La situation grave dans plusieurs points du monde et notamment à Gaza laisse dans l'ombre certaines autres informations qu'il est bon de connaître aussi. En voici un échantillonnage pour novembre :
1/ La Chine semble pouvoir déployer d’ici 2 ans des missiles nucléaires à bord de ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, indique le brouillon d’un rapport rédigé pour le Congrès américain, par la US-China Economic and Security Review Commission. Pendant longtemps, la Chine a eu une capacité sous-marine largement symbolique. Mais elle est maintenant sur le point de disposer d’une dissuasion nucléaire en mer presque continue. En septembre dernier, la Chine a lancé son premier porte-avions, acheté à l’Ukraine puis remis en état.
Même si la Chine a beaucoup augmenté ses dépenses militaires lors des dernières années, ces annonces montrent en même temps qu'elle avait un retard important sur les quatre autres puissances nucléaires en terme de "palette" d'armements.
2/ Une conférence internationale « L'arme nucléaire et la sécurité internationale au XXIème siècle » a été organisée à Moscou le 9 novembre dernier. Il y a été relevé que la menace nucléaire subit aujourd'hui des transformations : le risque du recours à l'arme nucléaire dans un conflit local devenant plus tangible. Au fur et à mesure que le nombre de pays développant des études nucléaires continue de croître, l'arme nucléaire est considérée souvent comme l'unique garantie d'indépendance dans un conflit contre une grande puissance.
De plus, il faut maintenant prendre en considération le risque du terrorisme nucléaire. La création d'une charge nucléaire dans une entreprise privée n'est plus du domaine de la science-fiction. Surtout si l'on tient compte du fait qu'il y a suffisamment de sources d'uranium de qualité militaire pour que ce risque soit pris au sérieux.
Richard Burt, animateur du projet Global Zero a rappelé à cette Conférence, que les efforts conjoints pour garantir la sauvegarde de la paix mondiale doivent aller de pair avec l'abandon de la dissuasion nucléaire en tant que fondement de l'équilibre des forces. En la matière, la Russie et les Etats-Unis doivent servir d'exemple aux autres pays.
3/ Le chef de l'Agence Internationale pour l'Énergie Atomique (AEIA), Yukiya Amano a déclaré le 11 novembre que les autorités iraniennes ont commencé à détruire la base militaire de Parchin, où selon les représentants des pays occidentaux auraient pu être réalisés les recherches et la fabrication d'armes nucléaires,
En mars de cette année, l'Iran a promis de permettre aux observateurs de l'AIEA d'accéder à la base de Parchin, qui se situe à 30 kms de Téhéran, mais cette promesse n'a jamais été tenue. Une activité industrielle a été enregistrée dans cette zone en août. Selon le rapport de l'AIEA, les experts iraniens auraient détruit les bâtiments et recouvert la zone de terre pour masquer les traces des tests nucléaires. Comme Parchin était le principal site soupçonné de servir à des développements nucléaires éventuellement non-pacifiques, cela est plutôt une bonne nouvelle
4/ L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à Genève, Mgr Silvano M. Tomasi , a réaffirmé le 13 novembre dernier, a déploré que « Dans les conflits récents et actuels, les populations civiles n’étaient pas protégées et le droit international humanitaire était tout simplement un ensemble de règles non respectées ». Pour le Saint-Siège : « Notre lecture des dispositions des instruments de désarmement en général, (...), , est basée sur une approche humanitaire où la personne humaine est au centre de l'attention et l'objet de la protection ».
Rappelons que c'est sur cette approche par le droit humanitaire que l'organisation ICAN (Campagne internationale pour l'interdiction de l'arme nucléaire) base sa nouvelle campagne pour un Traité d'interdiction des armes nucléaires. Une Conférence internationale aura lieu à Oslo en mars prochain.
5/ Vers un report des discussions sur un Proche-Orient dénucléarisé ?
