakk (Norway), PNND Co-President, President, Norwegian Association for Women’s Rights Former Vice-President of the Norwegian Parliament Former President of the Nordic Council
Lilianne Ploumen MP (Netherlands) Labour Party Spokesperson on Foreign Affairs Founder, She Decides, Minister for Foreign Trade and Development Cooperation (2012-2017)
Maureen O’Sullivan MP (Ireland), Member of the Committee on Foreign Affairs, Trade and Defence
Cem Özdemir MdB (Germany), Chair, Bundestag Committee on Transport and Digital Infrastructure Member, Foreign Affairs Committee
Dr Sahar Qawasmi MP (Palestine), Member of the Palestinian Legislative Council Gynaecologist at Al Mizan Hospital and New Life Centre.
Eva Quistrop (Germany), Former member of the European Parliament. Founder member of the Greens Party., Co-founder of Women for Peace Germany and Europe.
Rudolf Rechsteiner (Switzerland), President Ethos Foundation, Former Member of the Swiss National Assembly
Michèle Rivasi MEP (France), Member, Committee on the Environment, Public Health & Food Safety Former Chair of Greenpeace France
Matt Robson (New Zealand), NZ affiliate of the International Association of Lawyers Against Nuclear Arms Former New Zealand Minister for Disarmament and Arms Control
Douglas Roche O.C. (Canada), PNND Founding Chairperson, Former Member of the Senate and House of Representatives Former Canada Disarmament Ambassador
Claudia Roth MP (Germany), Vice-President of the Bundestag, Head of German delegation to the Inter-Parliamentary Union
Manuel Sarrazin MdB (Germany),Spokesperson of Bündnis 90/Die Grünen on Eastern European Affairs
Jordi Solé MEP (Spain), Member, European Parliament Committee on Foreign Affairs
Biyika Lawrence Songa MP (Uganda),Board Chair, Green Alternatives and Peace Movement Founder, Nilo-Saharan Institute
Bart Staes MEP (Belgium) Member, European Parliament Delegation for relations with the United States
Jan Tinetti MP (New Zealand) Deputy Chair, Parliamentary Committee on Education and Workforce.
Mirko Tomassoni MP (San Marino),Captain Regent (Head of State),Head of Delegation to the Inter-Parliamentary Union
Erkki Tuomioja MP (Finland), Social-Democratic Party
Mara Valentini MP (San Marino),Member, San Marino delegation to the Inter-Parliamentary Union
Bodil Valero MEP (Sweden)
Member, EP Subcommittee on Security and Defence
Member, EP Committee on Civil Liberties, Justice and Home Affairs
Kathleen Van Brempt MEP (Belgium)
Member, EP Intergroup on Extreme Poverty and Human Rights Former Minister for Mobility, Social Economy and Equal Opportunities in the Flemish Government
Louisa Wall MP (New Zealand)
Member Foreign Affairs, Defence and Trade Committee
Member, NZ Women’s Rugby World Cup Champions 1998
Baroness Walmsley (United Kingdom)
Co-Deputy Leader of the Liberal Democrat Peers
Julie Ward MEP (United Kingdom)
Member EP Committee on Culture and Education
Meka Whaitiri MP (New Zealand)
Member, Committee on Maori Affairs
Poto Williams MP (New Zealand)
Member, Economic Development, Science and Innovation Committee Assistant Speaker of Parliament
Uta Zapf (Germany)
Former Member of the Bundestag (German Parliament)
Former Chair, Bundestag Committee on Disarmament & Arms Control Inaugural Co-President of PNND
Gerhard Zickenheiner MdB (Germany)
Member of the Advisory Committee on Sustainable Development Bündnis 90/ Die Grünen

