Affichage des articles dont le libellé est voeux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est voeux. Afficher tous les articles

vendredi 1 janvier 2021

 


Traité d'interdiction des armes nucléaires, changement de président aux USA.... Une année d'opportunités nouvelles à saisir !
Daniel Durand

 
 
 

vendredi 10 janvier 2020

Vingt ans après. Pacifisme : ne pas se laisser voler l’espoir de l’an 2000 !

(Twenty years later. Pacifism: don't let the hope of the year 2000 be stolen! - English version at the end)

L’an 2000, « l’année du millénaire », a été celle d’une immense mobilisation et d’un formidable espoir pour tous les militants œuvrant pour un monde de paix et de justice. Elle fut décrétée « Année internationale de la culture de paix » par les Nations unies. Lors de la conférence d’examen du traité de non-prolifération nucléaire, furent adoptées « 13 étapes pratiques » dans lesquelles la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie signèrent un engagement sans équivoque d’accomplir l’élimination totale de leurs arsenaux nucléaires. Des centaines d’ONG et de militants formulèrent des propositions fortes, lors du Forum du millénaire, pour réformer en profondeur le système des Nations unies et y donner plus de place à la voix des peuples. Enfin, le Sommet du millénaire, du 6 au 8 septembre 2000 à New York, constitua le plus grand rassemblement de chefs d’État et de gouvernement de tous les temps et se conclut avec l’adoption, par les 189 États membres, de la Déclaration du millénaire, dans laquelle ont été énoncés les huit objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Vingt ans après, avec un peu de recul, que constate-t-on ? La notion et le concept de « culture de paix » qui, à l’époque, n’étaient évoqués que dans les milieux pacifistes, et encore avec beaucoup d’interrogations, sont devenus un patrimoine culturel commun dans la société, tant dans les organisations d’éducation populaire que syndicales ou politiques, et cela sur tous les continents. L’élimination des arsenaux nucléaires est devenue une question politique et diplomatique concrète. En 2020, un traité international d’élimination des armes nucléaires recueillera les ratifications nécessaires et rentrera en application.
En 2015, le bilan des huit objectifs pour le développement a indiqué que, pour les pays en développement, le taux d’extrême pauvreté est passé de 47 % à 14 %, le nombre d’enfants non scolarisés à l’âge de l’école primaire est passé de 100 millions à 57 millions, le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans est passé de 12,7 millions à 6 millions, deux fois plus de personnes ont eu accès à l’eau potable courante, etc. Bref, là où il y a une volonté politique forte, il y a des résultats.
Par contre, concernant le quatrième événement, la réforme des Nations unies, les positions n’ont pas évolué, même s’il faut relever que la plus grosse tentative de mettre de côté l’ONU sur le plan politique, c’est-à-dire la politique étrangère de Bush en 2002-2003, a globalement échoué. Les progrès dans ces quatre défis de l’année du millénaire ont été marqués par une implication grandissante des opinions, des ONG.
C’est cette évolution souterraine et forte dans les relations internationales qui est, pour moi, la véritable signification de ces deux décennies. Les phénomènes négatifs, et inquiétants, qui sont souvent surmédiatisés, sont des contre-réactions et non les moteurs de l’histoire.
Il en est ainsi des phénomènes de rejet se développant temporairement dans certains pays contre des conséquences de la mondialisation, perçues comme des menaces : pressions migratoires, mises en concurrence sur l’emploi et les salaires. Il en est ainsi de la persistance des militarisations et du haut niveau des dépenses militaires mondiales, dangers aggravés par le maintien de conflits régionaux aux conséquences humaines et économiques catastrophiques. Les mêmes contradictions existent sur le plan du développement : le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) constate ainsi que si les populations les plus pauvres voient leurs besoins de base mieux satisfaits, le développement des inégalités creuse les écarts et risque de maintenir les plus fragiles en dehors des évolutions de demain.
Enfin, même si je ne crois pas à la « fragmentation » du monde, le multilatéralisme se voit menacé aujourd’hui de manière plus feutrée, mais tout aussi dangereuse, par la multiplication du recours aux structures de discussion ou de négociation informelles, du G20, G7 aux groupes de « bonne volonté » comme sur l’Iran, même si ce n’est pas, parfois, sans résultats positifs. Soyons donc lucides : vingt ans après l’année du millénaire, le monde est globalement meilleur qu’il ne l’était au sortir de la guerre froide, mais nous devons être capables de nous appuyer sur les évolutions favorables pour surmonter les obstacles qu’accumulent tous ceux qui n’ont pas intérêt à un monde plus juste, plus pacifié et plus démocratique.
Il faut se rassembler pour combattre toutes les idées de haine, d’exclusion, de racisme, si promptes à renaître, pour faire de la culture de paix une valeur humaine dominante, notamment en la promouvant dans la sphère éducative. Il faut faire pression dès maintenant, avec le réseau Ican, sur les grandes puissances, dont la France, pour qu’elles prennent en considération le traité d’interdiction des armes nucléaires et créent les conditions de sa réussite. C’est un pas essentiel pour stopper la militarisation des relations internationales, faire diminuer les dépenses militaires, pour dégager plus de ressources financières utiles, comme le réclame notamment Oxfam, pour réussir la deuxième étape des objectifs mondiaux du développement durable prévus jusqu’en 2030.