Les discussions prévues au mois de décembre sur l'établissement d'une zone dénucléarisée au Proche-orient pourraient être reportées, selon des sources diplomatiques rapportées par la presse. Aucune décision formelle, de retarder la Conférence sur la création d'une zone exempte d'armes nucléaires et de toutes autres armes de destruction massive prévue à la mi-décembre, n'a été annoncée, mais des responsables onusiens ont déclaré que les discussions pourraient ne pas avoir lieu avant 2013.
La tenue en 2012 d'une telle conférence avait été décidée en mai 2010 par 189 États signataires du Traité sur la non-prolifération des armes-nucléaires (TNP).
6/ Mercredi 7 novembre à New York, au lendemain de la réélection de Barack Obama, 157 gouvernements siégeant à la Première Commission de l'Assemblée nationale des Nations unies ont voté en faveur d'une finalisation du traité sur le commerce des armes (TCA) par l’organisation d’une nouvelle conférence diplomatique en mars 2013. Ce serait une bonne nouvelle si la Russie ne s'était pas abstenue : son opposition alors qu'elle est le deuxième exportateur mondial d’armes, pourrait conduire à un nouvel échec des négociations en mars prochain d'autant plus que c'est la règle du consensus et non de la majorité qualifiée qui a été retenue sur pression des USA. Cette conférence finale des Nations unies pour le traité sur le commerce des armes se tiendra à New York du 18 au 28 mars 2013. Mais si le texte du traité n'est pas adopté à ce moment-là, il sera probablement proposé par une large majorité de pays pour une adoption par vote de l'Assemblée générale des Nations unies. Une fois adopté, le traité devrait entrer en vigueur après ratification par 65 États.
Ce blog est dédié aux problématiques de la paix et du désarmement, des institutions internationales (ONU, OTAN), à la promotion d'une culture de la paix. Textes sous license Creative Commons by-nc-sa
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mercredi 21 novembre 2012
jeudi 3 mai 2012
Vienne 2012 : la parole des ONGs (4)
Après l'interruption de la journée du 1er mai, la séance générale de la 1ère session préparatoire du TNP, à Vienne, s'est déroulée par la suite des interventions des pays non-nucléaires. De ce fait, le sentiment dominant de ces interventions était la frustration de ces délégations devant le piétinement des discussions sur le désarmement nucléaire des grandes puissances. L'Iran s'est placé dans le rôle du vertueux sur ce plan sans vraiment convaincre, bien que son représentant ait gardé le positionnement plus coopératif adopté lors de la rencontre à Instanbul en avril avec les représentants des six pays du groupe de contact sur son programme nucléaire civil.
L'illustration de l'impatience non-nucléaire est illustrée par la déclaration commune publiée par 16 pays qui reviennent sur les dimensions humanitaires de l'usage éventuel d'armes nucléaires telles que l'ont exposées notamment la Croix-rouge internationale et le Croissant rouge.
Ils rappellent que "l'utilité de ces armes de destruction massive face aux défis de sécurité traditionnels est contestée par de nombreux États aussi bien que par des experts de la société civile". Ils rappellent que ces armes ne doivent jamais être utilisées et que la seule garantie en est leur "élimination totale, irréversible et vérifiable".
Ils souhaitent que cette dimension humanitaire des conséquences de l'usage des armes nucléaires, de leur non-conformité au droit international humanitaire soit examinés plus précisément lors de cette conférence et lors des décisions de la future Conférence d'examen de 2015. Les mêmes préoccupations ont été exprimées l'après-midi lors des exposés faits par les représentants des ONG aux diplomates. Le maire de Nagasaki M. Tomihisa Taue, et un hibakusha ont rappelé la souffrance des victimes des bombardements de 1945. Les représentants du réseau ICAN (voir articles précédents) ont exposé la volonté de la société civile de voir avancer les négociations sur un traité, une Convention sur l'abolition complète des armes nucléaires.