3.      Representatives of think-tanks and civil society organisations

Martin Almada (Paraguay)
Human Rights Campaigner
Right Livelihood Award Laureate 2002
Edy Korthals Altes (Netherlands)
Former Netherlands Ambassador Former President, Religions for Peace
Amplify (International)
Board members of Amplify
John Scales Avery (Denmark)
Chairman, Danish National Group of Pugwash Conferences on Science and World Affairs
Wolfgang Bierman (Germany)
Co-editor of transatlantic Appeal for Détente NOW!
Roland Blach (Germany)
Geschäftsführer, Deutsche Friedensgesellschaft -Vereinigte KriegsdienstgegnerInnen (DFG-VK)
(Secretary, German peace society – United War Resisters)
John Burroughs (USA)
Executive Director, Lawyers Committee on Nuclear Policy
Jackie Cabasso (USA)
North American Coordinator, Mayors for Peace
Jayantha Dhanapala (Sri Lanka)
Former UN Under-Secretary-General for Disarmament Affairs
Margaret Downs (United Kingdom)
Campaign for Nuclear Disarmament – Oxford
Sérgio Duarte (Brazil)
President of Pugwash Conferences on Science and World Affairs Former United Nations Under-Secretary-General for Disarmament
Carlos Villan Duran (Spain)
President, Spanish Society for International Human Rights Law
Edinburgh CND (United Kingdom)
Board Members of Edinburgh CND
Daniel Ellsberg (USA)
Right Livelihood Award Laureate 2006 Olof Palme Award 2018
Gareth Evans (Australia)
Former Foreign Minister of Australia; President Emeritus of International Crisis Group; Co-chair of Australia-Japan International Commission on Nuclear Non=Proliferation and Disarmament
Jean-Jacques Fasnacht MD (Switzerland)
President PSR/IPPNW Switzerland
Anwar Fazal (Malaysia)
Right Livelihood Award (1982)
Marc Finaud (France/Switzerland)
Senior Programme Advisor, Geneva Centre for Security Policy
Andreas Alexander Fosby (Norway)
President, Oslo Nei til Atomvåpen (No to Nuclear Weapons)
Mary-Ellen Francoeur (Canada)
Pax Christi Toronto
Emilie Gaillard (France)
Professor of environmental law at Sciences Po Rennes France
Board Member, International Association of Lawyers Against Nuclear Arms
Yira Marcela Godoy Ortega (Switzerland)
Founder and Director, Primavera de Paz/Printemps de Paix
Jonathan Granoff (USA)
President, Global Security Institute
John Hallam (Australia) Chair, Human Survival Project PNND Australia Coordinator
Co-convenor, Abolition 2000 working group on reducing nuclear risks
Regina Hagen (Germany)
Spokesperson, Abolition 2000 Germany
Marianne Hanson (Australia)
Associate Professor of International Relations, School of Political Science & International Studies, The University of Queensland
Bawa Jain (USA)
Secretary General, World Council of Religious Leaders
Enkhsaikhan Jargalsaikhan (Mongolia)
President, Blue Banner
Former Ambassador of Mongolia to the United Nations
Brian Jones (Wales)
Vice Chair, Campaign for Nuclear Disarmament Cymru
Claudio Knüsli MD (Switzerland)
Board Member PSR Schweiz, the Swiss affiliate of International Physicians for the Prevention of Nuclear War
Arailym Kubayeva (Germany)
Project Coordinator, Friedenswerksatt Mutlangen e.V. (Peace Workshop Mutlangen)
Dominique Lalanne (France)
Co-président Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance
David Lowry (United Kingdom)

Former director, European Proliferation Information Centre, London. Senior international Research Fellow, Institute for Resource and Security Studies, Cambridge, Massachusetts, USA

Luc Mampaey (Belgium)
Directeur, Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP)
Ramzy Mansour (Australia)

Member, International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN)