Enfin, il faut être plus offensif pour réaffirmer que seul le cadre global des Nations unies, dont les valeurs contenues dans la charte sont essentielles, peut permettre de traiter les problèmes du monde en prenant en compte l’avis de tous les pays et de tous les peuples, même les plus petits. C’est dans ce cadre global, avec la COP21, qu’a débuté la prise de conscience de l’immense effort à fournir pour stopper le réchauffement climatique et travailler à la survie de notre planète. Alors, oui, l’an 2000 avait semé beaucoup de graines d’espoir, celles-ci ont germé, poussé, ne les laissons pas étouffer par les vieux chiendents, aidons-les à s’épanouir, mais n’oublions pas que le jardinage demande un effort régulier et de long terme !



***************************
Twenty years later. Pacifism: don't let the hope of the year 2000 be stolen!

The year 2000, "the year of the millennium", was one of immense mobilization and hope for all activists working for a world of peace and justice. It was declared "International Year for the Culture of Peace" by the United Nations. At the Nuclear Non-Proliferation Treaty Review Conference, "13 Practical Steps" were adopted in which China, France, Russia, the United Kingdom and the United States signed an unequivocal commitment to accomplish the total elimination of their nuclear arsenals. Hundreds of NGOs and activists made strong proposals at the Millennium Forum for fundamental reform of the United Nations system and for giving it more space for the voice of the people. Finally, the Millennium Summit, held in New York from 6 to 8 September 2000, was the largest gathering of Heads of State and Government ever held and concluded with the adoption by the 189 Member States of the Millennium Declaration, which set out the eight Millennium Development Goals (MDGs).
Twenty years later, with a little hindsight, what do we see? The notion and concept of a 'culture of peace', which at the time was only mentioned in pacifist circles, and still with many questions, has become a common cultural heritage in society, in popular education, trade union and political organizations on all continents. The elimination of nuclear arsenals has become a concrete political and diplomatic issue. In 2020, an international treaty for the elimination of nuclear weapons will receive the necessary ratifications and enter into force.
In 2015, the assessment of the eight development goals indicated that, for developing countries, the rate of extreme poverty had increased from 47 per cent to 14 per cent, the number of children not attending school at primary school age had increased from 100 million to 57 million, the number of deaths of children under 5 years of age had increased from 12.7 million to 6 million, twice as many people had access to running drinking water, and so on. In short, where there is strong political will, there are results.
On the other hand, with regard to the fourth event, the reform of the United Nations, positions have not changed, although it should be noted that the biggest attempt to set the UN aside politically, that is to say Bush's foreign policy in 2002-2003, has on the whole failed. Progress in these four challenges of the millennium year has been marked by the growing involvement of public opinion and NGOs.
It is this strong, subterranean development in international relations that is, for me, the real significance of these two decades. The negative and worrying phenomena, which are often over-mediatized, are counter-reactions and not the driving forces of history.
This is the case of the phenomena of rejection developing temporarily in some countries against the consequences of globalization, which are perceived as threats: migratory pressures, competition for jobs and salaries. This is the case with the persistence of militarization and the high level of world military expenditure, dangers aggravated by the maintenance of regional conflicts with catastrophic human and economic consequences. The same contradictions exist at the level of development: the United Nations Development Programme (UNDP) has noted that while the poorest populations see their basic needs better met, the development of inequalities widens the gaps and risks keeping the most fragile out of tomorrow's developments.
Finally, even if I do not believe in the "fragmentation" of the world, multilateralism is today threatened in a more muted, but just as dangerous way, by the multiplication of recourse to informal discussion or negotiation structures, from the G20 and G7 to "good will" groups such as on Iran, even if this is sometimes not without positive results. So let us be lucid: twenty years after the year of the millennium, the world as a whole is better than it was at the end of the Cold War, but we must be able to build on the positive developments to overcome the obstacles accumulated by all those who have no interest in a fairer, more peaceful and more democratic world.
We must come together to combat all ideas of hatred, exclusion and racism, which are so ready to be reborn, to make the culture of peace a dominant human value, particularly by promoting it in the educational sphere. Pressure must be brought to bear now, through the Ican network, on the major powers, including France, to take the Nuclear Weapons Treaty into consideration and to create the conditions for its reaffirmation.

