samedi 7 octobre 2017

Enfin un Prix Nobel de la Paix pour un monde sans armes nucléaires !


mercredi 27 septembre 2017

Contradictions et espoirs dans un monde incertain

L'ouverture de la nouvelle session annuelle des Nations unies, la semaine dernière, a mis à nu les contradictions du monde d'aujourd'hui. Nous avons entendu le secrétaire des Nations unies, Antonio Guterres, appeler à la prise de conscience des défis du monde, appeler à l’accélération du désarmement, notamment nucléaire et à la réussite de la campagne d’objectifs de développement durable, la campagne des objectifs 2030. « Face aux divisions du monde, nous devons agir pour faire régner la paix ». Il a rappelé que, face au danger nucléaire et à la crise nord-coréenne, « la solution doit être politique et les dirigeants doivent faire preuve de sagesse ». Face aux inégalités croissante, il a expliqué que « plus de personnes se sont extirpées de la pauvreté extrême que jamais auparavant. Au niveau mondial, la classe moyenne est plus importante que jamais. De plus en plus de personnes vivent plus longtemps et en meilleure santé. Mais les progrès ne sont pas équitables. Les disparités sont criantes, qu'il s'agisse des revenus, de l'égalité des chances ou de l'accès aux résultats de la recherche et de l'innovation ».
Face à ce discours de sagesse et d'appel à l'action positive, nous avons entendu ensuite le discours du président Trump pousser à la caricature le discours du chacun pour soi, que les plus forts s’imposent et cela ira mieux, tant pis pour les faibles ou pour les « États-voyous » ou qualifiés tels ! Nous réglerons les problèmes du monde dans la violence, le fracas des bombes et des missiles, nous raserons les territoires des « maudits » ; n'a-t-il pas dit « nous n'aurons d'autre choix que de détruire totalement la Corée du nord » ! Comme une incantation, il a repris plusieurs fois l'idée que « le succès des Nations unies dépend de la force indépendante de ses membres », « l'État-nation demeure le meilleur moyen d'élever la condition humaine », réaffirmant que « en tant que président des États-Unis, je mettrai toujours l'Amérique en premier ». Comme si d'un trait de plume, d'un tweet ou d'un discours, on pouvait faire disparaître le tissu de normes communes, de relations commerciales, économiques, juridiques, sociales formé par les centaines de traités et d'accords qui ont pacifié et uni le monde depuis 1945 !
Jamais cynisme, folie n’ont été aussi crûment étalés alors que les décennies précédentes ont montré l’échec des solutions de force, « l’impuissance de la puissance » en Afghanistan, en Irak, au Moyen-Orient.
Après une intervention aussi agressive, le discours du président français Emmanuel Macron a réaffirmé heureusement les valeurs portées par la France et les nombreux pays qui croient depuis 70 ans, la création des Nations unies, à la nécessité de la coopération internationale et du multilatéralisme !  Il a défendu la primauté des solutions politiques négociées, la place des humains dans l’avenir de notre planète. Sur le fond, face au discours destructeur de Trump, le discours du président français a été utile et nécessaire. Il aidera certainement des pays à se positionner positivement face à l’arrogance de Trump comme le discours de D. de Villepin l’avait été en 2003 face à G. W. Bush.
Il était nécessaire qu'il rappelle que « le multilatéralisme, c'est la règle du droit, c'est égalité entre les peuples, c'est l'égalité de chacune et de chacun d'entre nous, c'est ce qui permet de construire la paix et relever chacun de nos défis », et qu'il réaffirme clairement que « oui, pour ce faire, l'organisation des Nations unies a toute légitimité pour agir et préserver les équilibres du monde » !
Beaucoup ont été rassurés qu'il dise que l'accord sur la COP21 sur le climat « ne sera pas renégocié » et qu'il « respecte profondément la décision des États-Unis et la porte leur sera toujours ouverte, mais nous continuerons avec tous les gouvernements, avec les collectivité locales, les villes, les entreprises, les ONG, les citoyens du monde à mettre en œuvre l'Accord de Paris ».
Souligner l'utilité de ce discours, c'est aussi être lucides sur ses limites ! Celles-ci sont claires : concrètement, le président Macron a été muet sur les questions essentielles de la démilitarisation des relations internationales, des dominations militaires ET, sur le plan intérieur, le gouvernement français continue d'augmenter son budget militaire, le « sanctuarise » pour modernise son arsenal notamment nucléaire.
Nous avons vécu ce même type de « grand écart » politique en 2003 ! Cette année-là, lorsque nous approuvions le discours de M. de Villepin aux Nations unies s'opposant à G.W. Bush et à l'invasion de l'Irak, nous n'oubliions pas pour autant les programmes nucléaires en plein essor à l'Île Longue, la hausse des dépenses militaires, l'affaire des « odeurs » de Jacques Chirac, et, deux ans plus tard, nous avons été nombreux à nous mobiliser contre le CPE, institué par un premier ministre, nommé de Villepin !
En fait, en ce mois de septembre 2017, nous avons ainsi la démonstration que le pouvoir des États au plan international, doit être équilibré, bousculé par l’expression des peuples, par le biais des opinions publiques, des organisations, élus locaux, membres des sociétés civiles.
Nous avons vécu, cette même semaine, une illustration extraordinaire de cette vérité. En même temps que les discours de MM Trump et Macron, le 20 septembre, a été ouvert à la signature, le premier Traité d'interdiction des armes nucléaires,obtenu grâce à l’action d’États moyen ou petits, qui s’opposent aux grandes puissances (plus de 50 États l'ont déjà signé, dont le Vatican), et grâce à l’initiative des sociétés civiles, d’institutions humanitaires comme la Croix-Rouge, de réseaux d'associations et d'ONG comme ICAN (International network for the abolition of nuclear weapons). La symbolique de cet événement est renforcée par le fait que ce Traité est signé 20 ans après, presque jour pour jour, la signature de la convention d’Ottawa, sur l’interdiction des mines anti-personnels, premier traité « humanitaire » imposé par les société civiles !
Alors, oui, nous sommes toujours dans un monde dangereux, où le pire peut échapper au contrôle, mais jamais, la scène internationale n'a été aussi complexe, aussi riche de potentialités et de nouveaux outils pour tous ceux qui veulent enraciner les fondations d'un monde de paix et de justice.