Dans cette même journée, lors d'une conférence parallèle organisée par Abolition 2000 Europe, l'ancien ministre de la Défense français, Paul Quilès, a fait une intervention remarquée, en déclarant que dans le monde d'aujourd'hui, il fallait que "l'élimination des armes nucléaires soit le fer de lance d'un nouveau concept de sécurité internationale". C'est la raison pour laquelle il s'associe aux efforts des réseau Global Zero et des Maires pour la paix. Paul Quilès a présenté un ensemble de onze propositions d'actions que la France pourrait initier pour relancer le processus d'élimination des armes nucléaires. Ces propostions soit très concrètes, soit plus symboliques, inspireront, espérons-le, le nouveau Président de la République française qui sortira des urnes ce dimanche...
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jeudi 10 novembre 2011
Armes nucléaires : garder la tête froide.
Le dernier rapport de l'A.I.E.A sur les activité nucléaires de l'Iran donne lieu à des lectures et des déclarations toutes plus alarmistes les unes que les autres : Alain Juppé fait le matamore : «la France est prête avec ceux qui le voudront à aller beaucoup plus loin dans des sanctions qui doivent être renforcées pour faire plier l'Iran». Les États-Unis, plus prudents, envisagent d' «examiner les moyens d'imposer une pression supplémentaire à l'Iran» en promettant «toute une gamme de possibilités». Israël fait monter la pression en évoquant, notamment par la voix de Shimon Peres, une possible frappe préventive des installations nucléaires d'Iran. Russie et Chine sont, elles, très réticences, voire opposées, à une aggravation des sanctions contre l'Iran.
Que dit exactement ce rapport ? Celui-ci déclare que l'Iran a mené jusqu'en 2003 des travaux orientés sur la mise au point d'une arme nucléaire, et l'AIEA, sur la base de documents fournis par les services de renseignements occidentaux, redoute que l'activité liée au développement d'une arme nucléaire ne se poursuive actuellement. Il y a donc deux questions : la reconnaissance d'activités illégales de l'Iran jusqu'en 2003 qui semble assez sûre et la poursuite ou non d'activités similaires ensuite, sur laquelle les preuves semblent manquer (voir les informations supplémentaires et l'excellente analyse faite par J-Marie Collin sur son blog http://alternatives-economiques.fr/blogs/collin/).
La situation iranienne inspire deux réflexions : venant après le battage médiatique sur la crise financière mondiale, les menaces sur l'éclatement de l'Europe, on assiste à une nouvelle présentation par les "leaders du monde", reprise par les grands médias, très noire et "catastrophiste" de la situation du monde. Elle aboutit à justifier les mesures de rigueur sociale extrêmes dans le premier cas, une intervention militaire aventuriste contre l'Iran dans le deuxième cas. Or, dans les deux cas, des alternatives politiques crédibles existent : aux militants d'un "autre monde" de ne pas tomber dans le piège de cette vision alarmiste de l'évolution du monde, s'ils veulent pouvoir faire progresser des idées transformatrices nouvelles !
La deuxième réflexion concernant l'Iran est qu'une solution politique est la seule possible : elle passe par deux éléments. Il faut renforcer la crédibilité des Traités existants pour exiger qu'ils soient respectés par tous : c'est le cas du TNP (Traité de non-prolifération nucléaire) et donc, les puissances nucléaires "dotées" doivent donner des preuves elles-aussi de leur respect de leurs obligations vis a vis de l'article VI, concernant le désarmement nucléaire. Elles ne le font pas suffisamment : cela conforte les pays "tricheurs" ou tout simplement, inquiets pour leur puissance régionale comme l'Iran, et qui sont tentés par le fameux "pouvoir égalisateur de l'atome".
