dimanche 4 janvier 2026

Venezuela, droit international : il est temps de se ressaisir !

Que s’est-il passé au Venezuela ? Un pays souverain a été bombardé par un autre pays, les États-Unis ; des troupes étrangères ont envahi sa capitale, son chef d’état a été enlevé par la force militaire et déporté, menotté, dans un autre pays. Il y a, à l’évidence, violation de la Charte des Nations unies et de son article 2, base du droit international, qui stipule clairement que tous les États Membres, y compris les États-Unis, doivent s’abstenir de la « menace ou de l’emploi de la force » contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout autre État, Charte qui lie tous les pays du monde. Lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la qualification de l’acte n’avait souffert d’aucun retard ni ambiguïté. Là, par contre, on voit des titres de la presse et des médias « main stream » se contorsionner. On parle « d’opération militaire », « d’exfiltration ». Bref, les médias reprennent tous les éléments de langage de l’administration Trump. On annonce sur un ton neutre que les États-Unis « allaient diriger » le Venezuela et que « les compagnies pétrolières américaines vont s’y implanter ».
Les principaux pays européens n’ont pas condamné directement cette attaque violente contre le droit international et la Charte des Nations, se contentant comme la représentante de l’UE, Kaja Kallas, et le dirigeant espagnol Sanchez d’« appeler à la retenue ». Pire, en France, le président de la République, Emmanuel Macron, a désavoué de fait son ministre des Affaires étrangères, J-N Barrot, qui avait estimé «qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur ». Comme le relève le quotidien Le Progrès, « E. Macron n’a pas condamné les bombardements américains et n’a pas relevé la violation du droit international ». Il a même estimé sur X que «le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir». 
En France, l’action du Président de la République au plan international ne peut plus être détachée du contrôle parlementaire, quelles que soient les restrictions constitutionnelles. Il est temps que l’Assemblée nationale puisse donner son avis sur la position que doit prendre la France au Conseil de sécurité sur l’agression contre le Venezuela et le kidnapping de son Président. Elle doit demander que les États-Unis libèrent le Président vénézuélien et cessent leurs pressions pour prendre le contrôle du pétrole de ce pays. À défaut, l’Assemblée doit demander que la France prenne des sanctions économiques et politiques contre le président Trump tout comme cela avait été immédiatement le cas contre la Russie.
D’où provient ce que l’on peut qualifier d’affaissement politique devant un tel mépris du droit international par les USA, membres du Conseil de sécurité de l’ONU, après l’attitude similaire  de la Russie en 2022 en Ukraine, le piétinement également du droit international par un pays comme Israël, même face à l’accusation de génocide ? Comment peut-on inverser cette évolution mortifère des relations internationales ?
Il me semble que depuis le début des années 2000, notamment sous la pression instrumentalisée des exigences de la lutte anti-terroriste, les opinions publiques, les forces politiques de nombreux pays qui étaient des défenseurs du multilatéralisme et du droit international ont reculé devant les coups de boutoir portés contre celui-ci. 
Nous avons accepté sans riposte réelle les interventions militaires sans mandat précis de l’ONU en Afghanistan, en Syrie, en Libye, les exécutions extra-judiciaires de « terroristes » depuis Ben Laden aux chefs du Hezbollah, du Hamas… Aujourd’hui, c’est Maduro, sous le prétexte de la drogue, demain, Khomeini, sous prétexte de répression des manifestants à Téhéran (voir déclarations de Trump), après-demain à Cuba, au Brésil ?
Nous avons fermé les yeux sur les atteintes à un réel multilatéralisme en privilégiant le rôle de l’Union européenne à celui de l’ONU dans la crise ukrainienne, en multipliant les « groupes de contact » hors-ONU en 2014 pour la Crimée, pour le nucléaire iranien après 2003, avec la priorité donnée au G7 ou au G20 sur le Conseil de sécurité ou l’Assemblée générale de l’ONU.
Nous avons surtout manqué de courage dans le soutien pour la mise en œuvre des décisions ou des avis de la justice internationale : enquête sur les risques de génocide décidée par la Cour internationale de justice, avis de la même Cour sur la cessation immédiate de l’occupation israélienne en Cisjordanie définitivement déclarée illégale, application des mandats d’arrêt internationaux de la CPI contre Poutine, Netanyahou et consorts.
Au lieu de décider des initiatives politiques pour faire respecter le droit international, défendre le multilatéralisme et son socle, la Charte des Nations unies, nous nous sommes, trop souvent, contentés de nous lamenter sur « l’inefficacité de l’ONU », « le piétinement du droit international » au lieu de s’en servir comme outils de progrès et de pression !
N’est-il pas temps pour les gouvernements du monde, pour les opinions publiques organisées, de se ressaisir ? Il faut enfin comprendre que nous n’arrêterons pas les Trump, les Poutine en entrant dans leur jeu des rapports de force brutaux, de la primauté des intérêts économiques et stratégiques particuliers. Nous n’arrêterons pas Trump par la simple dénonciation de « l’impérialisme américain », nous ramenant aux schématismes de la guerre froide !
Voyons bien que la seule digue possible à ces tendances politiques actuelles est une lutte intransigeante et renouvelée pour le respect du droit international, la défense du multilatéralisme et de la Charte des Nations unies. Dans le monde de plus en plus globalisé d’aujourd’hui, moins que jamais, le repli sur les problèmes nationaux et les débats internes est une solution !