29 septembre 2017

lundi 20 février 2017

L'AGENDA DE LA QUINZAINE DU 6 AU 20 FÉVRIER


18 février 2017 – Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé samedi, à la Conférence sur la sécurité à Vienne, à relancer « une diplomatie pour la paix » pour contrer la menace du terrorisme mondial et regagner la confiance des populations se sentant laissées pour compte envers les institutions internationales et le multilatéralisme.
« Nous sommes dans une sorte de situation chaotique, conduisant probablement à un monde multipolaire », a alerté M. Guterres. «Mais dans ces situations chaotiques avec des relations de pouvoir peu claires, l'impunité et l'imprévisibilité ont été la règle du jeu. Et c'est dans ce contexte que je crois que nous avons besoin, et je l'ai dit à plusieurs reprises, d'une montée de la diplomatie pour la paix»,
Il a ajouté également "Nous aurons également besoin de beaucoup de diplomatie préventive, beaucoup d'efforts en matière de médiation, et nous devons surtout avoir une stratégie pour traiter les causes profondes de ces types de conflits dans le monde ».

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 20 février 2017 – A l'occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, le Directeur général de l'Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, a souligné le défi que constitue la réduction des écarts économiques et sociaux provenant des inégalités croissantes dans le monde.

Cette année, le thème de cette journée, célébrée chaque 20 février, est la "prévention des conflits et le maintien de la paix par le travail décent". Ce thème transversal ne peut qu'intéresser militants syndicaux et militants pacifistes.
« Nous avons besoin de solutions qui nous éloignent des conflits et nous conduisent vers la reconstruction et vers une croissance économique alliée au progrès social; des solutions qui permettent de construire des institutions basées sur les normes du travail, garantes des droits au travail », a déclaré Guy Ryder.
L'OIT a été créée en 1919 à Genève après la fin de la 1ère Guerre mondiale et le chaos économique qu'elle avait entraîné en Europe. Cela explique son principe fondateur "Si vis pacem, cole justitiam", (Si tu veux la paix, cultive la justice). « Ces mots, écrits il y a près de cent ans quand le monde sortait des ravages de la guerre, n'ont rien perdu de leur force », a rappelé le Directeur général. « À travers notre action dans le monde du travail, nous rejoignons la famille des Nations Unies pour réaffirmer notre engagement à agir en faveur de sociétés équitables et inclusives qui permettent de bâtir la paix sur des fondements solides». Rappelons que les Nations unies, dans les "Objectifs de développement durable pour 2030", ont estimé que plus de 600 millions de nouveaux emplois devraient être créés d’ici à 2030, simplement pour suivre le rythme auquel s’accroît la population mondiale en âge de travailler. Cela représente environ 40 millions d’emplois par an. Il est nécessaire d'améliorer aussi la situation des quelques 780 millions d’hommes et de femmes qui travaillent mais ne gagnent pas suffisamment pour se hisser eux et leurs familles au-dessus du seuil de pauvreté de 2 dollars par jour.