C'est cet enjeu qu'a souligné le général Norlain, dans une tribune libre dans le journal Le Monde du 29 octobre : " dans un monde ouvert où l'apparition de nouveaux acteurs stratégiques rend les règles du jeu plus complexes et fugaces, l'arme nucléaire, après avoir joué un rôle de stabilité, devient une source d'instabilité destructrice pour la planète". C'est ce constat qui l'amène à dire "qu'il n'y a pas d'autre solution que d'éliminer ces armes. Toutes les négociations sur la diminution, sur le déploiement et la mise en alerte de ces armes sont nécessaires, mais elles ne seront effectives que dans la perspective d'un objectif d'élimination complète".
Faire respecter un traité existant comme le TNP (et discuter sérieusement avec l'Iran) sur ce sujet doit donc s'accompagner d'initiatives politiques fortes pour faire démarrer et aboutir des négociations sur un nouveau traité : une Convention d'abolition des armes nucléaires, dont un projet existe déjà et est soutenu par plus de 110 pays à l'Assemblée générale de l'ONU.
Il faut opérer une véritable révolution copernicienne, montrer que "Aujourd’hui, l’existence même des armes nucléaires, couplée au risque de prolifération et de terrorisme nucléaire, constitue paradoxalement la plus grande menace à notre sécurité". Ce constat n'est pas fait par des pacifistes invétérés mais par des personnalités franco-britanniques (Hugh Beach, général , ancien commandant en chef des forces terrestres, Royaume-Uni ; Margaret Beckett, ancienne secrétaire aux Affaires étrangères, Royaume-Uni ; Bernard Norlain, général, ancien commandant de la force aérienne de combat, France ; Paul Quilès, ancien ministre de la Défense, France ; Michel Rocard, ancien Premier Ministre, France ; David Ramsbotham, général , Royaume-Uni) dans le journal La Croix de ce 9 novembre en s'adressant aux jeunes anti-nucléaires du forum Global Zero.
Ils pointent deux grands défis : "Faire évoluer les mentalités est un devoir stratégique et moral commun(...)" et construire "un monde dans lequel la promotion du désarmement nucléaire confère plus de pouvoir politique et de prestige que la possession d’arsenaux surdimensionnés, dangereux et coûteux".
Ces informations dans leur diversité et leurs contradictions ne montrent-elles pas que, si nous vivons dans un monde dangereux, nous vivons aussi dans un monde de possibles enthousiasmants ?
Que dit exactement ce rapport ? Celui-ci déclare que l'Iran a mené jusqu'en 2003 des travaux orientés sur la mise au point d'une arme nucléaire, et l'AIEA, sur la base de documents fournis par les services de renseignements occidentaux, redoute que l'activité liée au développement d'une arme nucléaire ne se poursuive actuellement. Il y a donc deux questions : la reconnaissance d'activités illégales de l'Iran jusqu'en 2003 qui semble assez sûre et la poursuite ou non d'activités similaires ensuite, sur laquelle les preuves semblent manquer (voir les informations supplémentaires et l'excellente analyse faite par J-Marie Collin sur son blog http://alternatives-economiques.fr/blogs/collin/).
La situation iranienne inspire deux réflexions : venant après le battage médiatique sur la crise financière mondiale, les menaces sur l'éclatement de l'Europe, on assiste à une nouvelle présentation par les "leaders du monde", reprise par les grands médias, très noire et "catastrophiste" de la situation du monde. Elle aboutit à justifier les mesures de rigueur sociale extrêmes dans le premier cas, une intervention militaire aventuriste contre l'Iran dans le deuxième cas. Or, dans les deux cas, des alternatives politiques crédibles existent : aux militants d'un "autre monde" de ne pas tomber dans le piège de cette vision alarmiste de l'évolution du monde, s'ils veulent pouvoir faire progresser des idées transformatrices nouvelles !