Peggy Mason (Canada)
President, the Rideau Institute
Former Disarmament Ambassador for Canada
Kevin Miletic (United Kingdom)
Project Manager, Strategic Concept for the Removal of Arms and Proliferation
Sean Morris (United Kingdom)
Secretary, UK Nuclear Free Local Authorities
Jean Paul Nanfack (Cameroon)
Executive Secretary, Africa Mayors for Peace and Development
Sarah Nash (USA)
IHM Sisters Justice, Peace and Sustainability Office
Bent Natvig (Norway)
Chairman, Norwegian Pugwash committee
Luisa Neubauer (Germany)
Youth Climate Campaigner, Fossil Fuel Free Germany
Andres Nidecker MD (Switzerland)
President of the Basel Peace Office
Board Member PSR Schweiz, the Swiss affiliate of International Physicians for the Prevention of Nuclear War
General Bernard Norlain ret. (France)
Vice-Président Initiatives pour le Désarmement Nucléaire
Richard Northey (New Zealand)
Representing the Waitemata Local Board, Auckland, New Zealand
Marzhan Nurzhan (Kazakhstan) Coordinator, Abolition 2000 Youth Network PNND Coordinator for CIS Countries
Pere Ortega (Spain)
Centre Delàs d’Estudis per la Pau
Frank Otto (Germany)
Ambassador of the World Future Council
Michele Di Paolantonio MD (Italy)
President, Associazione Italiana Medicina per la Prevenzione della Guerra Nucleare (IPPNW Italy)
Lorin Peters (USA)
Pax Christi Northern California
Physicians for Global Survival (Canada)
Board Members of PGS Canada
LeDayne McLeese Polaski (USA)
Executive Director, Bautistas por la Paz/Baptist Peace Fellowship of North America
Michel Prieur (France)
Président du Centre International de Droit Comparé de l’Environnement
Guy Quinlan (USA)
All Souls Nuclear Disarmament Task Force
Tony Rinaudo (Australia)
Senior Adviser Food Security and Climate Change, World. Vision Right Livelihood Award Laureate 2018
Tom Sauer (Belgium)
Professor International Politics, University of Antwerp Member BoG Pax Christi Flanders
Member, Pugwash Conferences on Science and World Affairs
Wolfgang Schlupp-Hauck (Germany)
Campaign Officer, Campaign atomwaffenfrei.jetzt
Jennifer Allen Simons (Canada)
Founder and President, The Simons Foundation
Catharina van Staveren (Netherlands)
Ambassador, International Cities of Peace
Heinz Stockinger (Austria)
Nuclear-Free Future Award laureate 2011
Chair, PLAGE- The Independent Salzburg Platform Against Nuclear Hazards
Tim Street (United Kingdom)
Associate Fellow, Sustainable Security Programme of the Oxford Research Group
Aaron Tovish (Mexico)
Executive Director, Zone Libre
Carlo Trezza (Italy)
Chair, Italian Section of the European Leadership Network Former Italy Ambassador for Disarmament and Non-Proliferation
Hiromichi Umebayashi (Japan)
PNND East Asia Coordinator, Special Advisor, Peace Depot
Kenji Urata (Japan)
Vice President, IALANA
Professor Emeritus, Waseda University

Achin Vanaik, Sukla Sen, N.D. Jayprakash, Lalita Ramdas and Anil Chaudhary (India)

Coalition for Nuclear Disarmament and Peace
Václav Vítovec  (Czech Republic)
President of the Iron Curtain Foundation
Founder of the ATOM Museum (former Soviet nuclear weapons depot)
Alexandra Wandel (Germany)
Executive Director, World Future Council -Voice of Future Generations
Alyn Ware (Czech Republic)
PNND Global Coordinator
Right Livelihood Award Laureate 2009
Elizabeth Waterston (United Kingdom)
Coordinator, Medact Nuclear Weapons Group
Jean Pascal Zanders (Belgium)
Director, The Trench
Angie Zelter (United Kingdom)
Reforest the Earth, UK
Right Livelihood Award Laureate 2001

dimanche 30 décembre 2018

III/III - Rétrospective 2018 : et si la paix et le multilatéralisme étaient au coeur de 2019 ?