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20 février 2017 - AUGMENTATION DES TRANSFERTS D’ARMES TIRÉE PAR LA DEMANDE AU MOYEN-ORIENT ET EN ASIE, SELON LE SIPRI
Stockholm — Le volume des transferts internationaux d’armes ("ventes d'armes") majeures est en constante augmentation depuis 2004 et il a augmenté de 8,4 % entre 2007-11 et 2012-16, selon les nouvelles données sur les transferts d’armement publiées aujourd’hui par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).
L’Inde est le plus grand importateur d’armes majeures en 2012-2016, comptabilisant 13 % du total. En 2012-16, les importations de l’Inde ont été beaucoup plus importantes que celles de ses rivaux régionaux la Chine et le Pakistan.
Au Moyen-Orient, les importations d’armes ont presque doublé entre 2007 et 2016 et représentent 29 % des importations mondiales en 2012-16. L’Arabie saoudite est le deuxième importateur mondial d’armes en 2012-16, avec une augmentation de 212 % par rapport à 2007-11. Les importations d’armes par le Qatar ont crû de 245 %.
Le Moyen-Orient devient une région surarmée, alimentée notamment par les ventes d'armes des USA et de la France.
Concernant les exportateurs d’armes, les États-Unis représentent un tiers du total et sont le premier exportateur d’armes en 2012-16. Leurs exportations ont augmenté de 21 % par rapport à 2007-11. Près de la moitié de leurs exportations est à destination du Moyen-Orient.
La Russie représente 23 % des exportations mondiales pour la période 2012-16. 70 % de ses exportations sont à destination de quatre pays : Inde, Vietnam, Chine, Algérie.
La part de la Chine dans les exportations mondiales d’armement est passée de 3,8 % à 6,2 % entre 2007-11 et 2012-16. Désormais, elle est fermement un fournisseur de premier plan, devant la France et l’Allemagne qui représentent respectivement 6 % et 5,6 %.
Le rythme moins soutenu des livraisons françaises d’armement pourrait bientôt se terminer en raison d’une série de contrats importants signés ces cinq dernières années. En effet, la France a engrangé plus de 20 milliards d’euros de commandes en 2016 : les deux méga-contrats, du Rafale en Inde et des sous-marins en Australie (8 Mds d'euros chacun), représentent plus des trois quarts de ce montant (voir Le Monde du 20/02/2017).

mercredi 15 février 2017

Dangers du monde et armes nucléaires : « Don’t be afraid » ! Faire émerger le débat sur le désarmement nucléaire en France (2e partie)