mardi 31 décembre 2019

Meilleurs voeux 2020

photographie DD - 16/11/2019

L'année 2020 sera celle de nos vingt ans... Vingt d'espoirs après cet an 2000, cette "année du millénaire",  qui fut celle d'une immense mobilisation et d'un formidable espoir pour tous les militants pour un monde paix et de justice. Année 2000 alors décrétée "année internationale de la culture de paix" par les Nations unies,
20 ans après, ne nous laissons pas voler nos espoirs, meilleurs voeux à toutes et tous
!

dimanche 30 décembre 2018

III/III - Rétrospective 2018 : et si la paix et le multilatéralisme étaient au coeur de 2019 ?

Est-ce que des volontés politiques plus fortes émergeront en 2019 ? Personne ne peut le prédire mais au niveau mondial, il est clair qu'une majorité de pays, essentiellement non-alignés, modérés, puissances moyennes, est inquiète des durcissements des rapports internationaux, des positions "moi, d'abord" des États-Unis et aussi de la Russie. Cela explique sans doute que l'Assemblée générale des Nations unies ait voté fin 2017 et fin 2018 des résolutions convergentes. La première proclame 2019 "Année internationale de la modération" dans le but de faire mieux entendre les voix des modérés par la promotion du dialogue, de la tolérance, de la compréhension et de la coopération. Cette résolution sur la modération a été adoptée malgré l’opposition des États-Unis et d’Israël, ce qui doit faire réfléchir. Deux journées internationales nouvelles ont été crées.  La première décision, adoptée sans vote, proclame le 16 mai « Journée internationale du vivre-ensemble en paix » comme moyen de mobiliser régulièrement les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix, de la tolérance, de l’inclusion, de la compréhension et de la solidarité.
La seconde décision, prise en décembre dernier par l’Assemblée générale, proclame le 24 avril « Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix ». Cette résolution a été la seule de la séance à avoir été mise aux voix, à la demande des États-Unis. Le texte a été adoptée par 144 voix pour et l’opposition des États-Unis et d’Israël.
Enfin, la décennie qui s'ouvre, 2019-2029, sera labellisée "Décennie Nelson Mandela pour la paix".
Journées ou année internationale, d'aucuns ricaneront sur l'inefficacité de ces décisions, sans voir qu'elles manifestent des évolutions d'idées positives qui cheminent de manière parfois peu visible mais bien réelle. Elles vont être utiles notamment au plan local, régional ou national à des dizaines ou centaines d'initiatives petites ou grandes en faveur de la paix, du vivre ensemble, de valorisation de la diplomatie sur la force, permettant ainsi un travail très important d'éducation populaire d'associations et d'individus en faveur du refus de la violence dans les relations internationales.
Ces réflexions sur le vivre ensemble international, sur le multilatéralisme, ne peuvent pas être déconnectées pour les Européens d'échéances très concrètes. Il y aura, bien sûr, le 9 novembre, le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin qui obligera à continuer le travail de réflexion sur l'échec de l'expérience politique des pays dits communistes, sur la coupure persistante entre deux parties de l'Europe sur un nombre important de problèmes de société. Mais le débat sur l'avenir de l'Europe s'ouvrira bien avant avec la campagne électorale des élections européennes qui auront lieu du 23 au 26 mai. La crise économique, les promesses démagogiques et populistes ont accentué des tendances centrifuges dabs l'Union européenne. En France, le débat sera vif entre "européistes béats" et partisans de la sortie de l'Union ou réformateurs des politiques européennes actuelles sans forcément sortir des traités. Nous y reviendrons en gardant à l'esprit qu'une des leçons principales des deux Guerres mondiales a été de comprendre que leur naissance vient de la division et de l'affrontement des puissances européennes entre elles...
Dans ce débat européen, la question de l'engagement plus fort de l'Europe au service de la paix et de la démilitarisation des relations internationales doit plus émerger. L'Union européenne ne tient pas suffisamment sa place dans l'action politique pour l'interdiction des armes nucléaires, le contrôle beaucoup plus drastique des ventes d'armes, la reconnaissance universelle de la Palestine comme état souverain. Nous sommes à l'heure des voeux. Permettez-moi, en ces dernières journées de 2018, de rêver de pétitions sur ces trois sujets qui rassemblent elles-aussi 2 voire 3 millions de signatures...
Le 30 décembre 2018

lundi 26 janvier 2015

Vœux, valeurs, réalisme, des inconciliables ?