La deuxième réflexion concernant l'Iran est qu'une solution politique est la seule possible : elle passe par deux éléments. Il faut renforcer la crédibilité des Traités existants pour exiger qu'ils soient respectés par tous : c'est le cas du TNP (Traité de non-prolifération nucléaire) et donc, les puissances nucléaires "dotées" doivent donner des preuves elles-aussi de leur respect de leurs obligations vis a vis de l'article VI, concernant le désarmement nucléaire. Elles ne le font pas suffisamment : cela conforte les pays "tricheurs" ou tout simplement, inquiets pour leur puissance régionale comme l'Iran, et qui sont tentés par le fameux "pouvoir égalisateur de l'atome".
C'est cet enjeu qu'a souligné le général Norlain, dans une tribune libre dans le journal Le Monde du 29 octobre : " dans un monde ouvert où l'apparition de nouveaux acteurs stratégiques rend les règles du jeu plus complexes et fugaces, l'arme nucléaire, après avoir joué un rôle de stabilité, devient une source d'instabilité destructrice pour la planète". C'est ce constat qui l'amène à dire "qu'il n'y a pas d'autre solution que d'éliminer ces armes. Toutes les négociations sur la diminution, sur le déploiement et la mise en alerte de ces armes sont nécessaires, mais elles ne seront effectives que dans la perspective d'un objectif d'élimination complète".
Faire respecter un traité existant comme le TNP (et discuter sérieusement avec l'Iran) sur ce sujet doit donc s'accompagner d'initiatives politiques fortes pour faire démarrer et aboutir des négociations sur un nouveau traité : une Convention d'abolition des armes nucléaires, dont un projet existe déjà et est soutenu par plus de 110 pays à l'Assemblée générale de l'ONU.
Il faut opérer une véritable révolution copernicienne, montrer que "Aujourd’hui, l’existence même des armes nucléaires, couplée au risque de prolifération et de terrorisme nucléaire, constitue paradoxalement la plus grande menace à notre sécurité". Ce constat n'est pas fait par des pacifistes invétérés mais par des personnalités franco-britanniques (Hugh Beach, général , ancien commandant en chef des forces terrestres, Royaume-Uni ; Margaret Beckett, ancienne secrétaire aux Affaires étrangères, Royaume-Uni ; Bernard Norlain, général, ancien commandant de la force aérienne de combat, France ; Paul Quilès, ancien ministre de la Défense, France ; Michel Rocard, ancien Premier Ministre, France ; David Ramsbotham, général , Royaume-Uni) dans le journal La Croix de ce 9 novembre en s'adressant aux jeunes anti-nucléaires du forum Global Zero.
Ils pointent deux grands défis : "Faire évoluer les mentalités est un devoir stratégique et moral commun(...)" et construire "un monde dans lequel la promotion du désarmement nucléaire confère plus de pouvoir politique et de prestige que la possession d’arsenaux surdimensionnés, dangereux et coûteux".
Ces informations dans leur diversité et leurs contradictions ne montrent-elles pas que, si nous vivons dans un monde dangereux, nous vivons aussi dans un monde de possibles enthousiasmants ?
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mardi 16 août 2011
ACTUALITÉ DE L'ÉTÉ (1) : le désarmement en demi-teintes..
L'été 2011 ne laissera pas un grand souvenir dans les mémoires des partisans du désarmement nucléaire.
Fin juin à Paris, les représentants des cinq puissances nucléaires "officielles", les "P5", ont tenu une première réunion sur le suivi de la Conférence d’examen du TNP de 2010 afin de se concerter sur les progrès de mise en œuvre de leurs engagements. Rien de nouveau dans les discours et proclamations, la main sur le coeur, de leur volonté d'oeuvrer au désarmement, de travailler sur les questions de transparence et de confiance mutuelle, y compris sur la doctrine et les capacités nucléaires, ainsi que sur les questions de vérification. Seul (?) élément positif, les membres du P5 se sont félicités des mesures prises par les États-Unis, la Russie et le Royaume-Uni en vue de la tenue en 2012 d’une conférence sur la création d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient.
