lundi 21 septembre 2026

21 septembre : arrêtons la course à la guerre, travaillons au marathon de la paix !

La Journée internationale de la paix du 21 septembre est l'occasion de dire : cessez le feu partout dans le monde, dans tous les conflits qui existent, de l’Ukraine au Moyen-Orient en Iran ou à Gaza, à l’Afrique au Congo, au Soudan et ailleurs.
Il faut exiger le gel partout dans le monde des dépenses militaires.
Cette exigence générale est valable pour la France. Par exemple, nous discutons aujourd’hui de prendre 6 milliards d'euros sur les retraités, or, cette année, l’augmentation des dépenses pour les armes nucléaires seulement, a dépassé cette somme !
Il faut savoir que pour l'année prochaine et les années suivantes alors que les prévisions budgétaires qui circulent prévoient une restriction massive des dépenses sociales, des dépenses culturelles, des dépenses éducatives, ce sera « open bar » pour les dépenses militaires.
Le Président de la République actuel, Emmanuel Macron aura été le premier président de la République à avoir doublé le budget militaire de la France, lors de ses deux mandats.
Mais, me direz-vous, il faut faire des sacrifices sur le plan militaire pour la sécurité de notre pays.
Soyons clairs, il s’agit d'une escroquerie intellectuelle.
Le « réarmement », ce mot omniprésent dans tous les éléments de langage, signifie en fait, la relance de la course aux armements. On le voit bien en Europe puisque les dépenses militaires des pays européens sont en train de passer de 2 % à 3 %, pour aller à 5 % du produit  intérieur brut dans les cinq ans à venir.
Toute course aux armements provoque l’accélération d’une logique d’affrontement et prépare la guerre. C’est la leçon des années avant 1914, tout comme nous l'avons vu avant 1939.
La paix n’est pas dans l'équilibre de la terreur mais dans la construction d’une sécurité collective entre tous les États de notre planète, entre tous les États de notre continent européen. Cette sécurité collective ne peut se construire que par des efforts acharnés sur le plan politique et diplomatique pour construire des accords et des compromis, respectant le droit international, et permettant de construire patiemment des solutions politiques.

En Europe, en 2022, il était normal de défendre l'Ukraine contre tout écrasement militaire par la Russie, mais, ensuite, la responsabilité des principales puissances occidentales était de rechercher les voies du cessez-le-feu, de la négociation et de l'accord politique. Cette orientation est celle de la Charte des Nations Unies en ses articles 1(1) et 51(2), elle est donc celle de notre loi commune.
Or les efforts des pays européens avec la dirigeante de la commissaire européenne, Ursula Van der Leyen, avec le président Macron, le chancelier allemand ou le premier ministre britannique ont été centrés uniquement, dans une direction qu’ils ont eux-mêmes appelé « la paix par la force ». 
Dans ce cadre, ils ont décidé de mener eux aussi une guerre hybride contre la Russie par le moyen de sanctions économiques de plus en plus étendues, au risque d’aggraver leurs propres difficultés économiques. Pire, ils ont torpillé toutes les initiatives diplomatiques de pays tiers depuis la Turquie, l’Afrique du sud, le Brésil, le Saint-Siège.
Cette orientation est un échec patent depuis quatre ans et demi, la situation n'a pas évolué sur le terrain. La Russie se cramponne à sa stratégie et répond par l’escalade. Les populations civiles deviennent de plus en plus des cibles, l’économie ukrainienne est ruinée tout comme celle de la Russie. La guerre en Ukraine devient un laboratoire des nouvelles méthodes de guerre (drones, utilisation de l’IA), observées ainsi à bas coût par les militaires occidentaux.
Les opinions publiques doivent se faire entendre : les Européens doivent travailler réellement à une paix négociée, travailler à la sécurité collective sur le continent européen, arrêter la course aux armements.
Nous avions commencé de le faire, avec succès, après 1980, avec les accords d'Helsinki. Dans la foulée, nous avons commencé de construire une organisation de sécurité commune à tous les pays européens sans exception qu'on appelle l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la Communauté européenne). Il est possible de la réactiver comme le montre actuellement la présidence suisse.
Il est nécessaire que les opinions publiques exercent une pression politique plus importante, sinon nous ouvrirons de plus en plus grande la porte à des aventures périlleuses pour l’Europe et pour notre planète.
La Journée de la Paix du 21 septembre est un moyen de proclamer ce message simple : arrêtons la course à la guerre, travaillons au marathon de la paix.

Daniel Durand - 21 septembre 2026
Président de l’IDRP (Institut de documentation et de recherches sur la paix)

Article 1 : Les buts des Nations Unies sont les suivants :

 Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;

Article 51 : Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales.


 

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