Est-ce que des volontés politiques plus fortes émergeront en 2019 ? Personne ne peut le prédire mais au niveau mondial, il est clair qu'une majorité de pays, essentiellement non-alignés, modérés, puissances moyennes, est inquiète des durcissements des rapports internationaux, des positions "moi, d'abord" des États-Unis et aussi de la Russie. Cela explique sans doute que l'Assemblée générale des Nations unies ait voté fin 2017 et fin 2018 des résolutions convergentes. La première proclame 2019 "Année internationale de la modération" dans le but de faire mieux entendre les voix des modérés par la promotion du dialogue, de la tolérance, de la compréhension et de la coopération. Cette résolution sur la modération a été adoptée malgré l’opposition des États-Unis et d’Israël, ce qui doit faire réfléchir. Deux journées internationales nouvelles ont été crées.  La première décision, adoptée sans vote, proclame le 16 mai « Journée internationale du vivre-ensemble en paix » comme moyen de mobiliser régulièrement les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix, de la tolérance, de l’inclusion, de la compréhension et de la solidarité.
La seconde décision, prise en décembre dernier par l’Assemblée générale, proclame le 24 avril « Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix ». Cette résolution a été la seule de la séance à avoir été mise aux voix, à la demande des États-Unis. Le texte a été adoptée par 144 voix pour et l’opposition des États-Unis et d’Israël.
Enfin, la décennie qui s'ouvre, 2019-2029, sera labellisée "Décennie Nelson Mandela pour la paix".
Journées ou année internationale, d'aucuns ricaneront sur l'inefficacité de ces décisions, sans voir qu'elles manifestent des évolutions d'idées positives qui cheminent de manière parfois peu visible mais bien réelle. Elles vont être utiles notamment au plan local, régional ou national à des dizaines ou centaines d'initiatives petites ou grandes en faveur de la paix, du vivre ensemble, de valorisation de la diplomatie sur la force, permettant ainsi un travail très important d'éducation populaire d'associations et d'individus en faveur du refus de la violence dans les relations internationales.
Ces réflexions sur le vivre ensemble international, sur le multilatéralisme, ne peuvent pas être déconnectées pour les Européens d'échéances très concrètes. Il y aura, bien sûr, le 9 novembre, le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin qui obligera à continuer le travail de réflexion sur l'échec de l'expérience politique des pays dits communistes, sur la coupure persistante entre deux parties de l'Europe sur un nombre important de problèmes de société. Mais le débat sur l'avenir de l'Europe s'ouvrira bien avant avec la campagne électorale des élections européennes qui auront lieu du 23 au 26 mai. La crise économique, les promesses démagogiques et populistes ont accentué des tendances centrifuges dabs l'Union européenne. En France, le débat sera vif entre "européistes béats" et partisans de la sortie de l'Union ou réformateurs des politiques européennes actuelles sans forcément sortir des traités. Nous y reviendrons en gardant à l'esprit qu'une des leçons principales des deux Guerres mondiales a été de comprendre que leur naissance vient de la division et de l'affrontement des puissances européennes entre elles...
Dans ce débat européen, la question de l'engagement plus fort de l'Europe au service de la paix et de la démilitarisation des relations internationales doit plus émerger. L'Union européenne ne tient pas suffisamment sa place dans l'action politique pour l'interdiction des armes nucléaires, le contrôle beaucoup plus drastique des ventes d'armes, la reconnaissance universelle de la Palestine comme état souverain. Nous sommes à l'heure des voeux. Permettez-moi, en ces dernières journées de 2018, de rêver de pétitions sur ces trois sujets qui rassemblent elles-aussi 2 voire 3 millions de signatures...
Le 30 décembre 2018