La même frustration se dégage des deux jours de discussions fin juillet à l'Assemblée générale des Nations unies sur le suivi de la réunion qui avait eu lieu 24 septembre 2010, pour essayer de revitaliser les travaux de la Conférence du désarmement de Genève et faire avancer les négociations multilaterales sur le désarmement. Les délégués présents n'ont pu que constater la poursuite de l'enlisement de cette conférence à Genève et n'ont pu parvenir à un consensus sur les moyens d'y remédier. À noter que certains États ont demandé à l’Assemblée générale d’assumer ses responsabilités et de convoquer une quatrième session extraordinaire sur le désarmement nucléaire.
Les nouvelles les plus positives viennent de la société civile. Fin juin, alors qu'à Paris se réunissaient les "P5", à Londres, c'est "Global Zéro", un lobby pour l'abolition des armes nucléaires lancé à Paris en décembre 2008, qui organisait son troisième sommet mondial. Celui-ci est composé non de pacifistes mais d'anciens diplomates ou experts de haut niveau du nucléaire militaire qui estiment qu'aujourd'hui nous approchons d'un seuil critique. pour eux, le risque d'utilisation de l'arme nucléaire est triple : une attaque lancée par une puissance nucléaire : la menace n'est plus mondiale mais régionale, avec pour points de fixation le Cachemire, le Moyen-Orient et la péninsule coréenne ; la menace terroriste : face à un acteur non-étatique, la dissuasion perd tout son sens ; un accident : la probabilité d'une erreur dans la manipulation des têtes nucléaires est loin d'être négligeable. Pour ces experts, la seule solution est l'élimination complète. Tous les pays nucléaires avaient envoyé des observateurs. Du côté des États, si le Président Obama fait toujours du volontarisme politique, les observateurs notent que la France, elle, traîne les pieds.
Des experts de Global Zéro ont donné des chiffres sur le coût des armes nucléaires. Pour la France, l'argent dépensé chaque année pour UNE seule arme nucléaire permettrait de financer : 150 nouveaux instituteurs, 130 000 consultations chez un médecin généraliste, 70 nouvelles éoliennes, 50 nouvelles entreprises innovantes, 500 familles prises en charge par le RSA.
Toujours du côté de la société civile, l'été a été marqué par des déclarations très fermes du nouvel Observateur permanent du Saint-Siège (le Vatican) aux Nations unies, Mgr Francis Chullikatt, nonce apostolique. Pour lui, "la plus dangereuse de toutes les idées héritées de la Guerre froide est la conviction que la dissuasion nucléaire est essentielle à la sécurité d'une nation. Le maintien de la dissuasion nucléaire au 21ème siècle ne sera pas une aide mais un obstacle à la paix et au désarmement nucléaire authentique".
Encore du côté de la société civile, il faut noter que le réseau ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires) organise pour la première fois une Rencontre internationale de trois jours à Genève, du 17 au 19 septembre, pour construire une nouvelle étape dans son déploiement mondial.
Autre nouvelle (peut-être) positive, selon le quotidien japonais Asahi Shimbun, le gouvernement américain envisage de retirer toutes les armes nucléaires tactiques et de courte portée déployées en Europe depuis la guerre froide. Des discussions approfondies devraient débuter dans les prochains mois avec l'OTAN et se conclure avant le sommet de l'Otan à Chicago en mai 2012, a précisé le quotidien, citant un haut responsable américain chargé du désarmement nucléaire. À suivre...
Sur le plan du désarmement conventionnel, le mois de juillet (11 au 15 à New-York) a été marqué par la tenue de la troisième session du comité préparatoire à la Conférence des Nations unies sur le traité sur le commerce des armes. Cette session visait à préparer les réunions de l'année 2012 qui sera marquée, sans doute en juin-juillet, par la tenue d'une Conférence sur un Traité relatif au commerce des armes (TCA). L’objet de la négociation est de proposer un cadre juridique international contraignant destiné à encadrer les échanges et transferts internationaux d’armes classiques (c'est-à-dire les armes qui ne sont pas biologiques, chimiques, et nucléaires).