Il est évident qu’en France, le débat sur l’avenir de l’arme nucléaire, semble particulièrement urgent, à la veille d’échéances électorales importantes comme les élections présidentielles et législatives.
Les vieux mythes
Pourtant, la réflexion autour de l'arme nucléaire dans les milieux dirigeants français semble bloquée, verrouillée autour de quelques vieux mythes, notamment ceux de "l'assurance-vie" et celui
du "tenir son rang".
Il convient de rappeler que le mythe de « l'assurance-vie », est une escroquerie intellectuelle. Une assurance-vie ne protège pas de la mort les assurés, elle sert à indemniser, à protéger les survivants. C'est bien différent ! Mais, en l'occurrence, en cas de conflit nucléaire, quels survivants resteront pour toucher la prime, qui sera là pour la leur verser et avec quelles ressources économiques dans un pays détruit ?
L'idée que la possession de l'arme nucléaire est nécessaire à un pays comme la France pour justifier sa place au Conseil de sécurité des Nations unies, pour "compter" dans les discussions internationales, bref, pour « garder son rang », est une idée à la fois fausse et perverse. Idée fausse, car à la création de l’ONU et du Conseil de sécurité en 1945, aucun pays n’avait, encore, l’arme atomique. Idée fausse aussi sur un autre plan. Le fait que la France détienne l'arme nucléaire n'a pas empêché qu'elle soit écartée diplomatiquement par les USA et la Russie lors de l'accord sur le nucléaire iranien ou lors de la décision de tenir une conférence élargie sur la Syrie.
Idée perverse, car s'il était nécessaire de posséder l'arme nucléaire pour faire partie des grandes puissances, des pays comme le Japon, l'Allemagne, le Brésil, l'Égypte, l'Inde ne seraient-ils pas fondés à essayer d'obtenir cette arme si jamais, demain, ils entraient au Conseil de sécurité des Nations unies ?
Mais ces vieux mythes sont de plus en plus difficiles à défendre comme l’a montré l’argumentation très défensive d’Éric Danon (ancien ambassadeur de France à la conférence du désarmement), lors du colloque « Vers une nouvelle course aux armements » organisé le 23 janvier dernier, par « Initiatives pour le désarmement nucléaire ». Celui-ci a axé son argumentation contre le processus de désarmement nucléaire et pour justifier le concept de dissuasion, sur la "réversibilité" des arguments sur la dissuasion et le désarmement nucléaire sur le mode : « vous dites que la bombe est dangereuse, vous ne pouvez pas le prouver, comme je ne peux pas prouver le contraire et dire que la dissuasion a évité la guerre depuis 70 ans ». Attitude très défensive, car jusqu’à ces dernières années, c’étaient les militants du désarmement qui étaient obligés de l’utiliser dans l’autre sens, face à l’arrogance des « nucléocrates » affirmant que la dissuasion, c’était la paix !
Briser le « plafond de verre » du conformisme nucléaire
Le président Hollande achève un mandat marqué par un alignement complet sur les thèses nucléaristes. Les diplomates français ont continué, sans rupture avec le quinquennat précédent, à s’opposer à toute avancée politique sur le désarmement nucléaire. Pire, les « modernisations » nucléaires annoncées vont s’inscrire dans une relance de la course aux armements mondiale.
S'y opposer est de la responsabilité des partis politiques français : un « consensus » règne, à droite bien sûr, tant chez M. Fillon que Mme Le Pen. Mais à gauche, la situation n’est pas meilleure, et est, pour l’instant, préoccupante.
Lors des primaires de la gauche, Benoit Hamon a approuvé la modernisation des deux composantes nucléaires (sous-marins lance engins et forces aériennes), alors que ces opérations coûteuses contredisent l’engagement de la France, qui, en ratifiant le TNP (traité de Non-Prolifération) en 1992, s’est engagée « à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire…. » comme le rappelle Paul Quilès, sur son blog.
Quant à Jean-Luc Mélenchon, le 27 janvier 2012, il avait répondu à un questionnaire soumis par « l’Action des citoyens pour le désarmement nucléaire ». Il concluait sa lettre par cette affirmation, « je ne peux m’engager à ne jamais utiliser d’arme nucléaire contre quelque peuple que ce soit, cet engagement serait de mon point de vue contre-productif pour la cause de la paix que je défends ».
Au sein du Parti communiste français, un débat encore peu médiatisé semble démarrer. Sur son blog, la commission « Défense nationale - paix » de ce parti, affirme vouloir lancer un débat autour de trois questions :
« En l’état actuel du monde, l’existence d’une force nucléaire française sous la seule responsabilité de notre pays est-elle une garantie de l’indépendance de la défense française ?
- La force nucléaire française constitue-t-elle par son existence une protection efficace face à des menaces actuelles, potentielles et à venir qui pèsent ou pèseront sur notre pays ?
- Le démantèlement unilatéral de tout ou partie de l’arsenal nucléaire française aurait-il un impact positif sur la prolifération, et désarment nucléaire et la sécurité du monde ?
 »
Les considérations autour de ces questions amènent à penser que les auteurs privilégient un soutien renouvelé à la dissuasion nucléaire français car ils insistent essentiellement sur les menaces potentielles, en se demandant  « si l’existence d’une forces nucléaire stratégique ne participe pas à l’absence actuelle de telle menace. (...) L’absence aujourd’hui en Europe de menace d’un conflit armé majeur impliquant directement notre pays, ne préjuge malheureusement pas des situations qui pourraient être crées à l’avenir par les développements de la crise globale de l’Union européenne et du bassin méditerranéen, et par la montée corollaire des nationalismes. N’oublions jamais que la crise de la première mondialisation financière capitaliste s’est finie par la boucherie de 14-18 ». De même, les auteurs insistent fortement sur le risque de dépendance envers les USA, sur le coût d’une dissuasion conventionnelle ; par contre, ils n'abordent pas les dynamiques en cours sur le désarmement et les possibilités de modifier les rapports de force en faveur d'une diminution des militarisations des relations internationales. C'est dommage...
Et si le consensus n’était qu’apparent ?
Faut-il adopter l’analyse (pessimiste / réaliste?) de Georges Guelte, dans la Croix du 20/01/2017, qui estime, qu’en France, « aucun gouvernement, qu’il soit de gauche ou de droite, n’acceptera de le démanteler, à moins d’y être contraint et forcé, tant est grande l’emprise exercée par le lobby de l’industrie de l’armement sur le personnel politique » ? Les lobbyistes de Dassault Aviation, Airbus Group, DCNS, du CEA et de tous leurs sous-traitants pèsent fortement sur les politiques.
Il convient de se remémorer l’extraordinaire discours du Président Eisenhower en 1961 que je rappelle ici : « Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales, qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous ne devons jamais rien considérer comme acquis. Seul un peuple informé et vigilant réussira à obtenir que l’immense machine industrielle et militaire qu’est notre secteur de la défense nationale s’ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble. »