L’action pour de nouvelles relations internationales, donc pour la baisse généralisée des dépenses d’armements, pour le renforcement des accords de sécurité mutuelle dans toutes les régions du monde, l’application des traités de désarmement et des traités environnementaux existants, prend une importance de plus en plus prioritaire. 
Pour la paix et la sécurité internationale, pour la lutte contre le réchauffement climatique, pour la réduction de la pauvreté et des inégalités entre les peuples, pour la poursuite de la construction d’une véritable « maison commune » planétaire, oui, il faut changer de braquet maintenant !

Daniel Durand – 4 janvier 2026
Chercheur en relations internationales
dernier ouvrage : « ONU, relations internationales : notre maison commune, notre avenir.. » (BoD éditions)

vendredi 28 novembre 2025

Un service militaire volontaire : pourquoi ?

En annonçant la création d'un service militaire volontaire, Emmanuel Macron continue de dramatiser la situation du monde pour justifier le virage de plus en plus militarisé de sa politique intérieure.
Il s'inscrit maintenant pleinement dans l’affrontement entre puissances occidentales et Russie, commencé depuis le début des années 2000.
Celui-ci s'était traduit d'abord avant 2014 par la pression agressive de l'OTAN, s’étendant jusqu'aux frontières de la Russie, et, du côté de celle-ci, par l’invasion et l’occupation de la Crimée en 2014.
Cet affrontement et cette guerre souterraine se sont poursuivis avec, d'un côté le soutien multiforme des occidentaux à toutes les forces hostiles à la Russie comme en Géorgie, en Moldavie, en Ukraine (coup d’état du Maïdan) pour se terminer en 2022 par l’inqualifiable agression militaire de la Russie contre l'Ukraine, en défiant le droit international.
La France aurait dû travailler, comme sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, lui en fait obligation, selon l'article 1 de la Charte des Nations Unies, à une issue politique et diplomatique à la guerre, dans le cadre du droit international. Elle s'est inscrite, au contraire, dans la stratégie européenne de « paix par la force », animée notamment par Madame Van der Leyen.
Emmanuel Macron, après avoir hésité entre plusieurs postures, entre 2022 et 2024,  est devenu le principal animateur des surenchères visant à bloquer toute initiative de paix, notamment en soutenant l'idée de l'intégration de l'Ukraine dans l’OTAN. Or, chacun sait que la présence de troupes européennes aux frontières de la Russie est la principale hantise du Kremlin !
Nous avons maintenant deux camps qui se menacent de manière de plus en plus provocatrice. Le camp russe continue d’occuper illégalement une partie des territoires ukrainiens et multiplie les initiatives agressives : cyber-attaques et incidents de frontières. De l'autre, le camp occidental met au point des politiques de « réarmement » qui se traduisent par des augmentations irresponsables de dépenses militaires, multiplient les mesures de boycott économique (19 à ce jour) dont la légalité internationale est loin d’être établie et veut même s’emparer des avoirs bancaires russes, ce qui serait de la piraterie pure.
C'est dans ce contexte que se multiplient les déclarations incendiaires du nouveau Chef d'état-major des armées, brandissant une menace russe, comme si demain,  les blindés de Poutine allaient rouler sur les Champs-Élysées !