II/III - Rétrospective 2018 : paix, développement durable ensemble

2018 a été une année de contrastes, de reculs et d'avancées, illustrant combien l'action des citoyens et citoyennes, des opinions publiques est primordiale aujourd'hui pour faire progresser les solutions aux problèmes de notre planète, qui ne peuvent plus reposer sur la seule action des États. Avec opiniâtreté, l'action pour faire ratifier le traité d'interdiction des armes nucléaires s'est poursuivie : à ce jour, 69 pays l'ont signé et 19 l'ont ratifié sur les 50 signatures nécessaires. Les huit rassemblements organisés en France le 14 octobre sur les sites nucléaires militaires ont eu un succès limité mais ont montré qu'il fallait agir partout pour exiger que la France signe ce traité et prenne des initiatives pour le faire soutenir.
Faire s'exprimer l'opinion publique à des niveaux inédits, c'est ce qu'ont décidé les quatre ONG (Notre affaire à tous, la Fondation pour la Nature et l'Homme (ex-fondation Nicolas Hulot), Greenpeace France et Oxfam) dont la pétition qui vise à soutenir un recours contre l'État français en justice pour qu'il «respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits» va bientôt franchir le cap des 2 millions de soutiens, obtenus en moins de deux semaines.
Agir ensemble dans le cadre de la maison commune des terriens, l'Organisation des Nations unies, est une des leçons, une nouvelle fois, de l'année 2018. Sans l'existence des Nations unies, la difficile question des migrations n'aurait pas pu être abordée de façon sereine et équilibrée comme cela a été fait en décembre à Marrakech. L'Assemblée générale de l’ONU a ainsi ratifié à une très forte majorité le pacte de Marrakech pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Cinq pays seulement ont voté contre : États-Unis, Hongrie, République tchèque, Pologne et Israël. Certes, ce texte n’est pas contraignant. Néanmoins, tout en reconnaissant la souveraineté nationale, il recense une série de principes, comme la défense des droits humains et celle des enfants. Il prône aussi l’interdiction des détentions arbitraires, n’autorisant les arrestations qu’en dernier recours. Plus de 60 000 migrants clandestins sont morts depuis 2000 lors de leur périple, selon l’ONU. En même temps, voyons que 15 % seulement des migrants vivent dans des pays développés. 85% d'entre eux sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays ou dans un autre pays en développement.
Résoudre les conflits existants mais aussi faire des progrès dans les objectifs de développement durable promus par les Nations unies, est plus que jamais un immense défi politique pour asseoir des solutions de paix sur des consensus sociaux.
Les taux d’extrême pauvreté ont été réduits de plus de moitié depuis l’an 2000, une réalisation remarquable, certes, mais une personne sur dix dans les régions en développement vit encore avec moins de 1,90 dollar par jour et des millions d’autres ne gagnent guère plus. Des progrès significatifs ont été enregistrés dans de nombreux pays d’Asie de l’est et du sud-est, mais jusqu’à 42% de la population subsaharienne continue de vivre sous le seuil de pauvreté (statistiques de la Banque mondiale). Alors que le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé dans son ensemble, la proportion des décès est en augmentation en Afrique subsaharienne et en Asie du sud. Quatre décès sur cinq d’enfants ayant moins de 5 ans ont lieu dans ces régions.
En même temps, alors qu'il faut intensifier les financements publics et privés pour atteindre ces objectifs de développement durable d'ici 2030, l’aide publique au développement s’est établie à 146,6 milliards de dollars en 2017, en baisse de 0,6% par rapport à 2016 en termes réels.
Le bilan de l'année 2018 montre clairement que partout, où il y a volonté politique accompagnée de moyens, des résultats positifs significatifs sont obtenus sur la voie de la construction d'un monde vivable, durable et pacifié. C'est un formidable encouragement à agir dans ce monde que l'on présente trop souvent écrasé par le poids des fatalités, des puissances financières ou économiques. Le fameux "YES, WE CAN" révèle encore une fois toute sa potentialité humaine ! (à suivre : III/III - Rétrospective 2018 : et si la paix et le multilatéralisme étaient au coeur de 2019 ?)