Ces forces politiques au poids considérable doivent-elles effaroucher ceux qui estiment que la paix du monde réside dans la démilitarisation des relations internationales ?
Ce consensus politique généralisé correspond-il réellement à l’état de l’opinion publique lorsque celle-ci est interrogée sérieusement ? IDN a sollicité un sondage à Opinion Way  en décembre dernier qui indique que 7 Français sur 10 considèrent qu’un traité d’interdiction des armes nucléaires sera favorable à la paix et à la sécurité mondiale ! Le soutien est massif dans les nouvelles générations de 18 à 24 ans ( 77%) et les 25 ans à 34 ans ( 80 %). De même, pour 68 %des Français, la France doit réviser sa position sur ce sujet à l’ONU, avec un élan notable de la majorité des Français (51%) en faveur d’un vote pour la résolution d’interdiction. N’y-a-t-il pas là pour des partis politiques et des organisations, matière à réfléchir sur les mobilisations possibles ?
Le 21 septembre dernier, en France, les manifestations pour la Journée internationale de la paix, ont connu un succès inaccoutumé dans une dizaine de villes françaises. Cette mobilisation devrait s’amplifier en 2017 avec l’agenda international annoncé à l’ONU dès le printemps.
Conclusion
Le bon sens doit prévaloir dans le monde d’aujourd’hui. "Aucun des problèmes que nous affrontons aujourd'hui ne peut être résolu par la guerre", écrit Gorbatchev.
À ceux qui disent « le monde est dangereux, recroquevillons-nous », ne faut-il pas rétorquer : « quand le monde n’a-t-il pas été dangereux ? ». Est-ce que cela a empêché les humains d’agir lorsqu’ils en avaient la volonté politique ? Malgré les mensonges alors de G.W. Bush, n’y-t-il pas eu les plus gigantesques manifestations de l’histoire, le 15 février 2003, contre la guerre d’Irak ?
Aujourd’hui, avec le but de l’interdiction de l’arme nucléaire, la barre est placée « haut ». Pourtant, 113 pays viennent de s’engager pour cet objectif, avec le soutien de hautes autorités morales (Pape, Croix-Rouge). L’arme nucléaire commence donc à être « désacralisée ». Si demain, le « roi est nu », l’arme nucléaire redeviendra ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une arme de destruction effroyable qui, au lieu d’apporter une quelconque sécurité au monde, déstabilise les relations internationales et fait peser un risque permanent sur notre planète elle-même.
NB : vous pouvez retrouver l'intégralité de ces deux articles, complétés par des précisions sur les modernisations nucléaires en cours dans le monde, dans mon article publié dans les "Cahiers de l'IDRP " de janvier 2017, sur le site de l'IDRP.

dimanche 12 février 2017

Dangers du monde et armes nucléaires : bonnes et mauvaises réponses (1ère partie)

"On dirait que le monde se prépare à la guerre." Dans une tribune publiée le 26 janvier dans le journal britannique « Times », l'ancien président de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev, tire la sonnette d'alarme. Dans un "monde accablé de problèmes", Mikhaïl Gorbatchev estime qu'il "n'y a pas de problème plus urgent, aujourd'hui, que celui de la militarisation de la politique et de la nouvelle course à l'armement".
Cette nouvelle  « course à l’armement » se traduit notamment par le développement de nouveaux programmes de « modernisations » nucléaires et le suréquipement de nouvelles régions de monde en armements sophistiqués (pays du Golfe). Deux types de réponses sont apportées aujourd’hui : « ne pas baisser la garde », c’est-à-dire poursuivre et renforcer les militarisations, ou, à l’inverse, développer les initiatives politiques pour faire diminuer ces militarisations, en explorant les voies du désarmement, voire de l’élimination complète des armes nucléaires. En France, le débat est très contraint : on parle beaucoup du thème de la « guerre », mais très difficilement de celui de la « paix » et encore moins de la remise en cause de la « dissuasion nucléaire ».
La relance des « modernisations nucléaires » et les nouvelles « tentations » nucléaires
Dans l’interview déjà citée, Gorbatchev estime que "Aujourd'hui, la menace nucléaire semble de nouveau d'actualité". Nicolas Roche, directeur des Affaires stratégiques au Quai d’Orsay, estime, lui, dans le Figaro du 23/01/17 que nous assistons à une "relance de la dissuasion".
Il est clair que toutes les puissances nucléaires existantes, celles reconnues dans le TNP (les « P5 »), celles de « fait » (Inde, Pakistan, Corée du Nord), celle « non-avouée » comme Israël, n’ont pas renoncé à leurs armements nucléaires.  Les cinq puissances importantes ont même décidé de moderniser leurs arsenaux et de renouveler leurs composantes.