C'est cette mise en scène sinistre qui est censée justifier l'annonce de la création d'un service militaire volontaire de 10 mois, visant 40 000 recrues à terme en 2035. Ce service ne correspond à aucun besoin réel de l'armée : pas de spécialistes aussi bien en sécurité informatique qu’en conception et utilisation de drones de combat, en systèmes de protection anti-missiles par exemple ! Non, des jeunes sans qualification spéciale !Ceux-ci seront recrutés et leur se,ule formation précisée par le Président de la République, sera celle-ci : « ils se formeront au maniement des armes, à la marche au pas, au chant, à l'ensemble des rituels qui nourrissent la fraternité de nos armées » !
Dans ces conditions, la seule hypothèse crédible que l’on peut formuler est qu’ils pourraient être utilisés pour remplacer les militaires de métier dans les tâches « domestiques » comme l’opération Sentinelle et les patrouilles dans nos villes et nos lieux publics avec tous les risques que leur inexpérience fera courir aux populations,.
Ils remplaceraient ainsi éventuellement les troupes de métier envoyées en opérations extérieures, en Ukraine par exemple, dans le cadre des fumeuses « garanties de sécurité » promises par E. Macron.
Il est clair que la médiatisation anxiogène autour de cette annonce sert d’abord à justifier l'alimentation du budget militaire qui a doublé depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 et qui risque de redoubler d’ici 2030 pour dépasser la somme faramineuse de 100 milliards d'euros par an !
Plusieurs dizaines de milliards d'euros vont ainsi être soustraits aux dépenses sociales, à celles d'éducation et de santé. Ils s'ajouteront aux coupes déjà programmées dans les budgets par le gouvernement actuel.
Je le répète, la justification de cette course aux dépenses d’armement par la « menace russe » laisse dubitatif beaucoup de spécialistes. Dans ses auditions au Sénat et à l’Assemblée nationale,  le général Mandon avait annoncé comme possible un conflit avec la Russie dans les trois ou quatre ans à venir. Il parlait de guerre hybride, de cyberattaque donc d’affrontements qui n’ont rien à voir avec des conflits de « haute intensité » qui, eux, sont générateurs de milliers de morts !
Au lendemain de son discours sur le service militaire, dans une rencontre avec les lecteurs du groupe de presse EBRA, Emmanuel Macron a dû opérer une marche arrière prudente. Après avoir  simplement évoqué le fait qu’« il y a une guerre informationnelle qui est menée par des puissances étrangères », il a concédé : « Je ne pense pas qu'on sera attaqué demain par la Russie, mais nous devons nous préparer ».
Oui, renforçons nos moyens dans la « guerre hybride » en cours, sur le plan de l’information, du cyber, éventuellement des drones et des systèmes anti-missiles, mais travaillons à écarter tout retour à la possibilité d’un conflit généralisé en Europe, qui serait fatal à la civilisation humaine. Nous connaissons le remède : faire baisser la tension, prendre des initiatives diplomatiques pour déboucher sur des négociations, des accords qui ne remettent pas en cause de manière définitive le droit international. Enfin, en tant qu’Européens, nous avons le devoir, non pas de développer une « défense européenne » débouchant sur une politique de blocs militaires, mais de re-construire une « sécurité commune européenne » entre tous les pays européens, de « l’Atlantique à l’Oural » pour reprendre une formule célèbre. Nous avions progressé sur ce chemin, il y a cinquante ans, avec les accords d’Helsinki. Pourquoi ne pas reprendre ce chantier pour le mener à son terme ? Rappelons que c’est l’impératif qui s’impose à tous les États, selon le droit international tel qu’il est exprimé dans la Charte des Nations unies et qui appelle « - à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales, -  à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu'il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l'intérêt commun ».