L'actualité sanglante de janvier a fait passer à l'arrière-plan un certain nombre d'événements d'actualité. Parmi ceux-ci, la traditionnelle cérémonie des vœux du Président de la République aux ambassadeurs aurait mérité peut-être plus d'attention. François Hollande y a énuméré ses priorités diplomatiques pour 2015 : poursuivre la consolidation de l’Europe, agir pour la paix et pour la sécurité dans le monde, permettre à notre monde de rester viable, en ayant un développement qui puisse être compatible avec l’évolution de l’espèce humaine, travailler à un développement économique et social harmonieux. Ce sont autant de nobles objectifs qu'on ne peut que soutenir : la préoccupation est, bien sûr, de savoir quelles actions concrètes seront mises en œuvre pour y parvenir. Celles évoquées par François Hollande nous laissent sur notre faim. Pour l'Europe, il a rappelé qu'il avait trois priorités : "la première, la plus urgente, la croissance, toujours la croissance", "adopter un cadre financier européen pour 2014-2020" et parvenir à "l’union bancaire".  La France fera-t-elle preuve de plus d'énergie politique demain pour faire pression sur Mme Merkel pour qu'elle cesse de freiner les dispositifs de relance économique, quelles coopérations positives le gouvernement français nouera-t-il avec le futur gouvernement grec, si celui-ci est animé par Syriza ? Ce sont des actions fortes qui sont attendues.
Concernant les conflits en cours, là encore, les intentions peuvent paraître bonnes : faciliter "la transition politique en Syrie", ne ménager "aucun effort dans la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens"... Mais quelles initiatives concrètes pour aboutir en tenant compte du rôle positif que peuvent jouer la Russie et l'Iran, est-ce compatible avec les positions politiques françaises crispées prises dans la crise ukrainienne et dans les discussions de non-prolifération nucléaire ?
Concernant le développement, F. Hollande a annoncé que "la France va réunir des assises du développement. Une large concertation mobilisera de très nombreux acteurs en France mais aussi à l’étranger, pour aboutir en mars prochain à une feuille de route qui donnera les orientations de la politique française en matière de développement et qui l’inscrira dans la loi". Donc acte, certainement que les acteurs du développement, les associations, sauront se saisir de l'occasion pour créer un rapport de forces favorable à des mesures audacieuses.
Concernant les échanges financiers mondiaux, le président de la République a rappelé que "la France a toujours milité pour une réforme du système monétaire international" et souhaité "qu’au-delà du G 20, il puisse y avoir une instance qui puisse, justement permettre de discuter de tous ces grands sujets avec une représentation de l’ensemble du monde" (..) "pourquoi ne pas imaginer un Conseil de sécurité économique et social aussi pour réguler l’économie mondiale". On est tentés de dire "chiche" !
Mais, là encore, la question est posée de savoir comment sortir de l'effet de "posture", qui a été celui de la diplomatie française des dernières années, pour prendre des initiatives concrètes. L'année 2015 est celle du 70e anniversaire de la Charte des Nations unis, texte fondamental qui a permis la création de l'organisation mondiale et dont le contenu règle une bonne part de ce qu'on peut appeler une "gouvernance" mondiale. Comment le gouvernement français, sa diplomatie peuvent-il contribuer à un nouvel élan dans la communauté internationale pour que les Nations unies, ses organes soient plus représentatifs du monde qui bouge, de l'émergence de nouvelles puissances en Asie, en Afrique, en Amérique du sud ? Contribuer à des décisions plus fortes pour la réduction des inégalités mondiales au travers de la réalisation des objectifs de réduction de la pauvreté, d'élimination de la faim dans le monde, du développement généralisé de l'éducation pour les garçons et les filles ? En France, ne faut-il pas s'appuyer sur les potentialités humaines qui se sont traduites dans "Je suis Charlie" ?
Récemment, dans un colloque consacré la diplomatie français sur le thème "où est la boussole ?" (fondation Gabriel Péri), un intervenant s'interrogeait sur la difficulté existant en matière de politique étrangère entre les valeurs portées quand on est dans l'opposition et les contraintes indépassables rencontrées lorsqu'on arrive au pouvoir. Personne, évidemment, ne peut nier que la réalité a ses contraintes, qu'une politique étrangère se développe dans un environnement que l'on ne peut modifier que très lentement, que des enjeux de temporalité sont posés à l'action. Mais les problématiques que j'ai évoquées au travers des questions  soulevées dans les vœux de François Hollande montrent que, même dans les contraintes, ce sont les initiatives et volontés politiques qui sont déterminantes pour peser dans le concret sur la réalité. L'expérience de Syriza en Grèce dans les prochains mois sera à cet égard très enrichissant.