Cette course aux "modernisations nucléaires" crée un environnement de maintien des arsenaux et de course technologique aux armements. Certes, nous ne sommes plus dans les années 1950-1960, où l'on atteignait 70 000 têtes nucléaires. Aujourd'hui, Russes et Américains (à eux seuls, ils totalisent 95% du stock mondial) totalisent 7000 à 8000 armements chacun, sans volonté d'en augmenter le nombre. Le nombre de têtes nucléaires a donc fortement baissé.
Mais la baisse quantitative de l'armement n'est pas synonyme de réduction de la menace nucléaire. "Les programmes de modernisation à long terme en cours dans ces États montrent que les armes nucléaires sont toujours une marque du statut international et de la puissance", observe un responsable du Sipri, Shannon Kile, dans le communiqué déjà cité.

Nouvelles opportunités pour le désarmement nucléaire ?
Une analyse superficielle de la situation du désarmement depuis vingt ans peut sembler décourageante : les discussions sont au point mort à la Conférence du désarmement à Genève, incapable même de décider un ordre du jour de ses travaux. Les États dotés d’armes nucléaires modernisent tous leurs arsenaux nucléaires, avec l’intention de les conserver pour les décennies à venir. L’échec permanent du désarmement semble inéluctable pourtant, on peut craindre que tant que les armes nucléaires existeront, le danger de les utiliser à nouveau existera.
La « campagne humanitaire »
Malgré ces impasses, il faut noter des éléments qui viennent éclaircir ce paysage. Depuis 2013, une campagne s'est développée, à l'initiative de plusieurs États dont l'Autriche, la Norvège, la Suisse, des ONGs comme le réseau ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires) pour remettre la question de l'interdiction des armes nucléaires sur un terrain, fondamental : celui des conséquences d'une explosion ou d'un conflit nucléaire sur l'humanité.
Un processus pour l'interdiction des armes nucléaires, parallèle aux circuits diplomatiques classiques (Conférence du désarmement, Conférences du TNP), a été enclenché, imitant ainsi les processus d'Ottawa (sur les mines antipersonnel) ou d'Oslo (sous-munitions) ou celui qui a débouché sur la création de la Cour pénale internationale de justice . Il s’est traduit à l’Assemblée générale des Nations unies par la décision en 2915 de créer pendant l’année 2016 un groupe de travail « à composition non-limitée » pour étudier « sur le fond, les mesures juridiques concrètes et efficaces » et « les dispositions et normes juridiques nécessaires à l’instauration d’un monde exempt à jamais d’armes nucléaires ». Les recommandations en octobre 2016 de ce groupe de travail ont débouché sur le vote d’une résolution à la 1ère commission du désarmement de l’ONU le 27 octobre, puis à l’Assemblée générale le 27 décembre 2016 d’une résolution qui décide notamment : « d’organiser, en 2017, une conférence des Nations unies ayant pour objectif la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète » du 27 au 31 mars et du 15 juin au 7 juillet 2017 et de présenter à sa 72e session à l’automne 2017 « un rapport qui lui permettra d’évaluer les progrès accomplis dans le cadre des négociations et de décider de la marche à suivre ».
Cette résolution a été adoptée par 113 pays contre 35 et 13 abstentions. Ce résultat est d’autant plus remarquable qu’il montre un effritement important du camp des partisans de l’arme nucléaire :  trois puissances nucléaires d’une même région, la Chine (État doté au sens du TNP), l’Inde et le Pakistan, (deux États non membres du TNP – dont les arsenaux sont en augmentation -), ont adopté une position commune : l’abstention ! Par contre, sur les 38 États ayant voté « Non », nous trouvons 27 des 28 membres de l’OTAN. Ce résultat a été obtenu malgré des pressions politiques considérables des puissances nucléaires : les USA sur les pays d’Amérique latine, la France sur les pays africains.
Un événement historique ?
Cette résolution a atteint un premier objectif : annoncer la fin de deux décennies de paralysie des processus de désarmement. Son importance ne s’arrête pas là : un traité d'interdiction des armes nucléaires est la principale pièce juridique manquante sur la scène du désarmement mondial. Il permettrait la "délégitimation" des armes nucléaires. Comme le fait remarquer le réseau ICAN, il établira une norme internationale claire contre la possession d’armes nucléaires.
Contrairement à ce que tentent d’affirmer les porte-paroles des pays nucléaires, états-uniens et français notamment, un tel traité d’interdiction viendra compléter et renforcer, et non miner, le Traité de Non-Prolifération et le Traité d’Interdiction des Essais nucléaires qui ont aidé à prévenir l’usage et la prolifération des armes nucléaires mais n’ont pas permis d’obtenir le désarmement.
Il y a là clairement une opportunité politique pour les gouvernements et les citoyens désireux de construire un monde plus sûr et plus pacifié. Il fournit un signal clair : il y a un « agenda » du désarmement nucléaire, comme il y a un agenda de la COP21. « I have a dream » : j‘ai rêvé que le président de la République française prennent des initiatives politiques audacieuse pour élargir le soutien à ce processus de désarmement et saisir cette opportunité. Pourquoi ne pas saisir au bond la déclaration du président chinois, faite le 17 janvier dernier, lors d'un discours au siège des Nations Unies à Genève qui a affirmé « que les armes nucléaires devraient être totalement interdites et détruites pour accéder à un monde débarrassé des armes nucléaires » et lui dire chiche ?
Parmi ses déclarations contradictoires, le nouveau Président des USA, Donald Trump, n’a-t-il pas déclaré le 15 janvier, dans un entretien au Times, « Il y a des sanctions contre la Russie. Voyons si nous pouvons faire de bons accords avec la Russie. Je pense que l'armement nucléaire doit être très sensiblement réduit, ça en fait partie ». Là encore, chiche !
Lorsque Mikhaïl Gorbatchev a lui-même émis une proposition voisine : "J'exhorte les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à faire le premier pas" et à "adopter une résolution déclarant qu'une guerre nucléaire est inacceptable". Une initiative qui, selon lui, doit "venir de Donald Trump et Vladimir Poutine".
Il y a donc bien un espace politique pour des hommes politiques de bon sens, audacieux au service d’un monde de paix ! À ceux qu’inquiètent les pantalonnades sinistres de Donald Trump, n’est-ce pas par des initiatives politiques progressistes que sera limité son champ de malfaisance ?
À l’opinion de faire grandir cette exigence dès maintenant auprès de François Hollande et auprès de tous les candidats à l’élection présidentielle de ce printemps 2017.