Daniel Durand
28 novembre 2025

 

mardi 11 novembre 2025

11 novembre : « Si tu veux la paix, prépare la paix »

Ceci est le texte d'un article publié en ligne sur le site du journal L’Humanité le 10 novembre 2025 - https://www.humanite.fr/en-debat/11-novembre/11-novembre-si-tu-veux-la-paix-prepare-la-paix )

************ 

La commune de Saint-Martin-d’Estréaux, dans le nord du département de la Loire, possède un monument aux morts remarquable. Des phrases dénonçant la boucherie de la guerre de 1914-1918, y figurent, décidées par le maire de l’époque, Pierre Monot, je retiendrai celle-ci :

« Si tout l’effort produit…
Et l’argent dépensé pour la guerre
L’avaient été pour la paix… ?
Pour le progrès social, industriel et économique ?
Le sort de l’humanité serait bien différent.
La misère
Serait en grande partie bannie de l’univers ».

Quelle résonance, quelle actualité en pensant, qu’actuellement est discuté le budget militaire français qui dépasse les 50 milliards d’euros. Son montant était de 32 milliards d’euros en 2017 pour atteindre 67,4 milliards en 2030. Les nouveaux objectifs visant à atteindre 5 % du PIB vont faire exploser ces chiffres. Dès mars 2025dans les pages de La Tribune dimanche, un certain M. Lecornu, alors ministre de la Défense, déclarait, « il est clair qu’un horizon autour de 100 milliards d’euros par an constituerait le poids de forme idéal pour les armées françaises ».

Les dépenses militaires françaises auront ainsi doublé en deux mandats d’Emmanuel Macron ! Au niveau mondial, les dépenses d’armements ont atteint le chiffre exorbitant de 2 700 milliards de dollars en 2024. Elles n’étaient que de 1 000 milliards de dollars en 1989 à la fin de la Guerre froide ! Le monde est-il plus sûr pour autant, sera-t-il plus sûr demain si nous continuons dans cette voie ?

Sur le monument aux morts de Saint-Martin-d’Estréaux, il y a également cette inscription : « Ci vis pacem para bellum !… Ou si tu veux la paix prépare la guerre ! est une devise dangereuse ! »

Dangereuse, en effet. La principale leçon de ces vingt-cinq dernières années a été marquée par l’échec de toutes les solutions de force, de nature militaire, qui ont été appliquées dans les diverses crises ou conflits : Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Afrique centrale et aujourd’hui Ukraine et Palestine. Dans tous ces pays, la situation des populations, de la vie quotidienne est pire aujourd’hui qu’au début de ces conflits.

Le premier point à retenir est donc que les dépenses militaires n’assurent pas la paix de la planète et ne garantissent pas la sécurité de ses habitants. Le deuxième point à dénoncer est le gaspillage de ressources qu’elles représentent au regard des besoins dans le monde. Que l’on songe que les besoins de financement pour réaliser les Objectifs de développement durable dans les 59 pays en développement à faible revenu dans le monde s’élèvent à 400 milliards de dollars par an, à comparer aux 2400 milliards de dollars de dépenses militaires !

Que l’on songe aux 3,3 milliards d’euros d’augmentation des dépenses militaires françaises dans le budget 2025 face aux diminutions de ressources, aux suppressions d’emplois, prévues pour l’éducation et la santé par exemple !

Sur le monument aux morts de Saint-Martin-d’Estréaux, la phrase suivante est celle-ci : « Ci vis pacem para pacem !… ou si tu veux la paix prépare la paix ! doit être la formule de l’avenir ! »

Combien avait raison Pierre Monot et les citoyens et citoyennes de Saint-Martin-d’Estréaux en écrivant cette phrase en 1922 !

Oui, la leçon de ces dernières décennies est claire : les seules issues viables, crédibles aux conflits et aux crises internationales, sont dans la mise en œuvre de processus politiques et diplomatiques mettant en place des solutions négociées dans le respect du droit international.

En cette année 2025, nous célébrons le 80e anniversaire de la création des Nations unies et de leur Charte. Ratifiée le 24 octobre 1945, cette Charte des Nations unies commence par cette phrase magnifique : « Nous, peuples des nations unies, résolus – à préserver les générations futures du fléau de la guerre » et continue ainsi : « Et à ces fins (…) à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun ».