À cette session, le Président de la session, l'argentin, R.G. Moritan a déposé un brouillon de texte, qui dépasse le simple relevé des diverses positions, mais les met en cohérence et représentera une sorte d'ossature des grandes lignes d'un futur Traité. Un certain nombre de pays, dont la France qui occupe la vice-présidence du Comité préparatoire, ont réservé un bon accueil à ce texte. D'autres pays, dont les États-Unis, se sont montrés très réticents voire hostiles. Les diplomates ont un an pour préparer la Conférence ainsi que les ONG qui vont déployer un lobbying intense.
À noter que le représentant du Saint-Siège, très actif décidément en juillet, s'est également exprimé sur la question et a fait part de l’urgence de la mise en place d’un « instrument légal fort, crédible, efficace et concret pour augmenter la transparence dans le commerce des armes ». Le principal objectif d’un Traité sur le commerce des armes – a-t-il conclu – « doit être celui de sauvegarder la vie humaine et de construire un monde plus respectueux de la dignité humaine, et pas seulement de réglementer le trafic illicite d’armes ». « Agir de manière responsable signifie promouvoir une vraie culture de paix et de vie ».
Le processus de négociation sur ce Traité délicat continue donc son cours, ce qui est un élément encourageant dans ce panorama estival du désarmement, en demi-teintes comme l'a été la météo !
Fin juin à Paris, les représentants des cinq puissances nucléaires "officielles", les "P5", ont tenu une première réunion sur le suivi de la Conférence d’examen du TNP de 2010 afin de se concerter sur les progrès de mise en œuvre de leurs engagements. Rien de nouveau dans les discours et proclamations, la main sur le coeur, de leur volonté d'oeuvrer au désarmement, de travailler sur les questions de transparence et de confiance mutuelle, y compris sur la doctrine et les capacités nucléaires, ainsi que sur les questions de vérification. Seul (?) élément positif, les membres du P5 se sont félicités des mesures prises par les États-Unis, la Russie et le Royaume-Uni en vue de la tenue en 2012 d’une conférence sur la création d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient.
La même frustration se dégage des deux jours de discussions fin juillet à l'Assemblée générale des Nations unies sur le suivi de la réunion qui avait eu lieu 24 septembre 2010, pour essayer de revitaliser les travaux de la Conférence du désarmement de Genève et faire avancer les négociations multilaterales sur le désarmement. Les délégués présents n'ont pu que constater la poursuite de l'enlisement de cette conférence à Genève et n'ont pu parvenir à un consensus sur les moyens d'y remédier. À noter que certains États ont demandé à l’Assemblée générale d’assumer ses responsabilités et de convoquer une quatrième session extraordinaire sur le désarmement nucléaire.
Les nouvelles les plus positives viennent de la société civile. Fin juin, alors qu'à Paris se réunissaient les "P5", à Londres, c'est "Global Zéro", un lobby pour l'abolition des armes nucléaires lancé à Paris en décembre 2008, qui organisait son troisième sommet mondial. Celui-ci est composé non de pacifistes mais d'anciens diplomates ou experts de haut niveau du nucléaire militaire qui estiment qu'aujourd'hui nous approchons d'un seuil critique. pour eux, le risque d'utilisation de l'arme nucléaire est triple : une attaque lancée par une puissance nucléaire : la menace n'est plus mondiale mais régionale, avec pour points de fixation le Cachemire, le Moyen-Orient et la péninsule coréenne ; la menace terroriste : face à un acteur non-étatique, la dissuasion perd tout son sens ; un accident : la probabilité d'une erreur dans la manipulation des têtes nucléaires est loin d'être négligeable. Pour ces experts, la seule solution est l'élimination complète. Tous les pays nucléaires avaient envoyé des observateurs. Du côté des États, si le Président Obama fait toujours du volontarisme politique, les observateurs notent que la France, elle, traîne les pieds.