Dans un deuxième texte, nous reviendrons sur l'état (préoccupant) du débat nucléaire en France

vendredi 11 novembre 2016

Trump... et maintenant ?

L'élection de Donald Trump comme président des États-Unis fait partie de ces moments de l'actualité où il est vraiment nécessaire de prendre un temps de recul.
Nous sommes toujours dans une période de transition dans l'évolution du monde : transition entre un monde industriel ancien et le monde de la révolution informatique et informationnelle, transition entre un monde segmenté et un monde de plus en plus globalisé même s'il est diversifié, transition entre les idéologies structurées sur ces anciens schémas et de nouvelles approches qui peinent à émerger.
Le deuxième angle de réflexion à considérer est la différenciation entre les temps longs de l'histoire, et les temps courts, ceux de l'actualité, de l'immédiat. Ce temps court (qui peut s'étaler sur une décenie...), c'est l'élection de Trump, c'est la montée actuelle des populismes, c'est la fièvre terroriste.
Le temps long sur plusieurs décennies, c'est la constitution depuis 70 ans de "l'arbre à palabres planétaire", constitué par les Nations unies, c'est la décolonisation et le passage du nombre d'États sur la planète de 50 à près de 200 en seulement un demi-siècle. Ce temps long, c'est aussi cette quasi suppression du temps et de l'espace que constituent la révolution de l'information, des transports : internet, réseaux sociaux, télévision satellite.
De tels bouleversements créent forcément des fractures, favorisent le développement d'inégalités, de nouvelles dominations, de crises profondes dans le vécu des populations. Ces crises sont dues aux angoisses, aux phantasmes parfois, mais surtout aux souffrances réelles de la partie de la population qui subit ces mutations et n'en récoltent pas les bénéfices. Ce sont ces crises qui nous ramènent dans le temps court de l'actualité, des débats politiques, des risques de troubles profonds, allant jusqu'à la menace de la guerre toujours possible.
Comment réagir dans ce contexte ?
Nous sommes devant un choix fondamental de posture politique. On peut choisir de "surfer" sur les peurs, les angoisses, les repliements, en flattant les retours nostalgiques à un passé idéalisé ou en soutenant le démagogique slogan "sortez les sortants" ou le simpliste "Vous avez raison d'exprimer votre colère". On peut ainsi s'illusionner en espérant se maintenir sur la vague...
On peut à l'inverse prendre en compte les insatisfactions, les souffrances, les colères, mais pour dire "rassemblons-nous et agissons", non pour arrêter le mouvement du monde et de l'histoire, mais pour revendiquer que chacun y ait sa place, sa dignité reconnue, sa participation acceptée, tant chez nous que sur toute notre planète ronde.
Soyons lucides et actifs tous ensemble !
Cette posture peut ne pas être comprise immédiatement, elle peut ne pas être suffisamment solide aujourd'hui pour contenir tous les dangers, toutes les colères dévoyées, mais elle seule peut permettre en faisant appel à la raison et à l'action de construire une vraie alternative progressiste et un puissant mouvement populaire.
10/11/2016