C’est ce refus de la guerre comme solution aux différends qu’ont accepté depuis 1945, les 51 États de départ, devenus 193 États aujourd’hui, et que refusent d’appliquer sérieusement les plus puissants d’entre eux, une poignée, au sein du Conseil de sécurité.

Le rêve de Pierre Monod sur le monument aux morts de Saint-Martin-d’Estréaux a été réalisé en 1945 dans la Charte des Nations unies et c’est notre responsabilité de citoyens et de citoyennes, d’agir, « Nous, peuples des Nations unies », en proclamant haut et fort, « appliquez notre règle commune », telle qu’elle est précisée un peu plus loin dans la Charte par ces mots très clairs ; « Les Membres de l’Organisation (des Nations unies) règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger ».

N’est-ce pas à cette intervention massive des citoyens et citoyennes, partout sur la planète, et tout spécialement sur le continent européen, tenté par un « réarmement » mortifère, qu’il faut travailler ? Réintégrer l’action pour la paix dans toutes les actions sociales, comme essaient de le faire, depuis septembre, nos amis allemands, en mobilisant des dizaines de milliers de manifestants, ne doit-il pas devenir une préoccupation centrale ?

Je suis tenté d’écrire : écoutons les injonctions portées sur le monument de Saint-Martin-d’Estréaux, car aujourd’hui, elles sont devenues la loi internationale ! Rappelons-le en permanence ! Ne craignons pas de dire comme il est inscrit aussi sur ce monument aux morts : « Maudite soit la guerre et ses auteurs ! ».

Daniel Durand - Président de l'IDRP  

Dernier ouvrage publié : "ONU. Droit international : notre maison commune, notre avenir", Bod éditeur, octobre 2025.


mardi 14 octobre 2025

Un livre sur l'ONU à l'occasion de son 80e anniversaire !

 


Comme vous le savez c'est le 24 octobre 1945 que fut ratifiée la Charte des Nations unies créant en même temps l'Organisation des Nations unies.La place de celles-ci dans la marche du monde, leur avenir, est une question qui me touche particulièrement.
Mes réflexions à la suite de la publication de mon dernier livre, "La paix, c'est mon droit !" et des échanges lors de la vingtaine de conférences que j'ai effectuées depuis deux ans dans tout le pays, m'ont conduit à prolonger et approfondir ma réflexion sur cette thématique.
Le résultat : la publication, lors du 80e anniversaire des Nations unies, d'un nouvel ouvrage intitulé "ONU - Droit international : notre maison commune, notre avenir..." dans lequel je lance des pistes de réflexion nouvelles pour aider à l'action, pour tous ceux qui veulent construire un monde de fraternité, de justice et de paix.
Je montre dans mon livre comment, dans un monde profondément transformé depuis la création des Nations unies et de leur Charte, l'affrontement entre le "Nous, les peuples", inscrit en tête du préambule de la Charte, et le "Nous, les États" qui gère encore cyniquement les rapports de forces et le Conseil de sécurité, glisse progressivement en faveur des premiers. Malgré les contradictions, les avancées et reculs, le droit international étend son champ d'application et une communauté mondiale se forme dans le bruit et la fureur du monde. Pour moi, c'est dans la construction de cette "maison commune", cette "copropriété commune" appuyée sur son "règlement de copropriété", un droit international étendu, que réside la seule perspective d'avenir pour les peuples et la sauvegarde de notre planète.
Ces idées se présentent maintenant dans une configuration mondiale nouvelles, elles bouleversent certaines habitudes. Avec mon ouvrage, je souhaite favoriser le débat autour d'une nouvelle approche des relations internationales dans le monde d'aujourd'hui. Cela mettra sans doute du temps, mais nous n'échapperons pas à cette réflexion si nous voulons replacer la lutte pour un monde plus juste et pacifié sur de nouvelles bases et ouvrir des issues d'avenir crédibles.
Le livre est disponible à la vente dès maintenant, vous trouverez ci-dessous les modalités de commande.
Comme pour mon précédent livre, j'essaierai de répondre de mon mieux aux sollicitations de conférences et débats que je recevrai.