Des experts de Global Zéro ont donné des chiffres sur le coût des armes nucléaires. Pour la France, l'argent dépensé chaque année pour UNE seule arme nucléaire permettrait de financer : 150 nouveaux instituteurs, 130 000 consultations chez un médecin généraliste, 70 nouvelles éoliennes, 50 nouvelles entreprises innovantes, 500 familles prises en charge par le RSA.
Toujours du côté de la société civile, l'été a été marqué par des déclarations très fermes du nouvel Observateur permanent du Saint-Siège (le Vatican) aux Nations unies, Mgr Francis Chullikatt, nonce apostolique. Pour lui, "la plus dangereuse de toutes les idées héritées de la Guerre froide est la conviction que la dissuasion nucléaire est essentielle à la sécurité d'une nation. Le maintien de la dissuasion nucléaire au 21ème siècle ne sera pas une aide mais un obstacle à la paix et au désarmement nucléaire authentique".
Encore du côté de la société civile, il faut noter que le réseau ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires) organise pour la première fois une Rencontre internationale de trois jours à Genève, du 17 au 19 septembre, pour construire une nouvelle étape dans son déploiement mondial.
Autre nouvelle (peut-être) positive, selon le quotidien japonais Asahi Shimbun, le gouvernement américain envisage de retirer toutes les armes nucléaires tactiques et de courte portée déployées en Europe depuis la guerre froide. Des discussions approfondies devraient débuter dans les prochains mois avec l'OTAN et se conclure avant le sommet de l'Otan à Chicago en mai 2012, a précisé le quotidien, citant un haut responsable américain chargé du désarmement nucléaire. À suivre...
Sur le plan du désarmement conventionnel, le mois de juillet (11 au 15 à New-York) a été marqué par la tenue de la troisième session du comité préparatoire à la Conférence des Nations unies sur le traité sur le commerce des armes. Cette session visait à préparer les réunions de l'année 2012 qui sera marquée, sans doute en juin-juillet, par la tenue d'une Conférence sur un Traité relatif au commerce des armes (TCA). L’objet de la négociation est de proposer un cadre juridique international contraignant destiné à encadrer les échanges et transferts internationaux d’armes classiques (c'est-à-dire les armes qui ne sont pas biologiques, chimiques, et nucléaires).
À cette session, le Président de la session, l'argentin, R.G. Moritan a déposé un brouillon de texte, qui dépasse le simple relevé des diverses positions, mais les met en cohérence et représentera une sorte d'ossature des grandes lignes d'un futur Traité. Un certain nombre de pays, dont la France qui occupe la vice-présidence du Comité préparatoire, ont réservé un bon accueil à ce texte. D'autres pays, dont les États-Unis, se sont montrés très réticents voire hostiles. Les diplomates ont un an pour préparer la Conférence ainsi que les ONG qui vont déployer un lobbying intense.
À noter que le représentant du Saint-Siège, très actif décidément en juillet, s'est également exprimé sur la question et a fait part de l’urgence de la mise en place d’un « instrument légal fort, crédible, efficace et concret pour augmenter la transparence dans le commerce des armes ». Le principal objectif d’un Traité sur le commerce des armes – a-t-il conclu – « doit être celui de sauvegarder la vie humaine et de construire un monde plus respectueux de la dignité humaine, et pas seulement de réglementer le trafic illicite d’armes ». « Agir de manière responsable signifie promouvoir une vraie culture de paix et de vie ».
Le processus de négociation sur ce Traité délicat continue donc son cours, ce qui est un élément encourageant dans ce panorama estival du désarmement, en demi-teintes comme l'a été la météo !
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