vendredi 21 octobre 2016

Nouveau Secrétaire général des Nations unies : nouvel élan ?

Le premier janvier 2017, l'Organisation des Nations unies aura donc un nouveau secrétaire général, Antonio Guterres, 67 ans. Il a été Premier ministre portugais socialiste entre 1995 et 2002. Il fut aussi Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés pendant dix ans de 2005 à 2015.
Il succédera, pour un mandat de cinq ans, à l'actuel secrétaire général de l’ONU, le sud-coréen Ban Ki-Moon, lorsque ce dernier quittera son poste le 31 décembre.
Ce changement de responsable de l'ONU est attendu : beaucoup d'observateurs espèrent qu’il donnera plus d’impulsion à la fonction. Certes, le chef de l'ONU a des capacités d'action limitées et celle-ci dépend des décisions des États Membres. Pour autant, les qualités individuelles de l'individu peuvent être déterminantes pour redynamiser la maison et offrir un nouveau souffle à l’ONU, qui en a bien besoin.
Le plus important défi rencontré par les Nations unies aujourd'hui est bien évident l'aggravation de conflits non résolus, spécialement au Moyen-Orient avec la guerre en Syrie et ses 250 000 morts en cinq ans, et le pourrissement du conflit israélo-palestinien. Les attentes sont donc déjà fortes pour que M. Guterres reprenne l'initiative sur ces grandes crises actuelles (on peut y ajouter le Yémen ou le Soudan du Sud).
Il a donc très normalement annoncé que la recherche d'une diplomatie en faveur de la paix, sera l'une des premières priorités de son mandat et a également mis en garde contre le danger de l'impact de ces conflits sur la sécurité mondiale.
Il s'est dit également prêt à œuvrer pour un rapprochement entre la Russie et les États-Unis, qu’il considère comme les deux principaux pays du monde à l’heure actuelle.
Il faut rappeler que si l’ONU n’empêche évidemment pas la totalité des guerres, il convient aussi de prendre en compte l’ensemble de son action : d’une part, par ses institutions spécialisées (de l’Organisation mondiale de la santé au Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés) ; d’autre part, par son travail de prévention et de "facilitateur de contacts".
L’ONU, en tant que telle, n’est pas responsable des profondes divisions de la communauté internationale. Elle n’en est pas la cause, mais le simple reflet.
Le deuxième grand chantier auquel devra s'atteler M. Guterres sera la complète mise en oeuvre et la réussite de l’Agenda 2030 pour le développement durable, très ambitieux. Quinze ans après la signature des Objectifs de développement pour le millénaire, l’ONU a enregistré des succès humanitaires  : dans les années 1990, 50 % de la planète vivait avec moins de 1,25 dollar par jour. La proportion est de 14 % en 2015. L'enjeu est donc de franchir un nouveau cap dans le développement d'ici 2030.
Les cinq ans à venir seront aussi décisifs dans la mise en oeuvre de «l’accord de Paris» signé lors du sommet sur le climat de la COP21.
Forte de ses 193 Etats membres, l’ONU reste le lieu privilégié du multilatéralisme qui permet la rencontre, même dans les moments d'extrême tension, des adversaires politiques : russes et américains discutant sur l'Iran ou l'Ukraine, Iran et Arabie saoudite s’asseyant à la même table des négociations pour engager un dialogue sur l’avenir politique de la Syrie.
C’est cela le principe même de la diplomatie onusienne  : encourager une discussion permanente entre les États, quel que soit leur régime.
Mais, pour que l'ONU reste ce lieu indispensable de la diplomatie, elle devra sans doute aussi accepter de se réformer. Le futur secrétaire général de l'organisation pourra-t-il "booster" ce processus ? On lui prête un tempérament plus fougueux que son prédécesseur, l'avenir tranchera.
Dans une série d'articles à venir (conflits, désarmement, inégalités et développement), nous reviendrons sur ces enjeux du futur mandat de M. Guteres.