Commande du livre :

auprès de l’auteur par mail à ddurand42@gmail.com

en ligne sur la libraire de BoD :

BoD : https://librairie.bod.fr/onu-droit-internatinal-daniel-durand-9782322496303

Le livre sera bientôt disponible au format e-book

 

mardi 30 septembre 2025

Plan de paix à Gaza ? Oui, avec l’ONU !

Plan de paix à Gaza ? Oui, avec l’ONU !

Si le plan de paix à Gaza en 20 points, annoncé par Donald Trump à condition qu’il soit accepté par les deux parties, permet un cessez-le-feu, la libération rapide des otages israéliens et des prisonniers politiques palestiniens, le retrait progressif des troupes israéliennes et l’arrivée massive de vivres à Gaza, on ne peut qu’approuver cet accord.
Les Gazaouis subissent trop d’insupportables souffrances, pour oser faire la fine bouche, devant toute chance d’alléger leur vie quotidienne. Donc, oui, cent fois oui, au démarrage de la première partie du plan, de l’arrêt des combats et du retour à la priorité au sort des civils.
Il est évident que la suite de la mise en application de ce plan doit être accompagnée de nombreux échanges diplomatiques. Les 20 points comportent de nombreux aspects intéressants, avec des ouvertures politiques et diplomatiques sur la présence des agences de l’ONU pour la distribution de l’aide alimentaire, sur le non-refus a-priori d’un État palestinien, contrairement aux éructions de Netanyahou.
La meilleure façon de donner une légitimité internationale au déroulement de ce plan est qu’il soit suivi et soutenu par le Conseil de sécurité des Nations unies. Pour garantir la protection de la population pendant la mise en place d’une administration provisoire, il serait bénéfique que le Conseil de sécurité soit pleinement associé à la création et la mise en place de la force de sécurité internationale prévue (ISF). Seule une force internationale avec un mandat précis du Conseil de sécurité, dans le cadre du chapitre VII de la Charte de l’ONU sera à même de lui donner la légitimité nécessaire. La France devrait s’engager et jouer un rôle actif dans ce processus, elle qui a plaidé pour une force de stabilisation militaire en Ukraine.
L’Union européenne devrait jouer un rôle important avec les pays arabes dans l’aide à la reconstruction des structures civiles à Gaza. Elle devrait aussi aider avec la France à donner les moyens nécessaires financiers et politiques à la reconstruction des structures administratives de gestion de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et à Gaza.
Un des enjeux principaux du processus de reconstruction de Gaza et de reconstitution d’une Autorité palestinienne solide, permettant la reconnaissance de l’État, sera de créer un lien permettant de construire avec le droit international, les divers avis et résolutions émanant des instances compétentes.
Dans le processus de construction de l’État palestinien, la France devrait jouer un rôle dynamique dans la mise en œuvre de l’avis consultatif historique que La Cour internationale de Justice (CIJ) a rendu en juillet 2024 et  concluant que l'occupation et l'annexion de longue date par Israël du territoire palestinien était illégale. Tenir compte de cet avis sera essentiel pour une bonne mise en place de la reconnaissance totale de l’État palestinien et de la solution à deux États.
Permettre que ces peuples, israélien et palestinien, puissent un jour vivre côte à côte, en bonne intelligence, passera par un travail sur la vérité, la mémoire et la justice. Cela suppose d’enquêter de manière rigoureuse et impartiale sur les pratiques génocidaires du gouvernement israélien, sur les crimes de guerre commis par Tsahal et le Hamas,  en s’inspirant des mandats d’arrêt internationaux de la CPI envers les dirigeants israéliens et ceux du Hamas.
N’oublions pas que c’est par la prise en compte courageuse du passé, par ses commissions « vérité et justice » que les Sud-africains ont réussi à surmonté l’héritage de haine laissé par l’apartheid.
Ancrer le processus lancé par Donald Trump dans le cadre du droit international et donc des Nations unies est une responsabilité qui échoit à un dirigeant comme celui de la France, membre permanent du Conseil de sécurité. C’est aussi un cadre de réflexion auquel ne peuvent échapper toutes les forces pacifistes, progressistes, démocratiques qui veulent travailler à aider à « une paix juste et durable entre israéliens et palestiniens ».
Daniel Durand – 30 septembre 2025